Les 3 Royaumes, naissance d’un nanard.

Vous avez aimé ce passage, dans Le Seigneur des Anneaux, où l’espèce de créature transgenre Légolas s’immobilise en plein footing dominical, prend l’air inspiré en levant la tête aux étoiles et lache sentencieusement: « Le ciel rougeoit. Beaucoup de sang a coulé cette nuit »?

Alors courrez voir Les 3 Royaumes, le dernier film de John Woo.

Car, entre quelques scènes d’action à budget vertigineux et néanmoins ennuyeuses, vous assisterez pendant presque 3 heures à un festival d’aphorismes foireux, sentences débiles et dialogues affligeants de balourdise, dans la plus pure tradition Vandammienne, quelque part entre Barbara Cartland et Jean-Pierre Raffarin.

Merci, John. Car si, au départ, le film n’est pas censé faire rire, j’ai grâce à toi passé un super moment de poilade.
Je ne sais pas si toute la salle se bidonnait, mais en tout cas, avec les spectateurs autour, devant, derrière, sur les cotés, on s’est bien fendu la gueule. Une ambiance conviviale avec des inconnus, comme ça, un vrai partage, c’est pas tous les jours que ça arrive.

Donc, merci John. Merci d’avoir titillé notre imagination, car pendant trois heures, tu suscitas chez le public un véritable festival de créativité, c’était à celui qui sortirait la plus grosse connerie en réaction à ton nanard ultime.

Il y en eut de bonnes, et pour conclure, je citerai logiquement la toute dernière saillie lumineuse du film, d’autant qu’un tel déluge ne permet pas de les retenir toutes.

Alors que les gentils ont gagné, qu’ils ont, grâce à un monsieur météo super efficace qui lit les changements de direction du vent dans le marc de café, réussi à foutre une branlée à une armée adverse vingt fois supérieure en nombre, le super général des super gentils contemple les cadavres sur le champ de bataille où une femme, gentille elle aussi, tient dans ses bras la tête d’un soldat inconnu mort au champ d’honneur tout en regardant on ne sait pas trop quoi dans le ciel, mais ça a l’air triste, le super général donc, celui qui au cours du film a dézingué environ 168 gaziers à coups de lance, épée, sabre, couteau et autres objets tranchants ou contondants, se rendant soudain compte que la guerre c’est moche, confondu par l’ampleur du massacre, le regard perdu à l’horizon dans un océan de détresse, lache: « Nous avons tous perdu aujourd’hui. ». Et là, ça s’arrête. Noir. Générique.

Et un des rigolos du public de s’écrier:  « Tu l’as dit, bouffi! ».

Gad Elmaleh vous emmerde, bande de crevards !!

Ah la fameuse photo, que l’on découvre souvent, au hazard d’un détour intéressé vers le frigo afin d’y soustraire quelques contenants de substance houblonée, accrochée au mur de la cuisine, au pire encadrée dans un sous-verre simple et de mauvaise facture, au mieux simplement punaisée, au cours d’une soirée chez des amis qui perdent aussitôt un peu de votre estime.

Certes, la découverte plus tardive dans les waters, lors d’un séjour aussi bref qu’obligatoire vu les circonstances , du poster de Che Guevara en barbudos, regard vif et poil soyeux, porté par l’espoir et la foi en un avenir meilleur, est plus grave, et vous entraînera sans doute, quelques cacahuettes plus loin, à vous en prendre violement au premier convive énonçant le début de l’ombre d’un cliché, voire à l’innocent peigne-zizi de service vous expliquant sans rire comment il sauve l’humanité tellement il trie ses déchets, tellement il mange bio.

Car enfin, ces dinausaures, ces fossiles à l’imaginaire sclérosé, ces gauchistes repentis qui aujourd’hui « se nourrissent volontier au bon lait ségolinique » (Jean-Bernard Pouy, Mes soixantes huitres), ne font que perpétuer le mythe d’une époque révolue.

Pour ma part, je vis avec mon temps. J’ai récemment affiché, dans ma cuisine, afin de divertir et édifier ma jeune bonne sri-lankaise qui a parfois l’outrecuidance de me réclamer un salaire, une photo prise au Fouquet’s en toute simplicité, où l’on découvre sur des visages couperosés par une alimentation grasse et abondante et l’abus de Grands Crus Classés, le regard rendu vitreux par la lecture assidue des pages économiques du Figaro, le genre d’élévation spirituelle qui semble parfois émaner des plus grands, fixée pour l’éternité sur la pellicule, lorsqu’ils sont réunis autour d’une table par les plaisirs simples de la bonne chair et de l’amitié, Sardou, Bénabar et Florent Pagny en pleines agapes.

