C’est toujours la crise … au PS

En ces mornes temps où les gouvernements des pays du monde cherchent des solutions à une crise qu’ils ont engendré, au PS aussi, on s’active. La bataille pour la nomination du prochain premier secrétaire du parti eut lieu dimanche … et ce fut la guerre !

Ségo a bien essayé de réunir derrière elle et sa motion les différents courants en affrontement depuis … on ne se souvient même plus ! Mais cette « synthèse » fut loin de se réaliser ! Certains, comme Razzy Hammadi, ancien dirigeant du MJS (Mouvement des Jeunesses Socialistes), ont appelé à une coalition Hamon-Aubry-Delanoé, pour faire barrage à la grande dame rose bonbon du Poitou (enfin, si l’on veut bien lire entre les lignes, parce que lui se défend d’utiliser une stratégie anti-Ségolène).

Ce qui est dommage, c’est qu’ils n’affirment pas que Ségolène, avec ses drapeaux tricolores, ses critiques acerbes contre les 35 heures, ses camps militaires pour jeunes « sauvageons » (tiens, encore une expression venue de « gauche » ; enfin … de cette « gauche », on se comprend), et son rapprochement du Modem, a fait beaucoup de mal à l’ensemble de la gauche (électoralement et aussi symboliquement, car sur ces questions, on ne fera jamais mieux que la droite et l’extrême-droite). Putain, un peu de courage ! Sous votre discours « politiquement correct », on distingue clairement vos intentions les gars ! De plus, à eux trois, ils représentent environ 70 % des voix socialistes au vote des motions, assez pour renvoyer Ségo dans le marai poitevin.

Mais, cela ne se passera pas, « le PS est une grande famille » … comme celle des banquiers-traders-néo conservateurs. Sauf que eux, ils ont viré et dénigré Kerviel …

Voir Reims et mourir

Et pendant ce temps là au Parti Socialiste, était organisée avec une allégresse non feinte la grande tuerie de Reims. Les caisses de « Brut » sont restées dans les cartons, les cuisiniers et traiteurs ont des restes de pâte feuilletée, les marchands de souvenirs du centre-ville se retrouvent avec des stocks de cartes postales de 1936 toutes cornées et des boules à neige « Che Guevara » en trois coloris. Fort de sa formule « petit déjeuner et charcuterie à discrétion » moyennant cinq euros supplémentaires par nuitée, l’hôtel Le California, sis 24 place de la Foire, a été littéralement pris d’assaut par les congressistes.
Dans le secret des salons, des complots se sont ourdis, des armes se sont fourbies, des alliances de dupes ont failli se nouer et des aisselles moites furent abondamment aspergées d’anti-transpirant. Les têtes de gondole des principaux courants ont en vain lustré leurs plus beaux atours pour les grands oraux de rigueur : « …Mon tailleur capte t-il bien l’œil de la caméra ? Ce jaune, quand même…» ; « …Une cravate Snoopy plus des chaussettes Burlington…? » ; « …putain, j’ai des poches…mais si, regarde, j’ai des poches…putain, faut absolument que je dorme…passe moi mes notes, merde…».
Bref, tout baigne à Reims, nos bon professionnels ont passé trois jours à s’invectiver et à s’humilier dans la joie et sur la place publique pour tenter de se mettre d’accord autour du choix d’une personnalité qui saura incarner l’émergence de la potentialité d’un consensus à partir duquel se dessinerait une majorité en fin de congrès. Raté, le nouveau secrétaire général sera élu par le vote des militants le 20 novembre. Soit juste le temps qu’il faudra aux gondoles froissées pour enterrer les cadavres. Et à l’observateur de se dire que le vrai problème du PS, c’est précisément le poids du vote de ses militants. Bon, sinon, il reste des places pour le circuit « découverte du champenois », départ lundi 13 heures place de la Gare, retour mercredi en fin d’après-midi, 312 euros ttc, demandez Dédé à la permanence.

Au bas mot Obama !

