Un minaret dans l’usine à chocolat

stop-minarets-suisse-udcJe remplissais ce matin d’énergie fossile non renouvelable le réservoir de mon véhicule et me gratouillais distraitement les roustons en comparant mon empreinte carbone à celle de Yann « Hugo Boss » Arthus-Bertrand quand la Vérité m’a frappé de stupeur au coin de son bon sens : nous vivons dans un monde d’abrutis.

Prenez la Suisse, par exemple. Ce pays calme et feutré. Ce petit écrin d’herbe à vache planqué quelque part entre le lac Léman, les Alpes et le Jura, où dépasser le chuchotement est une atteinte à l’ordre public, voir à la sécurité de l’Etat. Eh bien les habitants du coin –les suisses, donc- ne veulent plus de minarets sur leur petit lopin de terre. Pourquoi ? Parce que, qui dit minaret, dit arabe. Et qui dit arabe dit… heu… arabes.

C’est que, voyez-vous, il y a deux sortes d’arabes, pour le suisse. Le premier est l’arabe « Arabe », il doit sa majuscule à ses pétrodollars. On le chouchoute on le dorlote, on se jette à terre pour converser avec la semelle de ses godasses, on ramasse avidement les miettes dans son sillage, on le gratouille derrière l’oreille, bref, on lui suce la queue jusqu’à plus soif, car l’Arabe tiens une bonne part du produit national brut du pays par les couilles. Le second est l’arabe « musulman », du nom de la religion ivre de malheur et de destruction qu’il pratique avec une ferveur évocatrice. Il est pauvre et donc jaloux, alors il tue, lapide, burquaïse, égorge, viole, terrorise, immole, dissout, torture, détourne, détrousse, foule aux pieds, asservit, mutile, caillasse, trafique, complote, mitraille, pille, empoisonne, corrompt, enferme, infiltre, soudoie, dynamite, écartèle, et quand ces turpides activités lui laissent un peu de temps et d’énergie, il contraint une de ses nombreuses épouses ou prie son dieu infernal. Et c’est là que se pose le problème du minaret.

Car mettez vous à la place du suisse : vous rêvassez, vous vous imaginez le week-end prochain quelque part dans vos vertes et grasses prairies ondulantes, une de ces vallées bienveillantes à la bonhommie caractéristique et vous voyez un métèque à barbe qui grimpe, en remontant son espèce de robe pour ne pas marcher dessus, tout en haut de son improbable truc moche pour brailler un tonitruant « Allahouakbar » cinq fois par jour. Et tout d’un coup, ce sont des hordes de musulmans qui sortent de la télévision du salon –oui oui, de la télé du salon- et qui viennent tuer, lapider etc. dans vos vertes et grasses etc., puis très vite le Front d’Islamisation de la Suisse met la Confédération à feu et à sang et le rêve suave du paradis alpestre en lévitation au dessus des avanies d’un monde non civilisé est réduit en cendre ainsi que l’usine Rolex sise à Plan-Les-Ouate, Genève.

Comment voulez vous, à l’aune de ces horrifiques menaces, être frais et dispo pour compter l’argent sale le lundi matin au boulot ? En vertu de quoi, non aux perchoirs à barbus, Allah doit rester au raz du plancher. A ce moment de la démonstration -57% des suisses au minimum sont de parfaits abrutis-, les plus susceptibles d’iceux m’objecteront que « vous, en France, etc. » et le pompiste me réclamera soixante trois pétrodollars pour le plein. Soit. Certes. N’étant ni noire ni écrivaine et n’ayant été gratifié d’aucun prix littéraire, je ne suis tenu à aucun « devoir de réserve » envers la nation, et puis conséquemment affirmer à mes amis suisses qu’un minimum de 54% des français sont également de parfaits abrutis puisque c’est le score du vainqueur des dernières élections présidentielles, que l’on atteint les 80% dans le monde médiatico-politico-économique ainsi que dans les régions limitrophes à votre pays, et que l’on culmine à un flamboyant 100% à l’UMP, soit ses adhérents, ses militants, sympathisants, affidés et autres gratte maroquins ministériels de plus ou moins vile renommée (élargi aux époux(ses), concubin(e)s, vie maritale).

