Sean Penn, le Florent Pagny de la côte ouest

Passé un certain niveau de notoriété, de reconnaissance, à moins que ce ne soit après que votre banquier vous ait annoncé la larme à l’œil, tout bouffi d’attendrissement condescendant, que votre compte en banque dépassait pour la première fois le million, les preuves sont nombreuses, la plupart des gens perdent le sens du ridicule.

Prenons le cas de Sean Penn, le Florent Pagny de la côte Ouest.

Sean, tout le monde vous le dira, est un putain de rebelle. D’ailleurs, quand Sean paraît, les nantis frémissent, les puissants se mettent à transpirer, les sphincters des oppresseurs se relâchent. Parce que Sean, quand il s’énerve, il fait des trucs dingues.

Par exemple, Président du jury du festival de Cannes.

Le festival de Cannes, du nom de la station balnéaire gériatrique l’accueillant, est un festival de cinéma qui connait son heure de gloire dans les années 50-60, et aujourd’hui tombé en désuétude. Le terrien moyen a perdu sa naïveté enfantine, et ne restent de sa splendeur passée qu’un tapis rouge, déroulé chaque mois de mai sous les pieds des stars multimilliardaires du grand écran, et un genre de vide-grenier boursouflé où les multimilliardaires de la production cherchent la bonne affaire, le nanar à 5 dollars qui « rencontrera son public ».

Seulement, en 2008, M. Penn prend le pouvoir. Tremblez, acteurs cocaïnomanes divinisés et suppôts du grand capital, Sean l’iconoclaste va déboulonner les trop orgueilleuses statues de l’ordre établi. Sous la présidence de Sean, il l’a annoncé lui-même, l’idéologie prendra le pouvoir, le film engagé sera récompensé…

Et soudain, juste après la projection du dernier film en compétition, le drame…

Merde, se dit Sean en lui-même, mais en anglais. Je vas quand même pas remettre les frères Dardenne ! Comment que je vas faire ? Il est pas là cette année, Ken Loach ? Si je mets le Che de Soderbergh, ça va faire trop, je passe pour un con ! Merde, merde, merde ! Y a personne qu’a un truc engagé ? Enfin, social quoi ! N’importe quoi, je prends !

Et voilà.

Entre les murs.

Le Bruit qui Pue

Le méthylcellulose sert aussi bien chez les chefs cuistos quatre étoiles pour fabriquer du gel de truffe ou ce genre de conneries que dans le cinéma porno pour imiter le sperme.

Des frites ?

PPDA sur France 2?

Ami gauchiste, réjouis-toi !

Bien sûr, depuis un an, ton moral est au plus bas. Au fil des mois, tu ressasses ce deuxième tour des élections présidentielles, quand tu votais la mort dans l’âme pour une candidate qualifiée par ton ami Bourdieu de réactionnaire, tout ça pour prendre une raclée historique.

L’élection du nain priapique t’en a fiche un coup. Depuis, pas un jour ne passe sans qu’il ne s’en prenne à une chose ou l’autre que tu révères : Sécurité Sociale, Education, Code du Travail, etc., etc.

Alors, je t’invite à ne pas bouder ton plaisir, et à apprécier à sa juste mesure cette inattendue et subite réforme de l’audiovisuel.

Car enfin, le chef de l’Etat, comme il l’avait annoncé, ne nous ment pas : il avait laissé paraître durant la campagne présidentielle quelques tendances collectivistes, en citant à tour de bras Jaurès et Blum. Et bien voilà, nous y sommes, avec ce projet de loi (jamais il n’y a de proposition de loi, à quoi ils servent exactement ces feignasses de députés ?), lui et ses séides s’inscrivent dans la plus pure tradition des gouvernements socialo-marxiste, tendance néo-castriste. Quand il s’agit de reprendre en main la propagande officielle, autant s’inspirer des meilleurs.

Donc, le patron des chaînes de télé publiques sera nommé directement par l’exécutif, plus de pub aux heures les plus rentables donc dépendance totale à l’Etat, et manque à gagner financé, c’est là que ça devient magnifique, Maurice Thorez doit se retourner dans sa tombe, par une taxation des bénéfices des opérateurs de téléphonie et Internet.

A quand une taxe sur les lunettes de soleil pour financer les dépenses de l’Elysée ?

Oignon européen

Designed by Philip Starck, il faut avouer que le logo de la présidence française de l’UE, qui débutera le 1er juillet pour 6 mois, en jette.
Et c’est nous qui paye.
Il fallait tout le génie de Philippe pour réussir à exprimer tout à la fois et avec autant de force, le rien, l’innocuité, le désintérêt et le spleen.

