Roman courtois

Alors le preux chevalier – les chevaliers sont nécessairement preux dans le roman courtois, au même titre que les découvertes dans les journaux télévisés sont nécessairement macabres -

alors le preux chevalier disais-je, enfila l’armure judicieusement adaptée à sa taille avec talonnette incorporée par le ferronnier officiel, et s’en partit, le glaive flamboyant battant son flanc étique, il avait laissé tomber l’épée que sa faible corpulence empêchait de manier avec la dextérité nécessaire, battre la campagne alentour à la recherche de quelque ennemi suffisamment faible pour se laisser pourfendre sans résistance excessive. A dire vrai, les gens de cour seuls le qualifiaient spontanément de preux, mais il avait instauré une loi qui rendait obligatoire pour tous la juxtaposition de cet adjectif à sa petite personne sous peine de poursuites.

Il embrassa chastement, selon les règles tolérées par les gens de son rang, la châtelaine, qui retourna aussitôt sur le rempart- troisième du nom, elle se laissait aller parfois à pousser la chansonnette du haut de ce mur, pour apporter un peu de joie et de bonheur aux gens simples qu’elle aimait tout particulièrement à cette distance, car ils l’écoutaient depuis les douves boueuses en-bas, à environ 14m, ce qui protégeait cette femme sensible et délicate de la vue de ces faciès tuméfiés et des remugles d’écurie qui exhalent de leur harpies -et s’en alla au galop sur son destrier.

Pendant ce temps, les braves couillons en-bas, enfoncés jusqu’aux genoux dans la vase putride, au lieu de prendre d’assaut le château, lançaient à la troisième quelques pièces par-dessus les créneaux, mus probablement par quelque instinct de bête reconnaissante d’oublier un moment les vicissitudes de la misère, et cette obole pitoyable la touchait sincèrement, elle oubliait son immense fortune personnelle pour se prendre quelques instants pour une vraie saltimbanque, et ils communiaient, elle et le bon peuple, dans la mauvaise foi, le mensonge et l’hypocrisie, pendant qu’au loin son mari, au nom de quelques principes abscons, foutait dans leurs dos le feu à leurs baraques.

Bien fait pour leurs gueules.

Réponse de Siné à Philippe Val et Charlie Hebdo

Dans le Charlie Hebdo du 10 juillet, au milieu de sa chronique, Siné écrivait à propos de Jean Sarkozy: « Il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée juive et héritière des fondateurs de Darty. Il fera son chemin dans la vie, ce petit ! ».

PhilippeVal, le directeur du journal, après avoir laissé publier l’article, s’indignait soudainement du caractère prétendu antisémite du propos, obtenait le soutien de la rédaction, menaçant lui-même de démissionner, et exigeait le départ de Siné.