C’est qu’en France, en plus des arabes, on a aussi les noirs et les jeunes qui nous polluent l’identité nationale, soit de multiples occasions de déverser à chaque instant des flots de merde à ce point nauséabonde que je ne sais plus à quelle pourriture historique les comparer. Ajoutez à cela qu’une part non négligeable des pétrodollars que je viens de lâcher pour le plein de ma caisse finira probablement en Helvétie et vous comprendrez que le pompiste haïtien, tout en empochant mes craquants, me glisse subrepticement qu’il soupçonne qu’il faille soi-même être un abruti accompli pour « réussir » dans un tel monde d’abrutis.

Israël, tumeur maligne et camp de la paix.

A peine le mouvement de grève générale en Guadeloupe est-il consommé que s’épanouissent à nouveau, telles des renoncules qui flamboient sous la caresse enveloppante d’une touffeur vespérale et printanière, ces milles et une petites occasions quotidiennes d’exécrer son prochain.

Ainsi dans la douillette salle d’attente de mon proctologue.

Cependant que je m’ébaubissais d’y admirer, dans une vitrine en verre finement ciselé, une étonnante collection d’anus artificiels de toutes époques et de toutes origines, notamment un exemplaire ouzbek du XVIème siècle en véritable vessie d’auroch ouvragée au réalisme confondant, j’envisageais, sur une petite console située à coté d’une horloge franc-comtoise cachectique qui me semblait étrangement familière, une revue négligemment posée.

Le « Nouvel Observateur », en l’occurrence, dont je me saisissais sur le champ, non sans m’être assuré au préalable que j’étais bien seul (je l’étais à l’évidence, mis à part cet écorché grandeur nature qui m’exhibait sa tripaille sépia, luisante et craquelée tout en me fixant d’un œil sans paupières, que je ne puis qualifier que de torve), et je me délectais de cette sensation oubliée depuis de longues semaines déjà –le poids, entre mes mains, d’une actualité hebdomadaire.

Comment ce journal était-il arrivé jusque là ? Au prix de quels périls avait-il bravé le blocus, les incendies, les gendarmes et les barrages mobiles, la pénurie d’essence, de rhum, de télénovelas, les ravages du crack et des marges bénéficiaires pour finalement, au bout d’un mois d’errance, arriver ici ? Décidément mon proctologue avait le bras long et fortuné, comme en témoignaient les scanners colo-rectaux signés de nombreuses personnalités du show business, des arts ou de la politique joliment exposés sur les murs de la pièce comme autant de preuves d’excellence : soyez assuré que vous confiez votre fondement à une grosse pointure.

L’exemplaire du journal, dont le papier glacé commençait à se gondoler sous mes doigts moites d’une émotion fébrile, était daté du 5 février 09, avec en couverture cette photo de R. Dati, le port ampoulé, les traits brouillés d’une autruche en déroute, le regard perdu dans un vide qu’on devine tragique.
Allant de surprises en découvertes, je finissais par y rencontrer, page 78, Monsieur Avraham B. Yehoshua, « écrivain israélien partisan depuis toujours du camp de la paix » qui, interrogé à propos d’éventuels crimes de guerre perpétrés par Tsahal à Gaza lors de la « guerre » qui fit plus de 1300 victimes, répond que « Les Israéliens ayant toujours eu conscience de la démographie galopante des Palestiniens, bien supérieur à la leur, il n’y avait aucune raison politique ou militaire, indépendamment de considérations humanitaires évidentes, d’anéantir les populations civiles».
Quelques instants plus tard, penché en avant, les fesses à l’air et saisi d’une brutale envie de gerber, j’écoute mon proctologue, spécialiste ès trous du cul s’il en est, me confirmer qu’à l’évidence, nul philosophe à mèche, nul intellectuel cerclé d’écailles, nul dépositaire autoproclamé de valeurs droit-de-l’hommistes ne s’est manifesté pour relever ou dénoncer ces propos. Les oies blanches de la morale universelle n’ont pas cacardé dans la basse-cour de l’indignation médiatique, probablement avaient elles du foie gras à poêler ou quelques caricaturistes à griller sur la place publique.

