Deuxième round avec un second chant(cre) de notre glorieuse chanson française : Vincent Delerm (Tes parents)

Vincent Delerm Live !!!Tes parents ce sera peut-être

Des professeurs de lettres Les deux !!? Arrêtez de vous reproduire entre vous, c’est dégueulasse à la fin!!

Branchés sur France Inter

Et qui votent pour Les Verts Ouais nous aussi on kiffe St Etienne!!

Chez tes parents dans ce cas-là

Y aura Télérama

Un album sur Colette

Et le chauffage à dix-sept Putain, on va se geler les grelots! Bon, si c’est à la campagne, il y a Bénabar, il a dit qu’on pourra se prêter des pulls…

Mais tes parents si ça tombe

Aiment bien faire le tour du monde

Aller dans les pays chauds

Et ramener des diapos Et des statuettes sculptées à la main, je parie.

Pour Noël si ça se trouve

J’aurais un bouquin sur le Louvre Et s’ils sont échangistes, t’auras un bouquin sur le fist?…

Si ça se trouve tes parents

Sont un tout petit peu chiants Ben vous allez vous entendre!!

Je suis prêt à tout accepter

Figaro Madame ou Libé T’as pas de face, en fait…Tu pourrais aussi accepter de fermer ta gueule.

Je suis prêt à faire des concessions

Manger de la cervelle de mouton Mange z’y plutot les couilles des fois que ça t’en fasse pousser…

Je suis prêt à tout pour que ça passe

Caresser leur chien dégueulasse Voir remarque précédente.

Supporter toute la Traviata

Et même regarder Thalassa Tu le faisais pas déja?…Vas-y, des fois que ca te donne envie de te noyer

Mais tes parents pourquoi pas

Font du ski dans le Jura Ben ouais, dans les Landes c’est chiant le ski!

Cinquantaine ils s’éclatent

A l’avant du quatre-quatre Une fille de prolos, t’en veux pas, mais une fille de beauf ca te dérange pas…

Si tes parents nous traînaient

Faire du golf au Touquet

Peut-être que tes parents

On les verrait pas souvent C’est quoi que ca veut dire que ce couplet?

Mais tes parents c’est probable

Le samedi jouent au scrabble C’est honteux!!!!

Ils viennent juste de s’inscrire

Dans la chorale de Riquewihr Peut-être que eux ils savent chanter au moins…

Tes parents au café

Commandent un quart Perrier C’est plus honteux, c’est carrément un scandale!!!

Tes parents c’est peut-être

Des gens à la retraite T’es en train de nous embrouiller, là. C’est bon, on a compris, tu veux nous dire que ta gonzesse est probablement majeure, c’est ça ?

Je suis prêt à tout accepter

Figaro Madame ou Libé Et Minute?

Prêt à trahir mes convictions Utilise pas des mots que tu comprends pas.

Manger des huîtres au réveillon On frise le sublime.

Je suis prêt à tout pour que ça passe

Dire du mal du voisin d’en face

Supporter les Opel Vectra Pourquoi tu militais contre? Decidemment, t’es vraiment un rénégat!!

Et même regarder Thalassa Fais gaffe tu vas finir par énerver un breton…

Parlé (ouf!!)

Et tes parents c’est peut-être des gens biens

Qui regardent les soirées spéciales Joe Dassin On voit pas trop le rapport, mais bon.

Et puis qui disent : « Ben non tant pis on fera la vaisselle demain matin » Feignasses!! Putain de fonctionnaires!!

Avec ta mère qui veut toujours qu’on rapporte les restes de la blanquette

Quand on rentre le dimanche soir à la Porte Champerret Fais gaffe on sait où t’habites maintenant!

Et puis ton père qui me demande :

« Alors Vincent ! Quand est-ce que vous faites un disque ? » Ben, il a qu’a lire Télérama et il saura…

Je suis prêt à tout pour que ça passe

Caresser leur chien dégueulasse

Ouvrir les boites de Canigou Oué bonne idée, t’es pas chiche d’en ouvrir une avec ta glotte!?

Chloé m’a tellement parlé de vous

Chloé m’a tellement parlé de vous Chloé, c’est la chienne dégueulasse? Et elle parle!!??

Les 3 Royaumes, naissance d’un nanard.