L’élection de Barack Obama au poste de président des Etats-Unis d’Amérique est ressentie de par le vaste monde comme globalement positive ou réjouissante, voir porteuse d’espoirs et même d’utopies ; en France, l’engouement idolâtre autour de sa personne souligne cruellement l’incapacité du pays à générer une élite politique à laquelle il ne soit pas ridicule de s’identifier.
Aux Etats Unis cependant, l’élection d’Obama, si enthousiasmante soit-elle pour une partie de la population, n’en est pas moins un facteur d’incertitude voir d’agression pour d’autres, en raison même des singularités qui l’ont porté au pouvoir. Maintenant élu, Obama va symboliser une « identité américaine » inédite à ce niveau de responsabilité, et le degré d’adhésion des populations et des administrations à cette « identité inédite » sera sa marge de manœuvre, sa capacité à agir. On peut déjà anticiper que celle-ci sera extrêmement variable tant ce qu’il incarne malmène quelques mythes fondateurs du pays.
L’absence d’« effet Bradley » (en 1982, T. Bradley, candidat au poste de gouverneur de la Californie donné largement gagnant, avait perdu en raison de nombreux votes « contre la couleur de sa peau» assumés uniquement dans l’isoloir) et l’élection de Barack Obama ne garantissent en rien que l’ « origine ethnique » ne revienne pas rapidement parasiter les débats, voir bloquer les décisions. L’adage « une goutte de sang suffit pour être noir », qui porte en lui toutes les discriminations racistes, est actuellement parfaitement intégré tant par les démocrates que les républicains, élus ou non : quoiqu’on en dise, la « question raciale » structure très profondément l’ordre social aux Etats Unis. Par ailleurs, Obama correspond très peu au modèle, lui aussi mythique mais opérant, de la masculinité américaine qui trouve son expression dans une virilité exacerbée et machiste, une masculinité agressive et dominante s’incarnant, par exemple, dans le « hard power ». Ou encore au modèle, idéal typique, de l’américain profondément ancré à son territoire, pragmatique, terre à terre, épris de plein air et de grands espaces. Bref, toutes les singularités d’Obama, plus ou moins survendues pendant la campagne, seront impitoyablement mises à l’épreuve du pouvoir. Certaines sont anecdotiques, d’autres ont une capacité de nuisance dont de nombreux lobbies ne manqueront pas d’abuser auprès d’une opinion publique déjà déstabilisée et angoissée par « la crise ».
Qu’Obama assume ses singularités est un minimum, que « tout le monde » le fasse et s’identifie aux retournements symboliques que son élection génère est un rêve gentiment naïf à oublier très vite. De la capacité du nouveau président des Etats Unis d’Amérique à incarner, sur son propre territoire et durablement, « autre chose » que des modèles usés et rejetés, c’est-à-dire et de manière très pragmatique de sa capacité à amener de la visibilité dans un contexte socio-économique de forte incertitude, dépendra sa capacité à agir beaucoup plus globalement sur les notions, actuellement fondamentales, de risque et de rareté.

Pendant ce temps là, au PS…

Clairvoyance

Eric Woerth, Ministre du Budget, refuse de légiférer sur les stock-options et accuse la gauche de vouloir mettre les hauts dirigeants « face au peloton d’exécution ».
Je comprends son désarroi: certains méritent plus d’être pendus avec leurs tripes…

Rocard: un sénateur en colère

Tremblez, peuples de Gauche, car il y a pire que la Grande Crise Economique: Michel Rocard fait comprendre qu’il pourrait quitter le PS si Ségolène Royal était élue Première Secrétaire.
Quand à François Mitterand, il n’a pas encore fait savoir pour quelle motion il allait voter…

Merci Kim Jong II.

Depuis un mois que l’actualité est globalement phagocytée par la crise financière et économique, je commence à franchement m’ennuyer.
Comme tout le monde -le message est bien passé, merci- j’ai bien compris que je devrais probablement, d’une manière ou d’une autre, payer personnellement dans les années qui viennent les conséquences de l’avidité sans bornes de quelques uns.

Alors les états d’âmes des chefs d’entreprises, des malheureux licenciés de Lehman Bro’, des acteurs du marché qui ne savent plus à quel saint se vouer, des actionnaires de machin-chose qui perdent 80% de leur fortune, des gouvernements et des annonces de grande régulation mondiale auxquelles je ne crois pas une seconde, j’en ai un peu plus rien à foutre…

Il reste quoi, pour se dérider un peu ? Il faut bien chercher…

Kim Jong II, l’inénarrable « président » de la Corée du Nord. Un genre de Sarkozy qui aurait réussi : même taille, même hauteur de vue -talonnettes comprises-, même amour de la télévision d’Etat, même tendance à systématiquement tout ramener à un concours de bites.

L’affaire: depuis en face, Corée du Sud, des gugusses ont envoyé par dessus le No Man’s Land, des tracts accrochés à des ballons dénonçant le régime de Pyongyang.
Déjà, fallait y penser. Le peuple nord-coréen n’avait pas du s’apercevoir qu’il crevait de faim sous la botte d’un des régimes les plus paranoïaques de la planète.

Mais bon. Donc, Kim ne souhaite pas que ses administrés réalisent soudainement, à la lecture de cette prose hautement subversive, qu’ils souffrent de graves carences alimentaires. Alors il sort ses fausses Ray-Ban -Sarko, fait quelque chose pour aider ton copain!- et s’adressant à son vis-à-vis, annonce que « les autorités fantoches feraient mieux de garder en tête que nos attaques préventives réduiront tout…à l’état de débris, et ne mettront pas seulement le feu! ».

Voilà. Au niveau concours de zizi, Kim prend de l’avance sur notre Grand Timonier, qui à sa décharge, le pauvre, n’a d’adversaires que de malheureux citoyens brandissant des pancartes « Casse toi pov’ con », auquel il ne peut légalement répondre que d’une bien modérée plainte pour délit d’outrage.