Nonobstant quoi mon proctologue et moi avons décidé d’adopter une position dilatoire.

Guadeloupe : un assassinat et des émeutes

Le pire est donc arrivé aux toutes premières heures de la journée de mercredi.
J. Bino, fonctionnaire du trésor public, syndicaliste CGTGuadeloupe et militant du LKP, est mort par balles aux environs de minuit dans son véhicule à proximité d’un barrage érigé devant la « cité Henri IV », à Pointe-À-Pitre. Contrairement à l’information qui a été diffusée, ce n’est pas une mais trois balles qui ont atteint J. Bino ; une de ces trois balles a été immédiatement mortelle.
Le passager du véhicule que conduisait J. Bino n’a pas été blessé et ne fait pas partie de la famille de la victime. Les pompiers et les forces de l’ordre ont mis entre une heure et demi et trois heures pour arriver sur les lieux selon les sources (le décès est constaté à 2h20) du fait d’une « résistance de personnes qui se trouvaient sur le site» selon les mots du procureur de Pointe-À-Pitre, qui précise par ailleurs que le véhicule tentait de passer un barrage au moment des faits. Le passager a déclaré que le véhicule s’éloignait d’un barrage en marche arrière et effectuait un demi tour quand les coups de feu ont éclatés. Y. Jégo a utilisé, lors du journal matinal de la radio « RFO Guadeloupe », le terme d’« assassinat », mais sa déclaration n’a plus été diffusée ensuite.

La répression de lundi a été suivie de deux nuits d’affrontements avec les forces de l’ordre, de pillages et d’incendies. Ces émeutes ont éclaté sur tout le territoire, mais en très grande majorité dans la région pointoise. Des « symboles du pouvoir béké » ont été pillés et/ou incendiés (enseigne « Electro-nautic » ; centre commercial « Destrelland » ; concession automobile « CAMA » ; pneus « GUP ») », ainsi que de nombreux autres magasins, commerces, bâtiments publics, etc. D’innombrables poubelles, voitures, ainsi qu’une quinzaine de maisons abandonnées ont été incendiées Des « groupes de jeunes » ont affronté, parfois avec des armes à feu, les forces de l’ordre durant les deux nuits sur une quinzaine de sites différents, de nombreux coups de feu ont été tirés à proximité de deux stations essence et l’hélicoptère de la gendarmerie a été visé dans la nuit de mardi à mercredi à Baie Mahaut.

La journée de mardi a apporté un démenti cinglant à la répression de lundi puisque de nombreux barrages ont été érigés et ont quasiment bloqué tout trafic sur l’île. Parfois sur les très nombreuses carcasses fumantes de la nuit, souvent avec le matériel disponible à portée de main : arbres, poubelles, rochers, glissière de sécurité, voitures, frigo, panneaux de signalisation, lampadaires. Parfois, voitures, poubelles et pneus sont enflammés. Ces barrages sont tenus par des membres du LKP mais également, et c’est nouveau, par la population, notamment dans les Grands Fonds (Grande Terre) et entre La Boucan et St Rose (Basse Terre). Certains barrages sont évacués à l’approche des forces de l’ordre, puis reconstitués une centaine de mètres plus loin. Les affrontements recommencent à la tombée de la nuit.