Vous avez aimé ce passage, dans Le Seigneur des Anneaux, où l’espèce de créature transgenre Légolas s’immobilise en plein footing dominical, prend l’air inspiré en levant la tête aux étoiles et lache sentencieusement: « Le ciel rougeoit. Beaucoup de sang a coulé cette nuit »?

Alors courrez voir Les 3 Royaumes, le dernier film de John Woo.

Car, entre quelques scènes d’action à budget vertigineux et néanmoins ennuyeuses, vous assisterez pendant presque 3 heures à un festival d’aphorismes foireux, sentences débiles et dialogues affligeants de balourdise, dans la plus pure tradition Vandammienne, quelque part entre Barbara Cartland et Jean-Pierre Raffarin.

Merci, John. Car si, au départ, le film n’est pas censé faire rire, j’ai grâce à toi passé un super moment de poilade.
Je ne sais pas si toute la salle se bidonnait, mais en tout cas, avec les spectateurs autour, devant, derrière, sur les cotés, on s’est bien fendu la gueule. Une ambiance conviviale avec des inconnus, comme ça, un vrai partage, c’est pas tous les jours que ça arrive.

Donc, merci John. Merci d’avoir titillé notre imagination, car pendant trois heures, tu suscitas chez le public un véritable festival de créativité, c’était à celui qui sortirait la plus grosse connerie en réaction à ton nanard ultime.

Il y en eut de bonnes, et pour conclure, je citerai logiquement la toute dernière saillie lumineuse du film, d’autant qu’un tel déluge ne permet pas de les retenir toutes.

Alors que les gentils ont gagné, qu’ils ont, grâce à un monsieur météo super efficace qui lit les changements de direction du vent dans le marc de café, réussi à foutre une branlée à une armée adverse vingt fois supérieure en nombre, le super général des super gentils contemple les cadavres sur le champ de bataille où une femme, gentille elle aussi, tient dans ses bras la tête d’un soldat inconnu mort au champ d’honneur tout en regardant on ne sait pas trop quoi dans le ciel, mais ça a l’air triste, le super général donc, celui qui au cours du film a dézingué environ 168 gaziers à coups de lance, épée, sabre, couteau et autres objets tranchants ou contondants, se rendant soudain compte que la guerre c’est moche, confondu par l’ampleur du massacre, le regard perdu à l’horizon dans un océan de détresse, lache: « Nous avons tous perdu aujourd’hui. ». Et là, ça s’arrête. Noir. Générique.

Et un des rigolos du public de s’écrier:  « Tu l’as dit, bouffi! ».

Et Dieu créa le Con

Le problème avec les cons, c’est que 1)Ils sont majoritaires. 2)Ils votent. 3)Je ne sais pas à quel moment exactement ça a glissé, dans les années 80 probablement, mais le fait est que le con est désormais sûr de lui, de son bon droit, de son mode de vie, de ses valeurs.

Pourquoi je pense que les années 80 marquent un tournant ? Parce qu’à mon avis, elles sont le retour de balancier de la décennie insurrectionnelle précédente.
Après les émeutes de la fin des années 60 dans tout l’occident, les années soixante-dix, en une queue de comète, furent marquées par l’envie de changer la société, de la remettre en question. Alors, les gauchistes disaient aux cons, nous pouvons changer les règles, suivez-nous, au début vous serez toujours aussi cons, mais on se chargera de vous faire évoluer.

Le con s’est méfié. Serait-il toujours lui-même, moins con ? Vertige identitaire…

Après avoir bien réfléchi, les réactionnaires ont trouvé le discours parfait: nous allons faire évoluer la société, nous allons libérer le capital, ne vous inquiétez pas, vous ne sentirez rien passer. Et surtout, nous vous aimons tels que vous êtes: cons.
Le con n’a nul besoin d’être moins con pour avoir sa part du gâteau. Nous nous empiffrerons tout le reste, mais vous aurez le droit de rester cons. Con is beautifull. Con est l’avenir. Con est partout. Con devient célèbre à force de persévérance. Con devient riche. Con passe à la télé. Votez Con.

Et donc, le con qui avait traditionnellement vocation à fermer sa gueule, ne se sent plus pisser. Dans une société où la réflexion, la culture, l’intelligence sont valorisées, le con rasait les murs. On ne le traquait pas, on ne l’enfermait pas, on ne cherchait pas à le réduire, non, on le laissait tranquillement vivre sa vie de con.
Mais quand c’est l’inverse qui se passe, le con devient vindicatif. Par nature, le con n’aime pas que l’on vive différemment de lui. Alors il traque, il enferme, il condamne, il exclut, il jette en prison, il matraque, il saque, il licencie, etc. tous ceux qui menacent d’une manière ou d’une autre de lui rappeler ce qu’il est : un con. Et que sa manière de vivre ne vaut pas mieux.

