Clairvoyance

Eric Woerth, Ministre du Budget, refuse de légiférer sur les stock-options et accuse la gauche de vouloir mettre les hauts dirigeants « face au peloton d’exécution ».
Je comprends son désarroi: certains méritent plus d’être pendus avec leurs tripes…

Le retour de la biquette

Un de mes amis d’origine sud-est asiatique et spécialiste des trous noirs économiques et des révolutions agropastorales subséquentes me confirmait hier par fax que dès que le taux de chômage d’un pays industrialisé dépasse dix-sept pour cent de la population active, le nombre d’éleveurs de chèvres augmente de manière exponentielle. Ce qui laisse à peu près six mois à nos élites intellectuellement représentatives pour anticiper la déferlante, convoquer un Grenelle de la biquette et définitivement démentir ce gros triste d’Hervé Vilard : non, le cabri n’est vraiment pas fini. Bien au contraire, grâce à lui, la France va bientôt reconquérir sa juste place sur la grande scène des nations conquérantes.

« La chèvre, toute la chèvre, rien que la chèvre », voilà un slogan fédérateur, un projet commun, un élan, une réponse à la réorientation professionnelle des millions de déchus du système qui trouveront un nouvel et radieux avenir, qui dans le fromage, qui dans le saucisson, qui dans la maroquinerie ou le crottin.

Bien sûr, il est inutile de mentir, cela n’ira pas sans sacrifices. Du passé et de l’écran plat 112 cm il faudra faire table basse et parfois siphonner la cuve à mazout pour alimenter le kangoo diesel. Il faudra sentir le lait caillé, la paille humide, la crotte fraîche et l’Irrulegui. Car, pour qui maîtrise le personnage, le bizness de la biquette peut-être juteux. Songez qu’en plus des habituels nourritures et vêtements, une chèvre, c’est : des abats-jours, des ballons de rugby, du lubrifiant à suppositoire, des porte-fusils, des décorations pour la cheminée et les motocyclettes américaines, de la crème anti-purpura, des chambres à air de scooter, des cordes de violon, de la poudre à récurer l’inox, d’élégants flûtiaux, des récipients pour boire le calva ou le saké, une sellerie personnalisée pour votre airbus A330, des bilboquets, des casse-têtes, etc. etc. Soit de nombreux et mondiaux marchés juteux pour tous ceux qui savent entreprendre, conquérir, et souhaitent remettre la France dans le sens du progrès, de la croissance et du Crottin de Chavignoles.

Du berger au biznessman en passant par le boucher, le fromager ou le tailleur, y a donc de l’emploi pour tous le monde avec la divine biquette, le plus lucratif étant le commerce de ses poils. Il est parait-il des îles de la Caraïbe où certains sorciers vaudou sont prêts à les payer plusieurs milliers de dollars le kilo pour en bourrer leurs poupées et exercer leurs maléfices. Magnanimes, nous laisserons ce commerce à Monsieur Sarkozy qui doit bien avoir besoin de cash pour financer tous les procès qu’il intente.

Rocard: un sénateur en colère

Tremblez, peuples de Gauche, car il y a pire que la Grande Crise Economique: Michel Rocard fait comprendre qu’il pourrait quitter le PS si Ségolène Royal était élue Première Secrétaire.
Quand à François Mitterand, il n’a pas encore fait savoir pour quelle motion il allait voter…

Surpopulation carcérale

Après Jérome Kerviel, un trader de la Caisse d’Epargne est placé en garde à vue, soupçonné d’abus de confiance ayant entraîné une perte de 750 millions d’euros pour la banque. A peine libéré, Monsieur X, incarcéré 3 ans durant pour revente de résine de cannabis à hauteur de 12,5g, postule au poste laissé vacant: « Je peux pas être pire que lui à ce poste. Je lui laisse ma place et tous mes posters de Rachida Dati… ».

Merci Kim Jong II.

Depuis un mois que l’actualité est globalement phagocytée par la crise financière et économique, je commence à franchement m’ennuyer.
Comme tout le monde -le message est bien passé, merci- j’ai bien compris que je devrais probablement, d’une manière ou d’une autre, payer personnellement dans les années qui viennent les conséquences de l’avidité sans bornes de quelques uns.

