Vendée Globe, c’est parti!
écrit par: Chinaski
Ca y est, c’est parti très fort, avec beaucoup de casse. 3 bateaux définitivement au tapis. D’autres revenus au port pour réparer des avaries sérieuses.
Tu tu dis, amie lectrice, que ces bateaux prévus pour faire le tour du monde semblent bien fragiles.
La vérité, c’est qu’aucun voilier n’est fait pour s’attaquer frontalement à de telles conditions. En course, s’ils en ont la possibilité, les skippers préfèrent s’éloigner de la route directe plutôt que de placer leurs bateaux dans ces situations impossibles, qui en plus au final s’avèrent moins rapides.
Car tout le problème de ce départ de course, avec la traversée du Golfe de Gascogne, tient de la trajectoire. Il faut absolument aller vers l’ouest pour doubler le Cap Finistère, la route sud est barrée par la terre espagnole.
Donc, voilà nos concurrents bien malgré eux au près dans une mer très formée. Le près est l’allure qui demande le plus au gréement. Par un effet de « succion » qu’il serait long d’expliquer ici, un voilier est capable d’avancer contre le vent. Ainsi, le vent réellement encaissé par le gréement dormant (haubans, étai, bastaques, etc, tous les câbles qui retiennent le mat) résulte de l’addition des vitesses du vent réel et de la vitesse du bateau.
Alors qu’au portant (quand le vent vient de l’arrière de bateau), on retranche la vitesse du bateau pour déterminer le vent apparent, c’est à dire, celui réellement supporté par le gréement.
Donc, dans une tempête, il vaut mieux être au portant. C’est d’ailleurs ce que font tous les marins quand ils sont pris par des conditions violentes et qu’ils ont suffisament « d’eau à courir » (qu’il n’y a pas de côte en vue). On appelle ça « mettre en fuite ». On oublie temporairement sa destination, on réduit la voilure à sa plus simple expression, et on se laisse pousser par le vent en attendant que ça passe.
Mais là donc, pas possible, même d’infléchir légèrement sa route pour soulager un peu le bateau. Ajoutez à cela une mer typique de tous les golfes du monde, chaotique et raide, et vous aurez une idée de la violence inouïe des chocs encaissés par les navires. Parce que l’autre gros inconvénient du près, c’est qu’il faut généralement prendre la mer de face. Le bateau monte au sommet de la vague, l’étrave décolle, jusqu’ici tout va bien… puis bascule vers le vide, tout ce qui se trouve dans le cockpit, équipage compris, se retrouve brièvement en apesanteur… les emmerdes commencent à l’atterrissage… Ca fait un gros boum! Tout le monde redescend brutalement… parfois le mat aussi…
Sinon, mon favori, Sébastien Josse, vient de prendre la tête…
Mon pronostic final: 1:Josse, 2:Peyron, 3:Riou



Commentaires récents