Quand à mes chiottes, elles risquent tout prochaînement de se voir ornées d’une nouvelle figure, car un prétendant jusqu’ici outsider vient de faire une entrée fracassante sur la scène pourtant bien encombrée de la saloperie universelle.

J’ai nommé le si sympathique Gad Elmaleh, que les possesseurs du poster premièrement cité ne manqueront pas de défendre, qui trois jours après un prime-time promotionnel sur TF1 de deux heures pour son dernier film , déclare benoitement sur Europe 1 qu’il soutient le bouclier fiscal de Sarkozy, qui lui épargne l’odieuse corvée de remettre quelques-uns supplémentaires de ses nombreux millions d’euros au service de la collectivité, qui en aurait bien besoin en ce moment, et qui, toute demeurée qu’elle soit, puisque celà ne l’empêchera pas d’aller voir le dit-film, n’en mérite par pour autant un tel mépris de la part d’un bozo qui ne fait que la divertir.

Israël, tumeur maligne et camp de la paix.

A peine le mouvement de grève générale en Guadeloupe est-il consommé que s’épanouissent à nouveau, telles des renoncules qui flamboient sous la caresse enveloppante d’une touffeur vespérale et printanière, ces milles et une petites occasions quotidiennes d’exécrer son prochain.

Ainsi dans la douillette salle d’attente de mon proctologue.

Cependant que je m’ébaubissais d’y admirer, dans une vitrine en verre finement ciselé, une étonnante collection d’anus artificiels de toutes époques et de toutes origines, notamment un exemplaire ouzbek du XVIème siècle en véritable vessie d’auroch ouvragée au réalisme confondant, j’envisageais, sur une petite console située à coté d’une horloge franc-comtoise cachectique qui me semblait étrangement familière, une revue négligemment posée.

Le « Nouvel Observateur », en l’occurrence, dont je me saisissais sur le champ, non sans m’être assuré au préalable que j’étais bien seul (je l’étais à l’évidence, mis à part cet écorché grandeur nature qui m’exhibait sa tripaille sépia, luisante et craquelée tout en me fixant d’un œil sans paupières, que je ne puis qualifier que de torve), et je me délectais de cette sensation oubliée depuis de longues semaines déjà –le poids, entre mes mains, d’une actualité hebdomadaire.

Comment ce journal était-il arrivé jusque là ? Au prix de quels périls avait-il bravé le blocus, les incendies, les gendarmes et les barrages mobiles, la pénurie d’essence, de rhum, de télénovelas, les ravages du crack et des marges bénéficiaires pour finalement, au bout d’un mois d’errance, arriver ici ? Décidément mon proctologue avait le bras long et fortuné, comme en témoignaient les scanners colo-rectaux signés de nombreuses personnalités du show business, des arts ou de la politique joliment exposés sur les murs de la pièce comme autant de preuves d’excellence : soyez assuré que vous confiez votre fondement à une grosse pointure.

L’exemplaire du journal, dont le papier glacé commençait à se gondoler sous mes doigts moites d’une émotion fébrile, était daté du 5 février 09, avec en couverture cette photo de R. Dati, le port ampoulé, les traits brouillés d’une autruche en déroute, le regard perdu dans un vide qu’on devine tragique.
Allant de surprises en découvertes, je finissais par y rencontrer, page 78, Monsieur Avraham B. Yehoshua, « écrivain israélien partisan depuis toujours du camp de la paix » qui, interrogé à propos d’éventuels crimes de guerre perpétrés par Tsahal à Gaza lors de la « guerre » qui fit plus de 1300 victimes, répond que « Les Israéliens ayant toujours eu conscience de la démographie galopante des Palestiniens, bien supérieur à la leur, il n’y avait aucune raison politique ou militaire, indépendamment de considérations humanitaires évidentes, d’anéantir les populations civiles».
Quelques instants plus tard, penché en avant, les fesses à l’air et saisi d’une brutale envie de gerber, j’écoute mon proctologue, spécialiste ès trous du cul s’il en est, me confirmer qu’à l’évidence, nul philosophe à mèche, nul intellectuel cerclé d’écailles, nul dépositaire autoproclamé de valeurs droit-de-l’hommistes ne s’est manifesté pour relever ou dénoncer ces propos. Les oies blanches de la morale universelle n’ont pas cacardé dans la basse-cour de l’indignation médiatique, probablement avaient elles du foie gras à poêler ou quelques caricaturistes à griller sur la place publique.

Nonobstant quoi mon proctologue et moi avons décidé d’adopter une position dilatoire.