Ce mercredi matin, il y a un mort et six blessés (par balles). La Guadeloupe se réveille sous le choc de la mort de J. Binot et des images des violences de la nuit. Tout au long de la journée, les acteurs de la crise appèlent au calme, à la responsabilité et à la désignation des responsables. Les barrages routiers se sont multipliés, le chiffre de quatre-vingt est évoqué, contre huit lors de la répression de lundi. Certains sont tenus par les membres du LKP, d’autres par la population, quelques uns par des « jeunes ». La circulation est très difficile voir impossible sur de nombreux axes, même pour les véhicules prioritaires.

Le bilan de cette vingt neuvième journée de grève est donc dramatiquement lourd. Les heures, les jours et les semaines qui viennent cristallisent plus que jamais les inquiétudes des guadeloupéens, que les prises de paroles de M. Alliot Marie (qui a évoqué le « LPK ») et N. Sarkozy (qui a parlé de la Guadeloupe comme d’un « TOM ») n’ont pas levées.

Repression en Guadeloupe

C’est une longue journée qui a débuté à l’aube, ce lundi 16 février. Le LKP, collectif qui mène la grève, souhaitait radicaliser le mouvement pour dénoncer la démission de l’Etat et la mauvaise volonté du patronat à négocier une sortie de crise. Huit barrages routiers ont ainsi été érigés sur les axes stratégiques de l’île ; ceux du Gosiers et de La Boucan vont être le théâtre d’affrontements violents avec les CRS.
Au Gosier, commune limitrophe de Pointe-À-Pitre, des arbres (des palmiers, en l’occurrence) ont été abattus en travers de la chaussée. Les CRS donnent un premier assaut à 7h du matin, puis un second à 8h30 ; il y a des échanges de grenades lacrymogènes et de cailloux, des matraquages, des piétinages et de nombreux blessés parmi les manifestants dont un responsable du LKP. Une vingtaine de personnes environ a été interpellée.
Au barrage de La Boucan, sur la commune de Sainte Rose, il y a eu comme au Gosier des charges, des interpellations, de la violence et des blessés matinaux, mais sous les yeux de la population qui a entonné des chants du LKP pendant que les forces de l’ordre traînaient des manifestants jusqu’aux fourgons.
Une partie des cinquante personnes interpellées au Gosier et à La Boucan a ensuite été transféré au commissariat de Pointe A Pitre. Une centaine de personne s’est réunie pour réclamer haut et fort leur libération puis rapidement la foule a grossit et c’est une véritable marée humaine qui a encerclé le commissariat, dont la rue était maigrement défendue de chaque coté par une vingtaine de gendarmes, que le service d’ordre du LKP a été littéralement obligé de protéger en maintenant à grand peine la foule à une dizaine de mètres des deux entrées. La tension monte encore d’un cran quand des CRS encerclent à leur tour la foule qui scande « libéré » (libérez les). Durant ces quelques dizaines de minutes, la situation peut tourner à la catastrophe à tout moment et E. Domota, leader du LKP prévient à l’antenne de radio Guadeloupe : «jol a zot la two piti…» (vos prisons sont trop petites [pour nous tous]). La pression est à son maximum et le procureur note qu’ « il n’y a pas de faits suffisamment graves […] ou d’individus défavorablement connus » pour justifier une détention au titre de « suspicion d’entrave à la circulation ».

