Un livre de Anna Gavalda…

…c’est un peu comme trouver un verre d’eau vide dans le désert : ça sert à rien, ça énerve, ça vous donne envie d’égorger votre chameau et d’inventer des religions monothéistes à la con pour punir la planète entière…
Bon, j’exagère un peu. A la vérité, un livre de Anna Gavalda, ça vous en touche une sans bouger l’autre.
Ah… Anna… j’ai pourtant essayé, de te lire. Et ta prose lénifiante m’a pris en traître…

J’ai vu soudainement l’implacabilité du temps qui passe, Tempus fugit, comme dirait le Pape, comment il s’appelle, déjà ?
Donc, le temps passe… Et tout à coup, soudainement, au détour d’un rebondissement aussi imprévisible qu’une tache de moutarde rance sur la chemise d’un VRP, j’ai compris, Anna, que j’aurai pu t’aimer, du temps de ma jeunesse folle et follement enfumée. Je me serais laissé bercé, adolescent défoncé à la colle à rustine, par ton chant romantico-ésotérique dépressif…

Mais non.
Quelle mocheté, la vie. Pourquoi ne t’ai-je rencontrée plus tôt ?
Pourquoi le destin ne nous a-t-il pas réuni en d’autres temps, sous d’autres cieux, vers d’autres horizons, d’autres perversions polymorphes et d’autres incommunicabilités régressives?
Nous aurions pu vivre un genre d’idylle, toi et moi. J’aurai fait l’homme un peu rustre mais généreux. Tu aurais fais la femme sensible mais forte. Toi et moi, nous gambaderions sur une plage de sable noir comme il en existe sur les iles volcaniques et françaises du Pacifique, pas que les françaises mais bon, je vois pas de raison d’aller chez les sauvages, donc je disais, nous baguenauderions sur les plages de sable noir à la recherche de quelque perversion monomaniaque, de quelque platitude à énoncer devant un majestueux -forcément majestueux- coucher de soleil…

Un jour, j’en ai l’intuition, je le sais, j’entends le murmure du destin : Alzheimer me saisira… alors…toi…moi…le sable…j’en frissonne d’avance.
Euh non, ça c’est Parkinson…
Enfin bon, un jour, toi, moi, la perversion molle, les clichés putrides, les couchers de soleil, la mer, l’horizon infini, forcément infini et l’amour, éternel, forcément éternel…

François Bayrou contre les hadrons du CERN

Qu’il arrive bientôt, ce scientifique qui s’attachera à l’étude du génome de l’Homo Politicus. Car il n’est pas possible que soit acquise une telle faculté à prendre avec autant de constance, jour après jour, les gens pour des cons. Il existe forcément un gène, qui devra être dépisté au plus tôt pour empêcher ces individus de nuire, qui favorise chez son porteur le besoin de se battre à mort, d’abord contre ses propres amis, puis contre ses prétendus ennemis, pour au bout du compte, une fois élu, décrocher le droit de légiférer à tour de bras pour l’infantilisation et le flicage de millions d’individus.
Si la piste bio-génétique s’avère infructueuse, peut-être faudra-t-il songer à la piste quantique. Cette nouvelle manière d’expliquer l’Univers, inventée par Bohr et quelques autres au début du XXème siècle, est à l’origine des expériences qui se déroulent actuellement au Cern de Genève. Dans le plus grand anneau d’accélération du monde, les scientifiques vont observer le résultat de collisions entre particules fonçant l’une vers l’autre à presque la vitesse de la lumière. De nouvelles théories sur le monde en découleront probablement.
Et c’est aujourd’hui que ça se passe!
Chinaski propose de ne pas gâcher, et de conserver le même protocole scientifique pour l’accélération de François Bayrou.

Rentrée littéraire

Les critiques unanimes encensent le dernier livre de Catherine Millet, Jour de Souffrance. Même le Michel Drucker de l’imprimerie de masse, Bernard Pivot, reconnaît des qualités à ce livre de Catherine qui, contrairement à son prédécesseur et contre l’avis de son éditeur, se lira des deux mains. Bon, je l’ai pas lu. Et je le lirais pas. Mais si quelqu’un a des choses à dire…
Pour la photo, c’est Sasha Grey, un genre de Catherine Millet situationniste…mais vous êtes assez grands…

Jean-Luc Godart est suisse. Chuck Norris, non.