Dans le Charlie du 17 juillet, Val écrivait : «Il a préféré s’exclure de nos colonnes et je le regrette. »
Réponse de Siné:
“Je ne partirai que par la force des baïonnettes !
“Il a préféré s’exclure de nos colonnes et je le regrette.” C’est dans ces termes que Philippe Val terminait son éditorial dans le dernier Charlie. Mes avocats sont formels : cela ne signifie aucunement que je sois viré. Il laisse seulement croire que j’ai démissionné, ce qui est absolument faux. Je continuerai donc, jusqu’à la réception d’une lettre officielle de licenciement à envoyer régulièrement ma rubrique ! Je vais, aujourd’hui, vous dire mon intime conviction : Philippe Val ayant tous les pouvoirs à Charlie et régnant en maître absolu sans jamais tenir aucun compte de l’avis de ses collaborateurs, m’en voulait à mort d ‘être le seul résistant depuis la mort de Gébé et d’écrire, dans ce qu’il appelait, avec un certain culot, “SON” journal, des propos souvent diamétralement opposés aux siens. Il caressait, depuis longtemps, l’envie de m’évincer mais craignait de violentes réactions. (A juste titre, car on assiste, depuis une semaine, à un véritable tsunami de protestations indignées). Il n’osait m’attaquer de front, mais m’asticotait souvent, me demandant lui-même ou par sectateurs interposés, de changer un mot ou de corriger une phrase qui le choquait. L’excuse invoquée, à tous les coups, était la crainte d’un procès. Certains de mes propos pouvaient, d’après lui, être mal interprétés et passer pour homophobes, antiféministes mais, le plus souvent, antisémites. Je luttais pied à pied mais abandonnais toujours et finissais par trouver une formule moins percutante mais qui le satisfaisait. (Je ricane doucement quand il prétend ne pas avoir lu mon texte car, quand il ne les épluchait pas lui-même, il envoyait au charbon Gérard Biard, Oncle Bernard ou carrément Richard Malka, son avocat (qui est aussi celui de Clearstream !) Ma dernière “zone” où je prenais la défense de Denis Robert l’a mis dans tous ses états. Fou de rage, il a confié le soin à l’un de ses copains, n’osant le faire lui-même, un dénommé Askolovitch du Nouvel Obs, de me régler mon compte. Je vous fais grâce des épisodes sordides et la plupart du temps, douloureux, au cours desquels Charb, que j’appelais jusque là affectueusement mon “neveu”, s’est conduit d’une façon invraisemblable qui défie toutes les lois de l’amitié ! Je ne l’ai pas encore digéré, j’en ai gros sur la patate ! Au final, je poursuis en correctionnelle l’imprudent journaliste qui s’est permis de me traiter d’”antisémite” sur les ondes de RTL à une heure de grande écoute et de répéter les propos de son pote Val me qualifiant, en plus d’antisémite, d’« ordure » ! Ils vont apprendre qu’on ne diffame pas impunément ! Quant à mon supposé antisémitisme, je n’ai jamais été antisémite, je ne suis pas antisémite, je ne serai jamais antisémite. Je condamne radicalement ceux qui le sont mais je n’ai guère d’estime non plus pour tous ceux, juifs ou non, qui jettent inconsidérément ce mot abject à la gueules de leurs adversaires pour les déconsidérer sachant que cette accusation est l’insulte suprême depuis la Shoah. Cela devient proprement insupportable ! En ce qui me concerne, j’éprouve autant d’antipathie pour tous ceux qui, encore une fois, juifs ou non, qui défendent le régime israélien que pour ceux qui défendaient l’apartheid en Afrique du Sud. Depuis 60 ans, j’ai toujours lutté contre toute forme de racisme et si j’avais eu l’âge de cacher des Juifs pendant l’Occupation, je l’aurais fait sans hésiter, comme je l’ai fait pour les Algériens pendant la guerre d’Algérie. Je suis du côté de tous les opprimés ! Si Val me cherche des poux dans la tête, peut-être est-ce pour remercier le président de la République de lui avoir manifesté son soutien au cours du procès des caricatures de Mahomet ? Je sais qu’il me prépare un coup fourré… Il est en train de trier fébrilement tout le courrier ne gardant, pour les publier, que les lettres hostiles beaucoup moins nombreuses. Le pire est qu’il va publier aussi des lettres d’antisémites notoires, genre Dieudonné et consorts, me félicitant… D’avance je dénonce cette entourloupe qui ne convaincra, je l’espère, que les convaincus. Les autres ne seront pas dupes de ce stratagème déloyal. Je suis très déçu de l’attitude de la plupart des collaborateurs du journal qui n’ont pas su saisir la balle au bond quand leur « patron » a menacé de démissionner s’ils ne me désavouaient pas tous, tant pis mais LA LUTTE CONTINUE !”

Plus moche la mort

Comme le chantait magnifiquement l’immense Garou dont nous ne pleureront jamais trop la disparition, “Il est venu le temps des cathédrales !!!”, ce qui n’a absolument aucun rapport avec ce qui nous préoccupe aujourd’hui.

Activisme et écologie

Nous ne remercierons jamais assez ces jeunes activistes qui, au péril de leur vie, méprisant le danger, se jouant des forces de répression publique bras armé de l’oppression étatique qui sévit chaque jour avec plus de virulence, agissent quotidiennement contre le réchauffement climatique.

Simplement vêtu d’un sweet à capuche qui masque à peine son regard, parfois affublé d’un foulard de coton aux motifs chatoyants, mince rempart contre l’identification policière et les gaz lacrymogènes, le jeune poète s’en va par les chemins, fouler non pas l’herbe menue comme Rimbaud, mais le bitume épais de quelque banlieue inhospitalière.

Son jerrican de mazout ou son cocktail Molotov à la main, il va nuitamment, accompagné de quelques fiers camarades, immoler par le feu les automobiles malfaisantes qui s’exhibent en toute impudeur sur les parkings de la honte.

Oui, nous te soutenons dans cette lutte sans merci contre les émissions nocives de CO2, dont les automobiles des particuliers sont, à travers le monde, principales responsables. Bien sûr, ton geste semble bien isolé, ces conséquences bien locales, mais sache qu’il n’en est rien. N’oublie pas qu’un battement d’ailes de papillon à New-York au siège de l’ONU peut provoquer un ouragan au Soudan, alors imagine un battement d’ailes à Clichy-sous-Bois…

Cher activiste, cher membre des sous-classes de la République, cher insurgé, avec cette abnégation qui caractérise chacun de tes actes, à ton niveau, tu contribues à faire avancer une grande cause. Et n’oublie jamais, du fond de ta cellule, si les forces immondes de la propagande et du grand capital pétrolifère t’ont mis le grappin dessus, que tous les enfants de la terre, ceux de demain et ceux d’après demain, te sont à tout jamais reconnaissants de ton combat et de ton engagement sans faille pour la Vie.