Alors les états d’âmes des chefs d’entreprises, des malheureux licenciés de Lehman Bro’, des acteurs du marché qui ne savent plus à quel saint se vouer, des actionnaires de machin-chose qui perdent 80% de leur fortune, des gouvernements et des annonces de grande régulation mondiale auxquelles je ne crois pas une seconde, j’en ai un peu plus rien à foutre…

Il reste quoi, pour se dérider un peu ? Il faut bien chercher…

Kim Jong II, l’inénarrable « président » de la Corée du Nord. Un genre de Sarkozy qui aurait réussi : même taille, même hauteur de vue -talonnettes comprises-, même amour de la télévision d’Etat, même tendance à systématiquement tout ramener à un concours de bites.

L’affaire: depuis en face, Corée du Sud, des gugusses ont envoyé par dessus le No Man’s Land, des tracts accrochés à des ballons dénonçant le régime de Pyongyang.
Déjà, fallait y penser. Le peuple nord-coréen n’avait pas du s’apercevoir qu’il crevait de faim sous la botte d’un des régimes les plus paranoïaques de la planète.

Mais bon. Donc, Kim ne souhaite pas que ses administrés réalisent soudainement, à la lecture de cette prose hautement subversive, qu’ils souffrent de graves carences alimentaires. Alors il sort ses fausses Ray-Ban -Sarko, fait quelque chose pour aider ton copain!- et s’adressant à son vis-à-vis, annonce que « les autorités fantoches feraient mieux de garder en tête que nos attaques préventives réduiront tout…à l’état de débris, et ne mettront pas seulement le feu! ».

Voilà. Au niveau concours de zizi, Kim prend de l’avance sur notre Grand Timonier, qui à sa décharge, le pauvre, n’a d’adversaires que de malheureux citoyens brandissant des pancartes « Casse toi pov’ con », auquel il ne peut légalement répondre que d’une bien modérée plainte pour délit d’outrage.

Obama est immortel

Ils sont jeunes, ils ne ressemblent à rien et ils sentent bon le purin chaud: deux bouseux néo-nazis se voyaient bien vivre leur quart d’heure de célébrité par le dézingage en règle d’une centaine de noirs, y compris Barack Obama, quitte à en mourir, mais le FBI les a privés de Star’Ac en les arrêtant avant même qu’ils n’enfilent leurs cagoules blanches.
Il y a un coté horriblement pathétique, chez ces types. Je veux dire, au-delà du discours attendu sur le racisme, c’est mal, tuer des gens c’est pas bien, je ne peux pas m’empêcher d’éprouver une sorte de pitié.

Le jeune palestinien a vu ses parents spoliés par les colons, sa maison détruite par des chars ou des bombardements aveugles, il crève la dalle dans son ghetto, il n’a pas d’avenir. S’il décide d’aller se faire péter la couenne dans un bus bondé à Tel-Aviv, quoiqu’on en dise, c’est un acte de vie. Car de vengeance, de combat, de révolte, d’insurrection… Puisqu’on lui a tout pris, et que le désespoir est son seul horizon, il choisit pour sa propre mort de faire mal à l’adversaire plutôt que de vivre en victime. Un acte ultime de liberté.

Le bouseux américain vit dans un pays fait pour et par lui. Il vit dans un pays où, quoiqu’on puisse penser du libéralisme et de ses tares, plus que dans n’importe quel autre au monde, « tout est possible ». Alors oui, j’éprouve de la pitié pour ces pauvres gugusses prêts à mourir au nom de préjugés racistes si profondément ancrés dans la culture de ce prolétariat blanc américain qu’ils semblent naturels.

Alors évidemment, qu’un membre d’une « minorité visible » puisse être président les atterre. Car avec un président noir, c’est comme si ce pays qu’ils aiment tant n’était plus le leur. Car toutes les « valeurs » qui le font seraient pour eux, dans leur ensemble, remises en cause.

En plus, Bush et McCain out, il semble bien qu’ils ne pourront même plus pour se défouler en allant péter la gueule à toutes les « minorités visibles » qui peuplent la planète.