Le chibre du libéralisme dans ton anus anésthésié

Je reviens sur cette affaire de Marseillaise sifflée. Y a rien à faire, ça sent la fange à plein nez, ça respire tellement la démagogie la plus crasseuse, même si on a l’habitude avec Sarko et sa bande d’enfumeurs, que ça donne la nausée.
Bon, revenons avant le match. Stade de France, troisième rencontre amicale de l’équipe de France de foot contre l’équipe de foot d’un pays du maghreb. Il y eut d’abord l’Algérie, puis le Maroc. A chaque fois, l’hymne national français fut sifflé. Un esprit normalement constitué en déduit qu’en toute logique, contre la Tunisie, ça devrait continuer…
Et aucun membre du gouvernement ne semble avoir réfléchi à une réponse intelligente. Ou mieux, mais ne rêvons pas, à communiquer sérieusement avant le match. Pire, nous avons après-coup assisté médusés à une délirante cacaphonie de propositions toutes plus délirantes les unes que les autres.

Seulement, l’ensemble de l’affaire se déroule suivant un scénario qui semble tellement huilé, que dis-je, vaseliné, que l’on peut légitimement s’interroger sur le sens des interventions publiques du gouvernement:

1)TF1 nous offre tout d’abord un rendu sonore mensonger et trompeur: de nombreux témoignages attestent d’un faible nombre de siffleurs et d’une faible intensité. Or, à la télé, on entend même plus Laam chanter.
2)Bien sûr, les commentateurs, Larqué en tête, en rajoutent dans l’indignation…
3)Les politiques gouvernementaux font mine de découvrir le phénomène, s’indignent à leur tour, et y vont de leurs propositions. Bien sûr, aucun ne prend la peine de s’interroger publiquement sur le contexte et le sens des sifflets…
4)Les JT du lendemain relancent le sujet de « la Marseillaise honteusement sifflée ». MAM hoche du menton et promet de retrouver et punir les fautifs.
5)Le Journal du Dimanche sort un sondage, 80% des français trouvent scandaleux que l’on siffle l’hymne national. Evidemment. La boucle est bouclée.

Tout un savoir faire en communication s’étale sous nos yeux, qui fait honte lorsqu’on l’analyse.
Le témoignage de Michel Platini confirme ce dont nous nous doutions fortement: la Marseillaise, comme tous les autres hymnes nationaux, a toujours été sifflée de manière chronique, par des supporters de toutes nationalités, sur des stades de tous pays.
L’enceinte sportive, et à fortiori le stade de foot, est le lieu d’un affrontement identitaire. On va pas rentrer dans les détails. Seulement, « son » équipe est plus belle, meilleure, que celle d’en-face, et doit la battre. Le public, et c’est ce qui fait partie du « plaisir » d’être présent, aide ses joueurs. On siffle l’adversaire dès qu’on en a l’occasion pour tenter de le déstabiliser. Mais ce faisant, on siffle également un symbole, au même titre qu’un hymne national. Donc, au nom de quel principe autorise-t-on, encourage-t-on même, l’un, et condamne-t-on l’autre ? Dans le cadre précis de l’affrontement sportif, quel est le sens exact de l’hymne national?
Bien sûr, personne ou presque parmi les politiques ne pose la question.

Car la vérité, c’est que l’actuel Etat français instrumentalise des faits somme toute anodins pour servir sans en avoir l’air son idéologie neo-cons. Tout est feint dans cette histoire, sauf Bernard Laporte, mais lui il a justement été recruté parce qu’il était pas fin:
Stigmatisation permanente des « minorités visibles » assimilés dès que possible à la délinquance, dont le but ultime semble être, au-delà des visées électoralistes, la promotion d’un modèle communautariste à l’anglo-saxonne.
Montrer encore et toujours, prouver aux citoyens par une rage constamment affichée à punir des coupables, qu’ils vivent dans une société où l’on échappe en aucune manière à la loi, fut-ce pour l’acte le plus anodin, une société qui « surveille et punit ». Evident: plus une société devient dure pour ses citoyens, plus l’Etat a intérêt à les « serrer ». Ca vaut aussi bien pour le communisme que pour le libéralisme dur vers lequel nous glissons, tout en souplesse et sans douleur excessive pour le moment, peu à peu.
Tout est une question de lubrifiant et de progressivité.

Georgia onnn my miiiind

Le président Nicolas Sarkozy se « réjouit » de l’annonce par le président russe Dmitri Medvedev du retrait des soldats russes. On ne sait pas encore si ce sera de 100 ou 200 mètres…surprise !

Valse à Vienne

Ils sont forts ces autrichiensAlors que la planète entière à la tête tournée vers la résolution de la crise financière, des élections législatives se sont déroulées dans une totale indifférence en Autriche. Elles ont permis à l’extrême droite de devenir la seconde force politique du pays. Crise économique, fascisme, ça me rappelle un truc, ça…

White Spirit

Le PS refuse l’Union nationale proposée par François Fillon pendant la crise financière : c’est la désunion par la gauche désunie ou la nouvelle stratégie dite du « dissolvant socialiste ». Sera-t-elle efficace ? On peut se poser la question vu les difficultés du parti à se débarrasser de ses propres tâches…