Philosofions

Chère lectrice, cher lecteur, je t’invite à réfléchir et à trouver ta propre réponse : La sodomie est-elle contre-révolutionnaire ?

La vie courte et grotesque du chat

Le chat est un mammifère carnivore stupide de la classe des félidés. Le chat se croit malin et ne perd jamais une occasion de montrer ce qu’il croit être les attributs de l’indépendance et de la liberté, alors qu’il n’est qu’une pauvre bête domestiquée incapable de subvenir par elle-même à ses propres besoins.

Le chat est un parasite, au même titre que le chômeur et le rémiste, qui sont incapables de trouver leur place dans la société, alors qu’ils ont toutes les chances de leur coté et des conseillers ANPE dévoués corps et âme à leur bonheur.

De basse extraction, le chat mange tous les jours sa simple ration de croquettes, sa modeste condition alliée à un état dépressif chronique l’empêche de rechercher plus avant les moyens d’améliorer son ordinaire par une démarche culinaire hors de sa portée intellectuelle.

Le chat est condamné à rester chat, et même si parfois de doux rêves l’emportent vers de lointaines contrées inexplorées sur lesquelles il règne en maître, jamais il ne deviendra tigre ou panthère, ni même lynx. Tout au plus regnera-t-il sur le canapé du salon.

Le chat se satisfait d’interrogations métaphysiques simples, le spectacle de ses maîtres lui suffit à remplir le vide laissé par l’absence de réponse à des questions existentielles assez peu recherchées pour appartenir à un patron de PME.

Le chat se reproduit simplement, un peu comme un pauvre.

Le chat perd ses poils.

Le chat a des plaisirs simples, comme la lacération hystérique d’objets usuels.

Le chat meurt bêtement à l’issue d’une vie aussi courte que dénuée d’intérêt.

Bénabar étudie le chinois

A l’occasion des Jeux Olympiques de Pékin, nous nous devons d’établir un contact diplomatique plus chaleureux avec nos amis chinois, de prouver notre bonne volonté, et notre renoncement à toute rodomontade droit-de-l’hommiste à leur encontre.

Cette pétition a pour but de faire pression sur nos gouvernements respectifs, pour la mise en place rapide d’un protocole d’échange réciproque de nos ressortissants contre-révolutionnaires qui actera ce rapprochement historique.

Chaque opposant politique chinois reçus en France se verra contraint de militer activement au Parti Socialiste, de dîner une fois par semaine au Café de Flore en compagnie de Bernard-Henri Levy, et de tenir régulièrement conférence de presse, au cours de laquelle il devra taxer au moins une personne hostile au libéralisme forcené de résurgence crypto-bolchévik archaïque.

Chaque français envoyé en Chine se verra immédiatement déporté dans une rizière où 14h par jour, tout en apprenant à besogner dignement et sans se plaindre de sa condition, comme savent le faire les gens du peuple bien éduqués, il méditera sur le sens des mots : nombrilisme, petite-bourgeoisie, prosélytisme sournois, arrogance, bétise.

Comme premier candidat désigné par une commission d’experts en sarkozisme rampant, nous proposons le chanteur populaire Bénabar, pour l’ensemble de son œuvre, et plus particulièrement pour son chef d’œuvre, la chanson Le dîner, où il nous explique de manière explicite que le monde entier peut bien crever la gueule ouverte du moment que son petit confort personnel n’en est pas affecté.

En échange, nous acceptons volontiers une cinquantaine d’intellectuels. Merci la Chine.

Le cyclisme est-il un bayrouisme?

Il fallait saluer cette grande initiative collective de l’ensemble de notre presse nationale et régionale, qui a décidé de soutenir un évènement sportif qui fera date : plusieurs dizaines de valeureux jeunes gens se sont réunis en ce mois de juillet ensoleillé pour parcourir de conserve et à bicyclette notre beau pays.

Les valeurs nobles du sport sont à l’honneur dans cette épreuve hautement symbolique. N’est-ce pas l’histoire de l’Homme, que nous montrent ces colosses, en allant toujours plus loin, plus avant, dans le dépassement de soi et l’abnégation, poussés par une soif d’exploration et de découverte jamais étanchée ?

