Frédéric Diefenthal est toujours vivant.

écrit par: Chinaski

Alors que son collègue Guillaume Depardieu succombait à une pneumonie foudroyante à l’hôpital de Garches, nous apprenions que le fraîchement quadragénaire acteur Frédéric Diefenthal avait bel et bien contracté un petit rhume au début du mois d’octobre.

Fils d’un père et d’une mère notoirement inconnus, l’acteur passa une enfance tranquille dans le Gers où il fut même un temps coiffeur (véridique, comme quoi les expériences de la jeunesse sont fondatrices…).
Le cinéma français lui doit quelques rôles flamboyants dans des chefs-d’oeuvres du 7ème art aussi corruscants que Taxi 1,2,3 et 4, Belphegor, ou encore L’incruste.

Contrairement au cabossé Depardieu, les notions de risque, de vitesse, l’abus de substance psycho-actives et l’hypersensibilité semblent ne pas faire partie de l’univers diefenthalien. Le comédien gersois évolue dans un registre bien particulier: inspirée de la méthode Actor’s Studio, la très stanislavskienne méthode TF1 pousse l’intériorisation dans ses retranchements. L’acteur du prime-time cherche au plus profond de lui ces émotions complexes qui surviennent brutalement aux hasards de la vie, et il les garde pour lui.
Car il s’agit de ne pas ébranler la conscience du troglodyte pavillonnaire par l’étalement pathologique d’une sensibilité bien comprise, voire assumée. Ici, on est pas des pédés. Donc, quoiqu’il arrive à son personnage, le prime-time-actor doit montrer que cela dépasse largement ses facultés cognitives.
Fred excelle dans ce registre où la concurrence est rude. Par exemple, quand dans un film Fred joue sa vie au Poker, on a surtout l’impression qu’il lutte pour ne pas oublier les règles…
Par un retournement de situation qui tient du tour de force, Fred prouve à ceux qui en doutaient encore que la norme communément admise, qui cherche une « densité » à la présence de l’acteur, possède un revers tout aussi spectaculaire, à savoir l’incarnation subtile d’une « présence floue ».

Intériorisation, dilatation: un concept en deux temps, qui pour paradoxal qu’il puisse paraître, n’en demeure pas moins promis à une morne et cependant longue existence…

Quand à Guillaume Depardieu, il manque déjà aux derniers mohicans qui aiment encore le cinéma…

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3 commentaires déjà:

  1. personanongrata
    #1

    En tout cas ce bave Fred a bien intégré la citation du jour de Chinaski.fr… il a lu Nietsche aussi,et appliquant le précept de « ce qui ne me tue pas me rend plus fort » il s’administre un coup de poil a frire sur le front tous les matins après ses Chocapics…

  2. personanongrata
    #2

    Désolé pour le poil a frire…c’est le poêle que j’ai dans la main qui a rippé sur le clavier^^

  3. Mno
    #3

    Et pour le « bave » c’est quoi que tu avais dans la main? oO

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