Les manifestants interpellés sont libérés –une dizaine d’entre eux sera néanmoins convoquée par la justice au mois de juin- ; la foule s’est dispersée non sans manifester sa joie et son soutien au LKP : tout le monde se souvient que lorsque le syndicat des transporteurs (les « patrons des patrons ») avaient érigé des barrages et totalement bloqué le trafic sur l’île trois jours durant en décembre 08, nul CRS n’était venu les déloger et encore moins les matraquer ou les emprisonner.
Nous sommes alors en début d’après midi à Pointe A Pitre, en début de soirée en métropole. Les réactions et les condamnations pleuvent suite à ce début de répression. Le gouvernement appèle dans l’urgence à des initiatives collectives et à la concertation pour sortir de la crise car le mouvement a maintenant des répercutions nationales visibles. Le recours à la « violence légitime de l’Etat » est en ce sens une erreur fondamentale car il a obligé N. Sarkozy à sortir de son mutisme. Ce qui donne de fait une audience nationale au mouvement et à la principale revendication d’un LKP maintenant en position de force : une augmentation de 200 euros pour les bas salaires. Les débats ne font que commencer, en Guadeloupe comme en métropole.
A La Boucan, les affrontements ont continué toute l’après midi dans la confusion -le LKP précise qu’il s’est retiré du barrage aux environs de quinze heures- des voitures et des poubelles ont été incendiées, des passants, un cycliste et les CRS auraient été copieusement caillassés. Les CRS se seraient retirés vers 17h, mais ils s’opposent depuis 18h à des « jeunes cagoulés ».
A la tombée de la nuit, on signale ces mêmes affrontements entre CRS et « jeunes cagoulés » au Gosier et autour de l’université de Pointe A Pitre. On signale également que des barrages sont entrain d’être érigés sur les routes. Une autre grève commence demain matin, dès l’aube.

Grève totale en Guadeloupe : un danger pour la métropole ?

A l’entame de la cinquième semaine de grève totale en Guadeloupe, le conflit qui paralyse l’île s’exaspère.

Le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon (LKP) revendique toujours une meilleur répartition des richesses à travers une hausse des salaires ainsi qu’une baisse des prix, le MEDEF local continue de ne proposer que des solutions à son propre avantage et financées par l’Etat (suppression des charges patronales, etc.), et l’Etat tourne le dos aux problèmes avec un mépris ostentatoire : N. Sarkozy et F. Fillon ont annoncé leur ferme intention de ne pas se déplacer ; jetons un voile pudique sur la prestation et la sortie de scène de Y. Jégo et sur la crédibilité des deux médiateurs qu’il a abandonné sur place. Le LKP annonce donc un durcissement du mouvement pour cette cinquième semaine.
La particularité du LKP, c’est que c’est un collectif qui fédère un ensemble de syndicats, d’associations, de partis politiques, etc. qui se sont réunis autour d’un objectif commun : dénoncer la cupidité sans bornes d’une infime minorité –quelques familles, tout au plus- puis la mettre à mal en réclamant un réajustement dans la répartition des richesses en faveur de la population. Le terme de « Pwofitasyon » rend compte de cette cupidité, mais sa traduction, dans les médiats nationaux, en « exploitation outrancière » porte en elle-même, dans cette méchante redondance qui semble vouloir euphémiser une domination pluriséculaire, toute l’arrogance et l’aveuglement du regard métropolitain sur le « statut » des guadeloupéens et plus largement des habitants des DOM. La « pwofitasyon », c’est le goinfrage immodéré, sans gène et agressif, ni plus ni moins. Le terme de « lyannaj », lui, n’a pas été traduit dans les journaux nationaux. C’est bien dommage, car à lui seul, il rend compte de la substance du mouvement : lyannaj désigne l’action de nouer avec une liane. Il signifie donc que les membres du collectif, qui viennent d’horizons multiples, sont très solidement liés pour attendre un but commun et unique au-delà des intérêts individuels, catégoriels ou sectoriels. Ce lien fort et l’unité qui en découle transcendent les divergences et tirent leur légitimité tout à la fois de leur but et de leur raison d’être : mettre fin au goinfrage.