Dans Le bon, la brute, le truand, le monde se divise en deux catégories : ceux qui passent par la porte, et ceux qui passent par la fenêtre. Ou encore, ceux qui tiennent le flingue, et ceux qui creusent.

Sergio Leone devait trouver ces répliques amusantes, il ne pouvait se douter que le cinéma français, peuplé d’artistes fragiles, sensibles, trop sensibles, des écorchés vifs au cœur vaste et à l’âme pure quoique légèrement maculée de mercantilisme honteux, allait s’en trouver profondément et durablement traumatisé : car depuis, le cinéma français tend à se diviser en deux catégories…

D’un coté, la comédie pour le bon peuple, où la règle des trois gags par film, probablement émise par quelque éminent statisticien du siècle dernier, et qui suggère aux scénaristes de ne pas gâcher inutilement leur talent puisque l’analyse des chiffres prouve qu’un film fait suffisamment d’entrées dès lors que le spectateur rit en moyenne 2,87 fois au cours de la projection, fait loi.

Et de l’autre, le film pour lecteur de Télérama, dont l’archétype est un homme blanc, professeur des collèges, probable ancien socialiste converti par les passions d’un caractère né pour l’insurrection au bayrouisme, qui aime bien les histoires où des pauvres dignes et magnifiques s’entraident pour lutter contre l’adversité, crier leur amour de la vie à la face d’un monde pourri, et s’embrassent à la fin tandis que le soleil se couche et que le ciel rougeoie, sous le double effet d’un stylisme hard-discount et d’un goût de l’allégorie que même Staline contredirait.

Et entre les deux, rien. Ou si peu.

PS : je m’objecte à moi-même qu’avant Sergio Leone, le cinéma français se divisait déjà en deux catégories : Jean-Luc Godard et Chuck Norris.

S’agirait-il donc d’un atavisme ontologique remontant aux frères Lumières ?

Sean Penn, le Florent Pagny de la côte ouest

Passé un certain niveau de notoriété, de reconnaissance, à moins que ce ne soit après que votre banquier vous ait annoncé la larme à l’œil, tout bouffi d’attendrissement condescendant, que votre compte en banque dépassait pour la première fois le million, les preuves sont nombreuses, la plupart des gens perdent le sens du ridicule.

Prenons le cas de Sean Penn, le Florent Pagny de la côte Ouest.

Sean, tout le monde vous le dira, est un putain de rebelle. D’ailleurs, quand Sean paraît, les nantis frémissent, les puissants se mettent à transpirer, les sphincters des oppresseurs se relâchent. Parce que Sean, quand il s’énerve, il fait des trucs dingues.

Par exemple, Président du jury du festival de Cannes.

Le festival de Cannes, du nom de la station balnéaire gériatrique l’accueillant, est un festival de cinéma qui connait son heure de gloire dans les années 50-60, et aujourd’hui tombé en désuétude. Le terrien moyen a perdu sa naïveté enfantine, et ne restent de sa splendeur passée qu’un tapis rouge, déroulé chaque mois de mai sous les pieds des stars multimilliardaires du grand écran, et un genre de vide-grenier boursouflé où les multimilliardaires de la production cherchent la bonne affaire, le nanar à 5 dollars qui « rencontrera son public ».

Seulement, en 2008, M. Penn prend le pouvoir. Tremblez, acteurs cocaïnomanes divinisés et suppôts du grand capital, Sean l’iconoclaste va déboulonner les trop orgueilleuses statues de l’ordre établi. Sous la présidence de Sean, il l’a annoncé lui-même, l’idéologie prendra le pouvoir, le film engagé sera récompensé…

Et soudain, juste après la projection du dernier film en compétition, le drame…

Merde, se dit Sean en lui-même, mais en anglais. Je vas quand même pas remettre les frères Dardenne ! Comment que je vas faire ? Il est pas là cette année, Ken Loach ? Si je mets le Che de Soderbergh, ça va faire trop, je passe pour un con ! Merde, merde, merde ! Y a personne qu’a un truc engagé ? Enfin, social quoi ! N’importe quoi, je prends !

Et voilà.

Entre les murs.

Du Art ou du cochon?

Certains artistes engagés me donnent envie de regarder TF1. Où on trouve encore parfois, sur un malentendu probablement, quelques traces fortuites de subversion.
Mais j’ai déniché sur Internet une pépite. Un diamant brut. Et j’avertis clairement les plus sensibles d’entre vous de la violence inouïe du brûlot contestataire qui va suivre.