Alors comme dirait l’autre, il faudrait une bonne guerre, parce que c’est prouvé : pendant que les gens normaux vont voir ailleurs si j’y suis, pendant ce temps, la guerre tue statistiquement plus de cons…

Idiocracy

J’ai vu ce film, récemment. Je crois qu’il n’est même pas sorti en salle, ou alors, dans une totale discrétion.

Pour la référence, et les aficionados de séries à la con, c’est les mecs de « Beavis and Butthead » qui l’ont fait…

C’est un gentil nanard, mais on se marre quand même, d’autant que l’idée de départ est séduisante: l’armée américaine (ben évidemment, pas l’armée du Costa Rica) met au point une machine à voyager dans le temps. Les gentils gradés en charge de l’opération décident d’envoyer un gugusse si je me souviens bien, cinquante ans plus tard.

Ils se disent alors qu’il serait pas mal pour représenter l’humanité du début du XXIème siècle, de choisir un type moyen en tout. Taille, QI, opinions, couleur de peau… Enfin, blanc quoi,parce qu’il faut pas déconner, s’ils le prennent pour un islamiste ou un feignant à son atterrissage, ça le fait pas. Pis y vont pas envoyer un jaune, quand même, merde, ils ont leur dignité…

Enfin bref, ils finissent par trouver leur pigeon dans un bureau miteux aux archives dispensables de la grande muette. Et ils réussissent à le convaincre, sinon le film s’arrête là.

Notre gars prend donc place dans la machine, tout se passe bien, sauf que le technicien préposé à la surveillance s’endort connement, et le cobaye se retrouve projeté 1000 ans plus tard… dans un monde où l’humanité a régressé, où les hommes sont devenus tellement abrutis que lui , le moyen en tout, se trouve largement plus malin que la moyenne, à tel point qu’il finira Président de le Monde.

Je vous laisse méditer sur cette belle parabole, tout en vous conseillant le visionnage de ce gentil opus qui parait-il, a fait l’objet d’une plainte en diffamation conjointe de Georges Bush, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi.

Il est mooort, il est mort le soleeeeil

Une affliction éplorée et digne, mais aussi des scènes d’hystérie avec arrachage de vêtements et de cheveux,  des bouillies de légumes régurgitées par le nez ou encore des suicides collectifs au Risperdal : le décès soudain de Derrick a frappé de plein fouet le petit monde des hospices municipaux.

Marc Lévy Style

Dans l’excellent Jourde et Nauleau, précis de littérature du XXIème siècle , aux éditions Mango, les auteurs décortiquent avec un humour féroce la prose des principaux écrivains à succès du moment: Angot, Sollers, Labro, Gavalda et plein d’autres se font intelligemment étriper, et c’est avec un plaisir non dénué d’une certaine perversité que nous contemplons hilares leurs ultimes soubresauts dans une mare d’encre.

Après l’analyse critique des ouvrages de Marc Lévy, sont proposés quelques pastiches d’exercices pour prétendants au Bac de français, dont celui ci:

L’Etranger, d’Albert Camus, commence ainsi:
Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile: « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.

C’est un peu sec, ça manque de vibrations et de sentiment. Vous tenterez de rewriter cette médiocre entrée en matière en vous inspirant des leçons de Marc Lévy.