C’est exactement ce type de lien que l’ex-LCR d’O. Besancenot tente d’instaurer avec la création du Nouveau Parti Anticapitaliste. M. Aubry a donc de « bonnes » raisons de « craindre » la propagation du mouvement social guadeloupéen au territoire de la métropole : l’essence même du « Lyannaj Kont Pwofitasyon » pourrait bien inspirer les partis, associations, collectifs, etc. de gauche (sauf le PS, visiblement) pour l’organisation et la structuration d’une contestation sociale de large ampleur.
Le problème des Guadeloupéens, en tous cas celui que dénonce le LKP c’est donc l’appropriation de richesses colossales par un tout petit nombre d’individus et aux dépends de la population. On parle de situations de monopole ou de quasi monopole dans tous les secteurs clé de l’économie –les importations, la distribution, le transport, l’immobilier, etc. mais également de captation d’argent public ou de privatisation de divers « cadeaux fiscaux » par quelques familles békés (blancs pays, descendants des colons) guadeloupéennes ou martiniquaises. Cette appropriation de richesses apparaît comme doublement illégitime car d’une part elle se fait sur le dos de la population de manière directe –les positions de monopole sont très largement responsables d’un « coût de la vie » plus élevé qu’en métropole d’environs 40%- et de manière indirecte –le revenu moyen en Guadeloupe est inférieur de 30% à celui de la métropole en dépit que des sommes astronomiques d’argent publique aient été et soient encore englouties au titre du « développement économique ».

D’autre part, cette appropriation avide de richesses par quelques familles békés apparaît comme illégitime car elle est l’essence et le moteur qui fait –et fera- perdurer une situation néocoloniale (une domination exercée par une minorité et légitimée par la notion de race) qui prend racine dans l’esclavagisme. Invité sur France Inter le dimanche 15 février, R. Soubie, conseiller de N. Sarkozy en charge des questions sociales, a ainsi eu ce commentaire à propos du MEDEF guadeloupéen : « le patronat, je ne dirais pas qu’il joue le jeu [des négociations]… Il y a un passé très difficile… ». Soit un constat lucide de la situation, mais également une élégante façon de se défausser.
Au regard de cette configuration socio-historique particulière, envisager la propagation du mouvement de grève générale au territoire de la métropole apparaît donc pour le moins absurde. Cependant, la structure organisationnelle dont s’est doté la contestation sociale en Guadeloupe est de forme inédite et potentiellement opératoire dans d’autres configurations socio-historique particulières. C’est ce qui inquiète dans certains milieux politiques alors que dans d’autres, on se dit que si la « pwofitasyon » est paroxysmique en Guadeloupe, elle ne lui est pas exclusive.

Cher lecteur,

Le bon geste techniqueParce qu’il n’y a aucune raison pour que les dirigeants de nos grandes banques soient les seuls à devoir renoncer à une petite gratification sonnante et trébuchante pour leurs bons loyaux services, la rédaction de Chinaski.fr ne saurait accepter les nombreux témoignages de sympathie reçus du monde entier, bien que leur masse volumique variable et leur frénétique occurrence nous aient obligé à bakchicher le facteur que nous soupçonnions pourtant d’accointance avec la nébuleuse collectiviste.

C’est donc mû par de légitimes soucis d’éthique et de décence que vos très nombreux signes d’amitié et de soutien ont été cédés à plus ou moins vil prix en des lieux interlopes mais adéquats et que les fonds ainsi levés ont été transférés pour partie sur l’île de Guernesey que vous pouvez, en toute transparence, voir depuis les remparts de St Malo (par temps clair), et en partie versés à la Fondation pour la Recherche sur l’amnésie post-coïtale, fléau qui frappe sans distinction hommes et femmes dans toutes les sphères de notre société.

De plus et dans un soucis d’humanisme, les trois jeunes femmes d’origine turkmène qui sont venues dans nos bureaux de la part de « Piotr » ont ensuite été libérées et remises aux autorités compétentes malgré des invectives auxquelles ni les pandores ni nous-même n’avons entendu goutte, la prestation (par ailleurs très moyenne) étant censée être payée à l’avance.

