Trois décroissants au petit dej’
écrit par: DrMolise
Malgré une sympathie avérée pour le mouvement dit « alter mondialiste », force m’est de constater que, sur le terreau fertile de la décroissance, la crétinerie la plus crasse s’épanouit avec l’avidité d’une horde d’ asticots se repaissant d’une charogne de hyène.
Bêtement à la mode, la décroissance (vous pouvez dire a-croissance, si vous êtes universitaire) fait parler d’elle dans des milieux aussi variés que l’extrême droite malthusienne, les alters (mondialistes) ou les écologistes catastrophistes. Elle va même jusqu’à se glisser aux frontières du P.S, car d’autres mondes sont probables. De quoi s’agit-il ? Tout simplement du constat que le Graal de la goinfrerie exponentielle à l’échelle planétaire (vous pouvez dire « croissance », si vous êtes économiste) ne s’accorde décidément pas avec des ressources connement limitées. On acquiescera volontiers au fait que ce constat, clair et bien dégagé derrière les oreilles, a tous les aspects de la stricte Raison. Que sa révélation eût raison du myocarde d’Alain Minc témoigne également de sa pertinence.
Un peu magique, donc, la décroissance permet à l’extrême droite de faire le job sans forcer avec un programme de darwinisme social qui sent bon le rat crevé ; les alters colloquent et se grattent le menton devant leur assiette de tofu-crudité au resto U, l’écologie catastrophiste faisant quant à elle dans la dentelle prospectiviste avec des scénarii qui sentent bon ( ?) le Bruce Willis en marcel.
Tout ceci eut été bel et bon si Hollywood avait embauché Yves Cochet et si tout ce beau monde avait continué à se pisser sur les pieds pour délimiter son territoire idéologique, mais l’incontournabilité des grandes questions leur confère la sécheresse du grain de riz cru : alors, on en fait quoi, de la décroissance ?
A ce moment précis, alors que l’évitable Philippe Stark propose, dans une geste à la symbolique forte, d’aller cueillir des pissenlits dans Central Park, badaboum, Conardus Ex Machina, une poignée d’individus propose une idée digne de faire s’étrangler d’orgasme Jacques Séguela soi-même : radicaliser la tendance « localiste » de l’alter mondialisme (consommer ce qui est produit à proximité, pour limiter l’impact écologique des transports) et généraliser l’auto production alimentaire à partir de plants génétiquement modifiés à germination unique. En un mot, vendre un pire pour soigner un mal et se remplir les poches à grand coups de bottes. Les porcs sont dans le maïs et je suggère d’y déléguer des équarrisseurs plutôt que des faucheurs.



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