Il nous pompe l’air…

Qu’est-ce qui est petit et qui vole? Sarkozy évidement!
301236 km en avion, un peu plus de 900 par jour en moyenne depuis qu’il a signé le « grenouille de l’environnement ».
Selon Terra Economica le nabot produirait autant de Co2 qu’un bon millier de français moyens avec une voiture moyenne, un travail moyen, une consommation moyenne, ou qu’une Smart qui ferait 1750 fois le tour de la Terre. Mais il faudrait être bien con pour faire le tour de la terre en Smart, quand même!
Lors du dernier passage du couple présidentiel à Washington, Carla a du faire remarquer à Zébulon que W en avait un plus gros. Le teigneux, ça nous l’a vexé aussi sec! Monsieur s’offre un gros navion, un nairbus A330 (à 330 quoi?) de 63 mètres de long, avec vitres teintées, jantes alu et moquette sur le volant. Qui consommera deux fois plus de kérosène que le ridicule A119 qui lui servait de brouette volante jusqu’à présent.

A quoi pense un néo-conservateur ?

Les femmes et les hommes qui composent l’actuelle majorité au pouvoir sont souvent présentés comme des baltringues notoires plus ou moins bas de plafond. C’est une erreur et un tort, ils ont une intelligence moyenne, avec les écarts à la moyenne habituels pour un échantillon censé être représentatif de la population. C’est simplement leurs idéologies qui sont particulièrement cons et celle de la conservation sociale en fait partie.

Tout commence (presque) au dix huitième siècle. En ces temps de Lumière, des naturalistes comme Linné ou Buffon s’appuient sur les récits de voyage des grands explorateurs des siècles précédents, qui décrivaient des populations plus ou moins « exotiques » de manière plus ou moins fantaisiste, pour établir des classements de la diversité humaine à partir des critères de leur profession : des critères naturalistes.
De fait, à partir de grilles de lectures et critères « biologiques », les naturalistes et l’anthropologie physique vont à la fois créer la notion de race (pour classifier et hiérarchiser la diversité humaine) et l’idéologie de la pensée naturaliste du social. Dans les deux cas, l’individu et le social sont présentés comme « conformes à un Ordre Naturel », toute contestation de cet ordre établi étant naturellement discréditée, voir réprimé. La question de savoir si les différences naturelles sont porteuses en elles-mêmes de hiérarchisation ou si cela est dû à un « traitement social » et/ou politique de ces mêmes différences, se résout définitivement avec la chute du régime nazi.

Du moins le croyait-on, car Jean Marie Le Pen, dans les années 80, remet sur le tapis les notions de race et de déterminisme biologique des faits sociaux, l’ennemi étant maintenant à l’intérieur du pays sous la forme générique de « l’émigré ». Tout le monde, ou presque, s’insurge. Près de trente ans plus tard, on euphémise « race » en « origine ethnique » et « déterminisme biologique » en « génétique » mais on nage en pleine pensée naturaliste du social. Le meilleur exemple étant l’expression « émigré de deuxième ou troisième génération » qui fait florès : un fait social –le fait de migrer- devient un état biologique héréditaire.

Bien entendu, les hommes et femmes de l’actuel gouvernement donnent à plein dans l’idéologie de la conservation des « hiérarchies naturelles », et par le fait des discriminations, en ayant systématiquement recours à la pensée naturaliste du social. Cela transpire de tous les discours sur « les quartiers », « l’Afrique », nous donne des inepties sur le « public sain », ou encore une catégorie « origine raciale » probable dans le futur fichier Edvige ; autant d’exemples présentés comme anecdotiques mais qui alimentent l’idée que, selon des critères biologiques, c’est-à-dire naturels et irréversibles, telle ou telle population présente une prédisposition aux trafics, à la violence, au trouble de l’ordre publique, bref, sont une menace pour le reste de la société. Autant vous dire que depuis trois générations qu’ils pourrissent l’ambiance, les émigrés ont bien de la chance de bénéficier de nos prestations sociales (sans naturellement travailler) et de pouvoir s’entasser dans des ghettos à la périphérie de nos villes civilisées où même les flics, parait-il, ne vont pas.
Bon, leurs idées étant ce qu’elles sont et à voir leurs trognes dans la Tévé, j’ai vaguement l’impression que certaines personnes dans ce gouvernement ne comprennent pas grand-chose à ce qu’elles disent.

