Benoit XVI élu Connard de la semaine
écrit par: Molise
Nous l’attendions réactionnaire et il fût supersonique. Le résultat du vote opposant Benoît XVI à Georges W. Bush claque logiquement comme un costard saturé de sudation sur les bajoues couperosées d’un banquier en faillite : en dépit de ses oreilles qui génèrent des vortex les jours de grand vent, de sa gestuelle de cul-bleu du Gabon, de sa profondeur de vue digne d’une cuvette de chiotte et de son bilan en forme de nécrologie, Walker-the-butcher s’est fait salement désosser par le camembert ammoniaqué du Vatican.
Entre donc en ce Panthéon, Joseph Aloïs –tu permets que je te tutoies ? je tutoies toujours les vainqueurs-, fait pas ton timide à deux balles, j’ai feuilleté Pèlerin magazine chez mon proctologue et il y avait des photos de ta garçonnière du Vatican, ça m’avais pas l’air pourri non plus, quoique de fort mauvais goût. Comme demandé par ton intendance, j’ai mis trois cubitainers de Crément au réfrigérateur, juste à coté du sceau de dix kilos de ces groins et queues de porc en saumure qui te rappèlent tant ta Haute-Bavière natale. Si tu trouves des bouts de plantes vertes séchées un peu partout, pas de panique, c’est gynéco qui s’est goinfré, balances allègrement dans l’encensoir pour des nuits calmes et sans moustiques. Comme j’ai appris que tu t’étais fait piercer le téton gauche aux dernières JMJ, je t’ai posé deux-trois skeuds d’Atary Teenage Riot à coté de la chaine Hi-Fi. Pour les filles, on est désolé, mais notre avocat est formel : « depuis que ce baltringue de Max Mosley s’est fait serrer, plus moyen d’organiser une orgie SM tranquille ». En espérant que cela ne te contraries pas trop, je te souhaite une bonne semaine dans notre auguste Panthéon. Sois pas vexé si je ne te fais pas tout le baratin sur l’Eternité, mais Bernard Loiseau m’a confirmé qu’on apprend pas à un vieux bavarois meringué à dire la messe en latin. Je pose donc sans plus de détours la question : mais au fait, Benoît XVI, quoi est-ce ?
En premier analyse, c’est ce prénom familier et juvénile, rond en bouche, à qui Sainte Malachie a promis la « Gloria Olivae » -la gloire de l’olive-, prophétie qui nous confirme que Benoît XVI possède la viscosité des meilleures huiles extra-vierges. Vient ensuite cette numérique rotante et houblonnée, qu’il partage avec Louis de France et Ram d’Egypte, mais également avec ces glorieuses culasses multisoupapes qui distinguaient les bolides au volant desquels d’aucuns ont brûlé du pneu, leur jeunesse et le cas échéant des platanes. Ben’16Soupapes, donc, inlassable VRP en chef de la connerie enchristée, bien soutenu par son Saint Siège baquet, roule flat-out, décapoté et à contresens sur les routes tourmentées de l’Histoire. Sourd aux deux mille ans de casseroles ensanglantées qu’il traîne dans son papal sillage, il n’hésite pas à tirer tout droit dans la fosse à purin et déclare : « le christ était le sauveur auxquels ils [les amérindiens] aspiraient en silence ». Grand exégète du sens interdit, Ben-la-calamine pétarade souvent pour tancer les nations coupables de laïcité et vouer aux gémonies toute sexualité émancipée de la génitalité. Orfraie au gosier joeystarrien et au flow melliflu, il vend à l’envie et jusqu’à la nausée cette rédemption dont les hommes bercent leur désarroi. Au moins l’orthodoxie de la réaction est-elle incarnée mais cette tête de soupape est « élue » à vie et nous voilà donc condamnés à sa perpétuité. A moins qu’une clé à vidange ne surgisse de chez Midas.
En deuxième analyse, et en deuxième analyse seulement, Benoît XVI est ce pesant physique d’ankylosaure, ce sourire où résonne « Le Cri » de Munch et cette coupe de tifs qui évoque un crématorium fumant sous la neige.



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