Mais ces tracasseries administratives ont été vite oubliées, car suite à un hallucinant enchaînement de phénomènes météo déchaînés totalement indépendants de notre volonté, nous n’avons pas pu nous rendre sur les points chauds de la planète pour vous relater en direct l’état de délabrement de l’humanité avec le talent et l’éloquence qui nous caractérisent : le moteur 2.2GTD de notre Renault Fuégo de fonction a vomi son dernier souffle huileux après qu’un rédacteur diabétique ait eu l’à-propos de pisser sa bière dans le réservoir pour dégeler le gasoil ; le temps que Bebert, le mécano du Speedy de la rue des Carmélites, fasse un échange standard (avec le 2.5turbodiésel de la R25 de l’ancien préfet de police, déniché chez un ferrailleur contre 72 euros en petites coupures non marquées), il était trop tard pour se rendre en (ex) Palestine et à l’investiture d’Obama pour faire notre job, bien que notre véhicule disposât dès lors de 137 chevaux DIN.

C’est en compagnie de ce fringuant équipage, méprisant les radars et bravant le tempête en direction du port de Bordeaux, que nous avons appris que notre informateur, qui devait nous trouver un embarquement pour la Guadeloupe où sévit une grève générale, avait perdu ses capacités neuromotrices après avoir découvert sa femme au lit avec le grand chêne du voisin. Il n’était pourtant pas question de passer à coté de ce grand reportage mais nos maigres économies ayant été placées à mauvais escient chez un investisseur new yorkais, il nous fallut quelques jours pour trouver un embarquement clandestin en direction de la Caraïbe, puis arriver à destination (au terme de péripéties dont je vous épargne le détail pour ne pas alourdir mon propos), et être enfin, enfin à pied d’œuvre pour observer et vous relater avec quelle vigueur le pavé impacte au terme d’une trajectoire sifflante et hyperbolique la visière du CRS avec un angle d’environ 45°, étant admis qu’un écart à la moyenne de plus ou moins 4° n’a que peu d’incidence sur la qualité de la fracture subséquente.

Cordialement
Molise

Il est mooort, il est mort le soleeeeil

Une affliction éplorée et digne, mais aussi des scènes d’hystérie avec arrachage de vêtements et de cheveux,  des bouillies de légumes régurgitées par le nez ou encore des suicides collectifs au Risperdal : le décès soudain de Derrick a frappé de plein fouet le petit monde des hospices municipaux.

Anarchy in the U.E.

Ami lecteur, l’heure est grave, l’instant solennel, et par conséquent la minute nécessaire.

Des quatre coins de l’Union surgissent en effet des forces obscures qui mettent à mal les cordes vocales des orfraies médiatiques et le juste repos du citoyen. Des anarchistes, des anticapitalistes, des ultras, des nihilistes, des radicaux, des autonomistes, des marxisants, un cadavre et quelques jardiniers. Des punks.

Nous entendons d’ici monter la rumeur purpurine de leur hordes vindicatives et ils viendrons bientôt jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes, violer nos filles à la chaîne et avec toutes sortes d’instruments oblongs avant de les envoyer tapiner à Tarnac, faire du marché noir avec les morceaux de choix de nos animaux domestiques et le Popovitch du salon, torcher au goulot nos meilleurs crus millésimés tout en se gratouillant les parties génitales au travers de dessous d’autant plus répugnants que la salle de bain a été collectivisée.

Face à l’urgence de ce péril imminent, il convient donc de faire sonner le tocsin, le cor de chasse, la sirène de l’usine et l’unité nationale. L’ennemi est entre nos murs et ne cessera de ronger la moelle de nos valeurs qu’une fois ses sillons abreuvés de nos livrets «A» ; si vous suspectez quiconque d’accointance avec l’anarcho-punkisme, demandez lui de baisser ses pantalons pour vous assurer qu’il arbore bien un « piercing » ou « épingle de nourrice » sur les organes reproducteurs (male ou femelle), puis appelez le 0820.51.24.48 et faites œuvre de salubrité publique pour le coût d’un appel local.

