Je reviens sur cette affaire de Marseillaise sifflée. Y a rien à faire, ça sent la fange à plein nez, ça respire tellement la démagogie la plus crasseuse, même si on a l’habitude avec Sarko et sa bande d’enfumeurs, que ça donne la nausée.
Bon, revenons avant le match. Stade de France, troisième rencontre amicale de l’équipe de France de foot contre l’équipe de foot d’un pays du maghreb. Il y eut d’abord l’Algérie, puis le Maroc. A chaque fois, l’hymne national français fut sifflé. Un esprit normalement constitué en déduit qu’en toute logique, contre la Tunisie, ça devrait continuer…
Et aucun membre du gouvernement ne semble avoir réfléchi à une réponse intelligente. Ou mieux, mais ne rêvons pas, à communiquer sérieusement avant le match. Pire, nous avons après-coup assisté médusés à une délirante cacaphonie de propositions toutes plus délirantes les unes que les autres.
Seulement, l’ensemble de l’affaire se déroule suivant un scénario qui semble tellement huilé, que dis-je, vaseliné, que l’on peut légitimement s’interroger sur le sens des interventions publiques du gouvernement:
1)TF1 nous offre tout d’abord un rendu sonore mensonger et trompeur: de nombreux témoignages attestent d’un faible nombre de siffleurs et d’une faible intensité. Or, à la télé, on entend même plus Laam chanter.
2)Bien sûr, les commentateurs, Larqué en tête, en rajoutent dans l’indignation…
3)Les politiques gouvernementaux font mine de découvrir le phénomène, s’indignent à leur tour, et y vont de leurs propositions. Bien sûr, aucun ne prend la peine de s’interroger publiquement sur le contexte et le sens des sifflets…
4)Les JT du lendemain relancent le sujet de « la Marseillaise honteusement sifflée ». MAM hoche du menton et promet de retrouver et punir les fautifs.
5)Le Journal du Dimanche sort un sondage, 80% des français trouvent scandaleux que l’on siffle l’hymne national. Evidemment. La boucle est bouclée.
Tout un savoir faire en communication s’étale sous nos yeux, qui fait honte lorsqu’on l’analyse.
Le témoignage de Michel Platini confirme ce dont nous nous doutions fortement: la Marseillaise, comme tous les autres hymnes nationaux, a toujours été sifflée de manière chronique, par des supporters de toutes nationalités, sur des stades de tous pays.
L’enceinte sportive, et à fortiori le stade de foot, est le lieu d’un affrontement identitaire. On va pas rentrer dans les détails. Seulement, « son » équipe est plus belle, meilleure, que celle d’en-face, et doit la battre. Le public, et c’est ce qui fait partie du « plaisir » d’être présent, aide ses joueurs. On siffle l’adversaire dès qu’on en a l’occasion pour tenter de le déstabiliser. Mais ce faisant, on siffle également un symbole, au même titre qu’un hymne national. Donc, au nom de quel principe autorise-t-on, encourage-t-on même, l’un, et condamne-t-on l’autre ? Dans le cadre précis de l’affrontement sportif, quel est le sens exact de l’hymne national?
Bien sûr, personne ou presque parmi les politiques ne pose la question.
Car la vérité, c’est que l’actuel Etat français instrumentalise des faits somme toute anodins pour servir sans en avoir l’air son idéologie neo-cons. Tout est feint dans cette histoire, sauf Bernard Laporte, mais lui il a justement été recruté parce qu’il était pas fin:
Stigmatisation permanente des « minorités visibles » assimilés dès que possible à la délinquance, dont le but ultime semble être, au-delà des visées électoralistes, la promotion d’un modèle communautariste à l’anglo-saxonne.
Montrer encore et toujours, prouver aux citoyens par une rage constamment affichée à punir des coupables, qu’ils vivent dans une société où l’on échappe en aucune manière à la loi, fut-ce pour l’acte le plus anodin, une société qui « surveille et punit ». Evident: plus une société devient dure pour ses citoyens, plus l’Etat a intérêt à les « serrer ». Ca vaut aussi bien pour le communisme que pour le libéralisme dur vers lequel nous glissons, tout en souplesse et sans douleur excessive pour le moment, peu à peu.
Tout est une question de lubrifiant et de progressivité.
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