Chaque jour, par monts et par vaux, nos valeureux athlètes s’affrontent pour remporter l’étape du jour, mais sans jamais se départir du fair-play et du respect de l’adversaire qui font les vrais héros modernes, et la communauté toute entière ne peut que tirer des enseignements des leçons édifiantes que nous donnent ces hommes dont la grandeur d’âme n’a d’égale que le courage.

Chaque jour, nous voyons sur nos chemins vicinaux des actes de probité et d’abnégation qui nous réconcilient avec le genre humain : les coureurs s’entraident, qui pour porter de l’eau à un partenaire en difficulté, au risque de se voir lui-même décroché, qui pour soutenir un autre victime d’une baisse de régime à l’arrière du peloton, et à force de paroles encourageantes, le ramener au cœur du groupe , qui pour donner généreusement sa ration de sucre au malheureux victime de fringale…

Chinaski se devait de soutenir à son tour cette épreuve, qui redonne de la plus belle des façons ses lettres de noblesse au sport. Voilà qui est fait.

Une femme, une pipe, un pull

La grande question métaphysique qui nous taraude tous depuis notre plus tendre enfance, ou depuis notre enfance malheureuse d’enfant battu et humilié, car je m’adresse à tout le monde, je serais le Chinaski de tous les français, même de ceux qui gardent une rancune tenace des souffrances passées: « Qui engendre l’autre, la poule, ou l’œuf ? », peut s’appliquer moyennant quelques arrangements périphériques, et c’est peut-être ce qui fait sa force, à quasiment tous les domaines de la vie.

Par exemple, qui était là le premier, le publicitaire, ou le consommateur ? Le publicitaire serait-il un genre de super-consommateur ? Le consommateur serait-il un genre de publicitaire raté ? Le publicitaire est-il ontologiquement débile, ou bien fait-il un effort démesuré pour se mettre à la hauteur de la bêtise incommensurable du consommateur lambda ? L’esprit de ce dernier serait-il aussi embrumé et perméable à la réflexion, s’il n’était bombardé de tant de messages consternants de vacuité ?

Enfin, le duopole capitalistique est l’incarnation la plus représentative de cette connivence délétère pour la réflexion entre le pubeux et le consommeux.

Dans la pub, les deux figures symboliques de la sécurité et de la rébellion constituent le duopole, l’un alimentant l’autre et vice-versa. Par exemple, Coca-Cola, la marque dominante, sécurisante, la valeur sûre, et de l’autre, Pepsi-Cola, la boisson que vous vous devez de boire si vous êtes un rebelle, ou en tout cas, au minimum, si vous vous sentez « différent », et que vous tenez à le faire savoir.

Chacun dans son rôle, légitime l’autre, et cette configuration a l’avantage d’empêcher la concurrence d’un troisième larron qui viendrait bouffer les parts de marché de l’un et de l’autre. D’autre part, le challenger n’a en vérité aucune envie d’arriver devant le premier, il profite suffisamment de sa situation pour en être satisfait.

Il y a aussi Microsoft et Apple.

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

Cherchez le lubrifiant…

Si le pétrole continue de monter, notre Etat vénéré va se retrouver face à un grave problème, à la hauteur de sa vision de l’avenir, du monde, et de l’Homme : le coût d’un aller simple pour Dakar ou environs ne sera-t-il pas à ce point prohibitif, qu’il vaudra mieux payer les allocs à Bamboula, ses 14 femmes et ses 92 rejetons plutôt que de les réexpédier manu militari en Negroland ?

A ce propos, tout le monde a expérimenté qu’il était d’autant plus ardu de travailler, qu’il faisait chaud, et tout le monde préfère la chaleur à la froidure. De là à en conclure que personne aime bosser… De là à en conclure qu’il faut être sacrément taré pour s’installer sur une ile au climat aussi pourri que l’Angleterre… De là à en conclure que les anglais, inventeurs de l’industrialisation forcenée et du capitalisme qui va avec, ne sont qu’une bande d’enculeurs de brebis consanguins et dégénérés… De là à en conclure qu’ayant imposé leur manière de penser, leur culte du résultat net et leur morale pragmatique au monde entier, il ne leur reste plus qu’à nous imposer leurs perversions… De là à en conclure que tout exégète du CAC40 est un type qui nique sa mère…

Mais je vous rassure, bien loin de moi l’intention de prendre des raccourcis faciles pour vilipender gratuitement un peuple qui a inventé Margaret Thatcher et les USA. Et je réfute la thèse créationiste selon laquelle les USA ont été inventé par Chuck Norris.