Si votre âme demande des comptes à votre conscience, dites vous bien que certaines voix sont comme autant de freins inutiles à la relance économique et méditez sur ce fin commentaire politique d’un spécialiste ès grandes boucles et petits braquets à la TéVé d’Etat : « Oulalatention, Devedjian à la relance, Patrick Devedjian à la relance, il a sorti les jambes, le français…quelle formidable partie de manivelle, il fait les bordures, Devedjian à la relance et en costaud alors qu’on me signale dans l’oreillette de la moto que Rachida Dati, maillot à pois de la meilleure grimpeuse, est inexorablement abandonnée en morne plaine. Oulalalala quelle sensation Jean René !!! ».

Vous comprendrez donc qu’il soit fortement conseillé de faire des stocks de topinambours, de chicorée, de tapioca et de farine de lentilles, de faire livrer prestement 1m-cube de sable diam.0.1/0.1, ainsi que 433 sacs en toile de jute 50 litres et une pelle Peugeot, puis prendre le temps, en affûtant le fil de la baïonnette, de méditer cette interrogation essentielle entre toutes : faut-il décrêter les punks ?

Une vie après le communisme ?

Pour améliorer ses maigres revenus après son retrait du PCF, Robert Hue à signe un important contrat publicitaire et sera la nouvelle mascotte des magasins Jardiland pour les quatre ans à venir.

Futur plan Grand Froid : les propositions des experts

Crée dans l’urgence par Christine Boutin pour répondre au drame humain de ces SDF qui ont le mauvais goût de crever dans nos riants espaces verts parce qu’ils refusent connement de passer la nuit au chaud, le comité Anti Calanche de Pouilleux rendra ses conclusions à l’Elysée ce jeudi après trois semaines d’enquêtes et de consultations tous azimut.

Peu d’informations ont filtré sur les conclusions du rapport mais une préconisation semble d’ors et déjà faire consensus dans les milieux de l’urgence sociale par son pragmatisme et son faible coût : équiper les SDF de gilets de sécurité pour mieux les localiser les nuits de grand froid.

Mais le gros morceaux du rapport du comité Anti Calanche de Pouilleux est cette proposition, véritablement révolutionnaire, qui verrait s’associer l’Etat et deux poids lourds du PIB français dans un élan commun et volontariste pour mettre fin aux tragédies. Cette proposition, inédite, s’appelle Renault Megane3 série limitée Century21.

Comme pour toutes les Renault Megane3 en finition « Ambition Attractive », le résident, en échange d’un modique loyer de 367 euros par mois pris en charge par la CAF, dispose d’une climatisation bi-zone, d’une boite à gant réfrigérée pouvant contenir 23 litres de Viandox, de phares, essuie-glaces et feux de détresse automatiques, de sièges chauffants avec appuie tête anti coup du lapin, d’une cuve à mazout de 67 litres fermant à clé et d’un autoradio offrant une excellente réception de France Info.

La série spéciale « Century21 » ajoute à cette (déjà large) dotation de série un thermomètre intérieur/extérieur, un astucieux système de compartimentage du coffre pour ranger ses effets personnels, des housses de siège hypoallergéniques, des pare-soleil « Abbé Pierre » à ventouser sur les vitres pour plus d’intimité, un double cendrier et un réceptacle à crottes de nez, une connexion « bluetouffe » permettant de mater des hentaï sur l’écran GPS de la console centrale, des jante en inox de 17 pouces pouvant servir de barbecue et un accès direct au cric, véritable gage de sécurité en ces temps incertains où tant de gens se retrouvent à la rue.

Relancer les secteurs de l’automobile et de l’immobilier en les associant pour préserver les citoyens de l’indignante découverte d’un SDF surgelé lors de la promenade matinale de Médor, voilà une proposition innovante qui ne manquera pas de provoquer un acouphène favorable dans l’oreille de l’hyperprésident.