Coluche… Mesrine… Rachida Dati.

La fin des seventies fut marquée par quelques figures flamboyantes dont les biopics sortent aujourd’hui dans les salles. Des anarchistes, des insurgés, Coluche, Mesrine, chacun à sa manière, se rebelle contre un système et un Etat jugés insupportables.
30 ans plus tard, c’est à l’intérieur même du système qu’il faut chercher la grande figure de la rébellion. Rachida Dati conchie la Justice, et si la démarche est hasardeuse, l’infiltration n’en reste pas moins la solution la plus efficace, la plus pragmatique pour s’en prendre à une organisation détestée.

Rendons sans ironie un hommage amplement mérité au talent, à l’énorme volonté et aux immenses qualités que Rachida a déployés pour parvenir à son poste actuel, tant il est vrai que dans notre beau pays, il faut être à peu près cinq fois meilleur que les autres pour parvenir à ses fins quand on a la peau un peu foncée et qu’on aspire à d’autres carrières que celles d’éboueur ou de femme de ménage.

Une fois parvenue au sommet à la force de son courage, en à peine plus d’un an, la Ministre a réussi à se mettre à dos l’ensemble de la profession, qui tente aujourd’hui par une pitoyable manifestation de redresser l’échine et qui dans un sursaut d’orgueil essaie encore de se débattre.
Mais Rachida, toute auréolée de sa pugnacité et du soutien de figures de la flibuste en eaux troubles, ne s’en laissera pas compter, et nous pouvons parier qu’elle ne lâchera pas le morceau, telle une kamikaze nihiliste au coeur de la mitraille petite-bourgeoise, elle ira jusqu’au bout de son insurrection contre le système, par un activisme déterminé et une efficacité à toute épreuve dans le dézingage de l’institution honnie.

La Justice et le Droit plient sous les assauts de la femme en colère infiltrée, pour le plus grand bonheur de tous les nihilistes du pays.
Certains brûlent des cierges devant la photo de Jean-Marc Rouillan pour que Rachida soit très prochaînement nommée au Ministère de l’Intérieur.

Al-Qaïda: des nihilistes en carton pâte

D’après le NouvelObs, Al Qaïda soutiendrait le candidat John Mc Cain dans sa course à l’investiture (Voir l’article). Etrange. Ils affirment que l’ « impétueux » républicain serait le meilleur président pour entraîner les USA dans une chute militaire et économique. Opinion qui semble d’ailleurs faire l’unanimité partout dans le monde sauf aux USA.

Nos pervers suicidaires et autres coupeurs de tête du dimanche préférés sont-ils si branques que ça en communication? S’il voulaient vraiment se donner toutes les chances de voir Mc Cain gagner, n’aurait-il pas mieux valu soutenir officiellement Obama?
Avec, par exemple, une belle allocution du charcutier en chef Ben Laden du fond de sa grotte tora-borienne. D’ailleurs, on l’entend plus, le milliardaire à barbe, peut-être qu’il va s’y mettre au dernier moment, style, 3 jours avant l’élection, comme en 2004. Ou alors, il a rejoint Allah et ses 1000 vierges…
Les républicains au cours de la campagne, ont largement insisté sur les accointances supposées d’Obama avec d’anciens terroristes gauchistes, ont insinué de manière plus ou moins raciste sur sa supposée confession islamique plutôt que chrétienne, ont daubé sur la lâcheté à vouloir quitter l’Irak… Une bonne déclaration de soutien aurait fait son chemin sans problème dans certains esprits déjà bien préparés…

Mais non. Al Qaïda soutient Mc Cain.

Donc, ils participent à faire gagner Obama. Et c’est un aveu de faiblesse. Le démocrate veut quitter l’Irak. S’ils se sentaient si forts, les barbus préféreraient continuer le combat, pour affaiblir les chiens d’infidèles américains, foutre le bordel, perpétuer le chaos, ils préfèreraient Mc Cain, ils souhaiteraient même l’extension du conflit frontal… Mais non… Ils veulent que leurs adversaires s’en aillent, et ainsi sauver les apparences en s’attribuant une prétendue victoire. En fait, voilà donc un vrai témoignage sur la situation en Irak: les ricains sont bel et bien en train de gagner.