Ne sentez-vous pas, bande de béotiens sous-alimentés, le souffle de la concorde universelle se lever dans votre cœur à la vue de ces drapeaux français et européens si sensuellement enlacés ?
Ne sentez-vous pas, citoyens de seconde zone non assujettis à l’ISF, un enthousiasme inexplicable vous étreindre, devant ces symboles si majestueusement pendus au clou, qui expriment si magnifiquement l’énergie débordante des forces vives de l’Europe et de la France ?
Quelle puissance d’évocation ! Quelle créativité ! Phil résume en un seul visuel ce que les meilleurs politologues n’arrivent pas à théoriser depuis le non au référendum.
Enfin, une fois n’est pas coutume, saluons le courage de nos responsables européens, qui osent l’exhibition de cette expression crue de la réalité.
Faisons taire ensemble, mes frères, les mauvaises langues qui affirment que Filou, après avoir consenti un rabais substantiel sur la commande, à refilé la réalisation du projet à un stagiaire philippin.
Ne laissons pas dire que nos élus sont tellement baltringues qu’ils ont trouvé le résultat satisfaisant.

Du Art ou du cochon?

Certains artistes engagés me donnent envie de regarder TF1. Où on trouve encore parfois, sur un malentendu probablement, quelques traces fortuites de subversion.
Mais j’ai déniché sur Internet une pépite. Un diamant brut. Et j’avertis clairement les plus sensibles d’entre vous de la violence inouïe du brûlot contestataire qui va suivre.

M. Bruzat, metteur en scène de théâtre subventionné à Limoges (ce qui peut constituer une explication,mais pas une excuse, comme dirait l’autre) depuis 21 ans (c’est lui qui le dit), est interviewé.

Il nous parle de… euh, théâtre subventionné, mais avec ses mots à lui.

Enfin, pas vraiment ses mots à lui, non plus.
Plutôt, les mots qu’il croit qu’il dirait s’il avait quelque chose à dire.

Pour ceux que l’énumération logorrhéique de poncifs libertaires éculés ne rebute pas, la vidéo est ici : http://www.bobines.info/bruzatmichel/bruzatmichel.html

Pour ceux que la puissance civilisatrice du verbe émeut au-delà du supportable et qui ne supportent pas le gâchis, j’ai relevé quelques courts passages, mais largement suffisants :

« C’est un monde d’argent où les valeurs essentielles n’existent plus. Le théâtre pour moi est quelque chose d’essentiel dans ma vie, je crois que c’est un des derniers lieux où les gens écoutent le silence. »
Tu crois pas si bien dire.

« Moi je me rapproche de la mort, et plus je me rapproche de la mort, plus je sens que la seule chose importante dans la vie, c’est l’amour. »
C’est dingue, non?

« Ce théâtre s’appelle Théâtre de La Passerelle, car c’est une passerelle pour aller à la rencontre des gens. »
Des gens qui vont au théâtre de la Passerelle ?

« Ce qui me passionne avec les gens – j’ai rien à leur apprendre- mais j’arrive à les aider à accoucher d’eux-mêmes, à les aider à devenir ce qu’ils sont, à faire sortir une censure. On dit que je transmets une confiance, et que je sers un peu de trampoline (!!) comme ça… »
Il y a des apprentis gourous qui sont en taule pour moins que ça.

Etc., etc., comme ça pendant 15 minutes, que du bon cette interview, pas un cliché ne manque.

Il a fait l’école du rire avec Jack Lang, ou quoi ?

Musique businesse

Internet agit sur les cons comme un catalyseur : ils se révèlent plus vite. Plus fort. Mieux.
Pour les musiciens, enfin je veux dire, pour les gens qui vivent de la musique, l’effet est encore démultiplié. Prononcez les mots Peer-to-Peer, même très vite, et tout de suite, ça cristallise…

Car après qu’une majorité de ces petits apparatchiks provinciaux incultes qu’on appelle couramment députés, nous aient une fois de plus montré leur courage, leur connaissance du monde et leur vision clairvoyante de l’avenir en votant la loi Olivennes accompagnée de sa fameuse « riposte graduée », une cinquantaine « d’artistes », également équipés d’une techno-cervelle de 1950, montent au créneau pour défendre un texte tellement scotomisé du réel qu’il en devient risible.

Voici la liste exhaustive des collaborateurs et social-traîtres à boycotter. Avant que je ne prenne le pouvoir et que ces abrutis ne se retrouvent en camp de rééducation par le travail dans une rizière camarguaise, j’incite chacun d’entre vous à :

Même si vous êtes déçus d’y lire certains noms, ne jamais acheter un seul album d’un des tocards ci-dessous nommés.
Revendre ceux que vous possédez déjà.
Via Internet, chercher, trouver, faire des dons aux artistes indépendants. Vous ne nourrissez pas les actionnaires de Sony Music ou Universal. L’argent revient entièrement à l’artiste. Vous soutenez la création.