Et Dieu créa le Con

Le problème avec les cons, c’est que 1)Ils sont majoritaires. 2)Ils votent. 3)Je ne sais pas à quel moment exactement ça a glissé, dans les années 80 probablement, mais le fait est que le con est désormais sûr de lui, de son bon droit, de son mode de vie, de ses valeurs.

Pourquoi je pense que les années 80 marquent un tournant ? Parce qu’à mon avis, elles sont le retour de balancier de la décennie insurrectionnelle précédente.
Après les émeutes de la fin des années 60 dans tout l’occident, les années soixante-dix, en une queue de comète, furent marquées par l’envie de changer la société, de la remettre en question. Alors, les gauchistes disaient aux cons, nous pouvons changer les règles, suivez-nous, au début vous serez toujours aussi cons, mais on se chargera de vous faire évoluer.

Le con s’est méfié. Serait-il toujours lui-même, moins con ? Vertige identitaire…

Après avoir bien réfléchi, les réactionnaires ont trouvé le discours parfait: nous allons faire évoluer la société, nous allons libérer le capital, ne vous inquiétez pas, vous ne sentirez rien passer. Et surtout, nous vous aimons tels que vous êtes: cons.
Le con n’a nul besoin d’être moins con pour avoir sa part du gâteau. Nous nous empiffrerons tout le reste, mais vous aurez le droit de rester cons. Con is beautifull. Con est l’avenir. Con est partout. Con devient célèbre à force de persévérance. Con devient riche. Con passe à la télé. Votez Con.

Et donc, le con qui avait traditionnellement vocation à fermer sa gueule, ne se sent plus pisser. Dans une société où la réflexion, la culture, l’intelligence sont valorisées, le con rasait les murs. On ne le traquait pas, on ne l’enfermait pas, on ne cherchait pas à le réduire, non, on le laissait tranquillement vivre sa vie de con.
Mais quand c’est l’inverse qui se passe, le con devient vindicatif. Par nature, le con n’aime pas que l’on vive différemment de lui. Alors il traque, il enferme, il condamne, il exclut, il jette en prison, il matraque, il saque, il licencie, etc. tous ceux qui menacent d’une manière ou d’une autre de lui rappeler ce qu’il est : un con. Et que sa manière de vivre ne vaut pas mieux.

Alors comme dirait l’autre, il faudrait une bonne guerre, parce que c’est prouvé : pendant que les gens normaux vont voir ailleurs si j’y suis, pendant ce temps, la guerre tue statistiquement plus de cons…

Prohibitions

La nouvelle loi sur l’alcoolisme de Sainte Roselyne Bachelot, ministre de la jeunesse, de la santé et des sports, est un pur produit de science-fiction.

En effet, Mme ci-dessus nommée, prévoit d’insterdire les dégustations d’alcool gratuites dans les foires et caves ! Quelle drôle d’idée ! Rectification faite mardi 2 mars à l’Assemblée Nationale (quel drôle de métier !) , Mme la Ministre ne veut pas interdire les « fêtes traditionnelles » qui représente la culture française. Que les grands viticulteurs se rassurent : ils pourront toujours faire goûter les merveilleux produits du terroir aux grands bourgeois friqués venu d’outre-Atlantique dans leurs caves feutrées et sentant l’eau de cologne. Les plus petits continueront à exposer leurs productions dans les foires au vins, et tenter de vendre leurs caisses de Bordeaux moyen au Français moyen.

Ce que la loi interdira, c’est ces consommations festives, abusives d’alcool forts et très bon marché, répendues chez les « jeunes » et autres « étudiants », les forfaits open-bar. C’est du « mauvais boire » ou plus communément appelé « beuverie » pour la ministre, et cela ne représente pas l’esprit gastronomique français. Seuls les plus riches, fréquentant les salons viticoles, auront encore le droit de se voir offrir un verre. La jeunesse migrera alors dans les caves, les squatts (ce qu’elle fait déjà, que la ministre se rassure), pour faire exactement la même chose que lors de ces soirées open-bar, le côté comptable en moins : se détruire les neurones avec du mauvais whisky. Ô grandissante hypocrisie !

Bon je retourne finir ma bouteille, mais j’ai un doute : le Rhum agricole de Martinique ou de Guadeloupe, ça fait partie du patrimoine culturel et gastronomique français, à votre avis ?

Soutien au gouvernement

Camarades militaires, d’active et de réserve, en soutien au gouvernement, merci d’envoyer vos dons sous forme de balles Dum-Dum, 38 spécial ou 9mm à l’adresse suivante:

Nicolas 1er de la France
Elysée
Paris