Corrigé:
La douce lumière de la lune s’étendait sur les grandes lattes de bois fauves du parquet, et venait caresser les très jolis bibelots de collection qui ornaient çà et là les meubles choisis avec un goût très sûr. Par les vastes baies vitrées, on apercevait les vagues qui s’ébattaient sur les sables de Long Island. Pelotonné sous sa couette, Edward dormait profondément. La sonnerie stridente du téléphone vint troubler la quiétude de la nuit. Edward finit par décrocher. Sur la table de chevet, la pendule indiquait 3 h 40.
– Allô ? fit-il d’une voix ensommeillée.
– Edward ?
– Bill ? Qu’est-ce qu’il y a ? Ta dernière conquête t’a posé un lapin et tu éprouves un urgent besoin de tendresse ? Tu t’es encore disputé avec Ellen ?
– Edward…
– Ecoute, vieux, il est bientôt quatre heures du matin, je sais que tu es de garde à l’hôpital et que tu t’ennuies, mais tu dois t’y faire, il arrive aux gens normaux de dormir. Pourquoi n’essaies-tu pas avec une infirmière ? Je croyais que vous en aviez de très regardables, en stock.
– Ed, il s’agit de ta mère.
Edward réalisa brusquement que la voix de son ami, à l’autre bout du fil, trahissait une tension inhabituelle. Sa mère, Shelly, était hospitalisé depuis deux jours au Presbyterian Hospital pour un incident bénin.
– Maman, souffla-t-il d’une voix étranglée.
– Il va te falloir du courage, Ed.
– Mais comment…
– Le coeur a lâché. Elle est morte dans mes bras.
– Maman…
– Elle est partie en paix, Ed. Elle m’a dit qu’elle veillerait sur toi, là-haut.
Quel jour était-ce ? Dimanche ? Edward ne savait plus. Sa pensée s’égarait. Son cri réveilla les échos de la vaste maison.

Surpopulation carcérale

Après Jérome Kerviel, un trader de la Caisse d’Epargne est placé en garde à vue, soupçonné d’abus de confiance ayant entraîné une perte de 750 millions d’euros pour la banque. A peine libéré, Monsieur X, incarcéré 3 ans durant pour revente de résine de cannabis à hauteur de 12,5g, postule au poste laissé vacant: « Je peux pas être pire que lui à ce poste. Je lui laisse ma place et tous mes posters de Rachida Dati… ».

Droits d’auteur

Bénabar a subtilisé la liberté de penser de Florent Pagny pour imaginer le titre de son dernier album qui sortira dans les bacs (à sable) le 20 de ce mois : Infréquentable.

Frédéric Diefenthal est toujours vivant.

Alors que son collègue Guillaume Depardieu succombait à une pneumonie foudroyante à l’hôpital de Garches, nous apprenions que le fraîchement quadragénaire acteur Frédéric Diefenthal avait bel et bien contracté un petit rhume au début du mois d’octobre.

Fils d’un père et d’une mère notoirement inconnus, l’acteur passa une enfance tranquille dans le Gers où il fut même un temps coiffeur (véridique, comme quoi les expériences de la jeunesse sont fondatrices…).
Le cinéma français lui doit quelques rôles flamboyants dans des chefs-d’oeuvres du 7ème art aussi corruscants que Taxi 1,2,3 et 4, Belphegor, ou encore L’incruste.

Contrairement au cabossé Depardieu, les notions de risque, de vitesse, l’abus de substance psycho-actives et l’hypersensibilité semblent ne pas faire partie de l’univers diefenthalien. Le comédien gersois évolue dans un registre bien particulier: inspirée de la méthode Actor’s Studio, la très stanislavskienne méthode TF1 pousse l’intériorisation dans ses retranchements. L’acteur du prime-time cherche au plus profond de lui ces émotions complexes qui surviennent brutalement aux hasards de la vie, et il les garde pour lui.
Car il s’agit de ne pas ébranler la conscience du troglodyte pavillonnaire par l’étalement pathologique d’une sensibilité bien comprise, voire assumée. Ici, on est pas des pédés. Donc, quoiqu’il arrive à son personnage, le prime-time-actor doit montrer que cela dépasse largement ses facultés cognitives.
Fred excelle dans ce registre où la concurrence est rude. Par exemple, quand dans un film Fred joue sa vie au Poker, on a surtout l’impression qu’il lutte pour ne pas oublier les règles…
Par un retournement de situation qui tient du tour de force, Fred prouve à ceux qui en doutaient encore que la norme communément admise, qui cherche une « densité » à la présence de l’acteur, possède un revers tout aussi spectaculaire, à savoir l’incarnation subtile d’une « présence floue ».

Intériorisation, dilatation: un concept en deux temps, qui pour paradoxal qu’il puisse paraître, n’en demeure pas moins promis à une morne et cependant longue existence…

Quand à Guillaume Depardieu, il manque déjà aux derniers mohicans qui aiment encore le cinéma…

Crisis what crisis ?

Les experts en sont à présent convaincus : le renversement du marché de l’immobilier à l’origine de la crise actuelle a bien pour origine la sortie du 2nd album de Carla Bruni-Sarkozy.