Et merde à :
Etienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc, Eddy Mitchell, Isabelle Boulay, Maxime Le Forestier, Martin Solveig, Marc Lavoine, Calogero, Gérard Darmon, Pascal Obispo, Jacob Devarrieux, Elie Seimoun, Alain Bashung, Bernard Lavilliers, Rachid Taha, Bob Sinclar, Psy4delarime, Abd Al Malik, Anis, André Manoukian, Charles Aznavour, Alain Souchon, Mademoiselle K, Soprano, Arthur H, BB Brunes, Liane Foly, Emmanuelle Seigner, Ridan, Renan Luce, Zita Swoon, Johnny Hallyday, Empyr, Kenza Farah, Shine, Camaro, Diam’s, Renaud, Romane Cerda, Cali, La Grande Sophie.

Pollution, je dis non…

Je n’ai rien contre l’écologie.
Moi-même, j’ai un ami écologiste.
Pour lui faire plaisir, j’ai regardé le film de Al Gore, Une vérité qui dérange. J’ai beaucoup aimé. Surtout la fin, quand Bruce Willis sauve le monde en plaçant dans le gros trou la charge de dynamite qui va faire péter la météorite apocalyptique avant qu’elle-même ne pulvérise notre planète.

Sinon, mon copain, à part ce petit soucis de distorsion cognitive qui le pousse, on ne sait exactement pour quelle raison, en réponse à quel traumatisme de la petite enfance, à croire le monde en danger et à vouloir le sauver, il est presque normal.

Mais, le covoiturage et les transports en communs connaissent une hausse sans précédent, partout, pour tous, l’heure est à l’économie d’énergie, même nos amis d’outre-Atlantique s’y mettent, je sens chez lui comme une légère lassitude, voir une déception.

Des années de lutte, à prêcher dans le désert, le taux de carbone dans l’atmosphère, le réchauffement climatique, la fonte des glaces, les cyclones, la montée des eaux, le désert toujours plus grand, etc. pour convaincre le brave citoyen qu’il doit changer son mode de vie, et en particulier y aller mollo sur le pétrole, pour rien.

Il suffisait de mettre le baril de Brent à 140 dollars.

Les amis de mes amis…

La Tribune est un journal économique.

Un gros titre de La Tribune, ça ressemble à ça :

Altadis: la France devrait être particulièrement touchée par la restructuration imposée par Imperial Tobacco.

Ou encore, ça :

La Bourse n’apprécie pas le relèvement envisagé de la partie cash de l’offre de France Télécom sur TeliaSonera.

On sent tout de suite, en lisant La Tribune, une joie de vivre, une soif de fraternité, une humanité, qui élèvent une âme et nous rendent, nous pauvres lecteurs égarés dans un monde sans repères, meilleurs. La pureté magnifique d’une courbe journalière du CAC40 nous laisse entrevoir l’existence possible du Beau et du Bon.

Imaginons la rédaction, cette communauté de personnes immenses, mues par une empathie joviale, comme un havre de paix et de concorde peuplé de journalistes encravatés, de costards en solde, de trousseaux de clés Renault Laguna, et de chemises C&A repassées à la main, comme un genre de Libertalia de cadres moyens, une utopie concrète d’hommes et de femmes en marche, qui nous montrent que oui, un monde meilleur est possible…

Alors La Tribune serra plus qu’un simple journal économique. La Tribune se veut universelle. La Tribune aura son mot à dire sur la culture, la politique, et même le sport…

Et là, La Tribune dira,

Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. (Marc 10/13-16)

Incipit Jérome Rothen in La Tribune.

Jérome Rothen, l’homme aux pieds d’argent. L’homme de la transversale somptueuse, du centre au cordeau. Jérome Rothen, le théoricien du football total. La synthèse parfaite, de la vivacité de Maradona, de la vista de Pirlo, de la créativité de Zidane et de la technique de Ronaldo. Le maître en stratégie, la réincarnation footballistique de Clausewitz. Le cerveau. Qui d’autre que Jérome Rothen aurait pu prétendre à commenter le foot sur La Tribune ?

Avec Jérome Rothen, La Tribune nous le prouve, elle nous donne systématiquement le meilleur du monde.

Pouvoir d’achat

Le pouvoir d’achat est en hausse !!
« On » dit qu’il baisse et bien sûr, ce n’est que pure légende.
Ce qui baisse, c’est le vouloir d’achat.

Un peu de chanson française

La chanson française est vivante. M. Chanson le prouve.