M. Bruzat, metteur en scène de théâtre subventionné à Limoges (ce qui peut constituer une explication,mais pas une excuse, comme dirait l’autre) depuis 21 ans (c’est lui qui le dit), est interviewé.

Il nous parle de… euh, théâtre subventionné, mais avec ses mots à lui.

Enfin, pas vraiment ses mots à lui, non plus.
Plutôt, les mots qu’il croit qu’il dirait s’il avait quelque chose à dire.

Pour ceux que l’énumération logorrhéique de poncifs libertaires éculés ne rebute pas, la vidéo est ici : http://www.bobines.info/bruzatmichel/bruzatmichel.html

Pour ceux que la puissance civilisatrice du verbe émeut au-delà du supportable et qui ne supportent pas le gâchis, j’ai relevé quelques courts passages, mais largement suffisants :

« C’est un monde d’argent où les valeurs essentielles n’existent plus. Le théâtre pour moi est quelque chose d’essentiel dans ma vie, je crois que c’est un des derniers lieux où les gens écoutent le silence. »
Tu crois pas si bien dire.

« Moi je me rapproche de la mort, et plus je me rapproche de la mort, plus je sens que la seule chose importante dans la vie, c’est l’amour. »
C’est dingue, non?

« Ce théâtre s’appelle Théâtre de La Passerelle, car c’est une passerelle pour aller à la rencontre des gens. »
Des gens qui vont au théâtre de la Passerelle ?

« Ce qui me passionne avec les gens – j’ai rien à leur apprendre- mais j’arrive à les aider à accoucher d’eux-mêmes, à les aider à devenir ce qu’ils sont, à faire sortir une censure. On dit que je transmets une confiance, et que je sers un peu de trampoline (!!) comme ça… »
Il y a des apprentis gourous qui sont en taule pour moins que ça.

Etc., etc., comme ça pendant 15 minutes, que du bon cette interview, pas un cliché ne manque.

Il a fait l’école du rire avec Jack Lang, ou quoi ?

Musique businesse

Internet agit sur les cons comme un catalyseur : ils se révèlent plus vite. Plus fort. Mieux.
Pour les musiciens, enfin je veux dire, pour les gens qui vivent de la musique, l’effet est encore démultiplié. Prononcez les mots Peer-to-Peer, même très vite, et tout de suite, ça cristallise…

Car après qu’une majorité de ces petits apparatchiks provinciaux incultes qu’on appelle couramment députés, nous aient une fois de plus montré leur courage, leur connaissance du monde et leur vision clairvoyante de l’avenir en votant la loi Olivennes accompagnée de sa fameuse « riposte graduée », une cinquantaine « d’artistes », également équipés d’une techno-cervelle de 1950, montent au créneau pour défendre un texte tellement scotomisé du réel qu’il en devient risible.

Voici la liste exhaustive des collaborateurs et social-traîtres à boycotter. Avant que je ne prenne le pouvoir et que ces abrutis ne se retrouvent en camp de rééducation par le travail dans une rizière camarguaise, j’incite chacun d’entre vous à :

Même si vous êtes déçus d’y lire certains noms, ne jamais acheter un seul album d’un des tocards ci-dessous nommés.
Revendre ceux que vous possédez déjà.
Via Internet, chercher, trouver, faire des dons aux artistes indépendants. Vous ne nourrissez pas les actionnaires de Sony Music ou Universal. L’argent revient entièrement à l’artiste. Vous soutenez la création.

Et merde à :
Etienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc, Eddy Mitchell, Isabelle Boulay, Maxime Le Forestier, Martin Solveig, Marc Lavoine, Calogero, Gérard Darmon, Pascal Obispo, Jacob Devarrieux, Elie Seimoun, Alain Bashung, Bernard Lavilliers, Rachid Taha, Bob Sinclar, Psy4delarime, Abd Al Malik, Anis, André Manoukian, Charles Aznavour, Alain Souchon, Mademoiselle K, Soprano, Arthur H, BB Brunes, Liane Foly, Emmanuelle Seigner, Ridan, Renan Luce, Zita Swoon, Johnny Hallyday, Empyr, Kenza Farah, Shine, Camaro, Diam’s, Renaud, Romane Cerda, Cali, La Grande Sophie.

Un peu de chanson française

La chanson française est vivante. M. Chanson le prouve.