Tazer vs Dark Vador

Le Tazer est un genre de pistolet rigolo qui n’est pas sans rappeler les joujous ludiques équipant les méchants gardes impériaux et les petits anarchistes crypto-révolutionnaires de type Yan Solo de StarWars. A ceci près que les Polices Municipales sont loin de représenter l’élite du maintien de l’ordre au coeur de l’Empire. Et qu’on cherche en vain quelque survivant de l’ordre Jedi.

Un coup de pistolet laser fait, si l’on en croit la rumeur, très mal, par un joli trou dans le buffet, certes automatiquement et proprement cautérisé, ontologiquement pourrait-on dire, mais la douleur et le risque létal ne sont-ils pas constitutifs du combat de guérilla mené par ce groupuscule de repris de justice de droit commun s’auto-qualifiant pompeusement de défenseurs de la République ?

Un coup de Tazer fait très mal, fait brièvement disjoncter le système nerveux et, si l’on en croit la rumeur, chier dans son froc. Mais la douleur et l’humiliation ne sont-elles pas les justes rétributions auxquelles doit s’attendre le citoyen récalcitrant de la part d’une juste Police Municipale en cas de parcmètre impayé ou de passage en dehors des clous ?

Les attributions de la PM, selon les textes de lois, ne doivent pas empiéter sur celles de la Police Nationale et de la Gendarmerie. Autrement dit, la fonction première de ces gugusses formés à la va-comme-je-te-pousse est principalement d’occuper le terrain, de se montrer à l’électeur de base qui s’énerve dans les urnes s’il ne croise pas au moins une fois par jour un uniforme ou une voiture BBR.

Non assermentés, mal ou peu formés, ils ont cependant le droit, suite à un décret du je-sais-plus-quel-mois 2000 qui rend caduque toute discussion sur l’éthique de l’usage du Tazer, de porter le flingue, le vrai qui fait BOUM!, dont cependant le législateur, dans un élan de magnanimité inattendu pour les délinquants qui ne portent pas la ceinture de sécurité, a cru bon de limiter le calibre, 38 Special, voir 7.65mm, mais pas plus. Ouf!

La réincarnation de Bruce Lee

Attention, ça va faire mal…

Cherchez le lubrifiant…

Si le pétrole continue de monter, notre Etat vénéré va se retrouver face à un grave problème, à la hauteur de sa vision de l’avenir, du monde, et de l’Homme : le coût d’un aller simple pour Dakar ou environs ne sera-t-il pas à ce point prohibitif, qu’il vaudra mieux payer les allocs à Bamboula, ses 14 femmes et ses 92 rejetons plutôt que de les réexpédier manu militari en Negroland ?

A ce propos, tout le monde a expérimenté qu’il était d’autant plus ardu de travailler, qu’il faisait chaud, et tout le monde préfère la chaleur à la froidure. De là à en conclure que personne aime bosser… De là à en conclure qu’il faut être sacrément taré pour s’installer sur une ile au climat aussi pourri que l’Angleterre… De là à en conclure que les anglais, inventeurs de l’industrialisation forcenée et du capitalisme qui va avec, ne sont qu’une bande d’enculeurs de brebis consanguins et dégénérés… De là à en conclure qu’ayant imposé leur manière de penser, leur culte du résultat net et leur morale pragmatique au monde entier, il ne leur reste plus qu’à nous imposer leurs perversions… De là à en conclure que tout exégète du CAC40 est un type qui nique sa mère…

Mais je vous rassure, bien loin de moi l’intention de prendre des raccourcis faciles pour vilipender gratuitement un peuple qui a inventé Margaret Thatcher et les USA. Et je réfute la thèse créationiste selon laquelle les USA ont été inventé par Chuck Norris.

Jean-Luc Godart est suisse. Chuck Norris, non.

Dans Le bon, la brute, le truand, le monde se divise en deux catégories : ceux qui passent par la porte, et ceux qui passent par la fenêtre. Ou encore, ceux qui tiennent le flingue, et ceux qui creusent.

Sergio Leone devait trouver ces répliques amusantes, il ne pouvait se douter que le cinéma français, peuplé d’artistes fragiles, sensibles, trop sensibles, des écorchés vifs au cœur vaste et à l’âme pure quoique légèrement maculée de mercantilisme honteux, allait s’en trouver profondément et durablement traumatisé : car depuis, le cinéma français tend à se diviser en deux catégories…

D’un coté, la comédie pour le bon peuple, où la règle des trois gags par film, probablement émise par quelque éminent statisticien du siècle dernier, et qui suggère aux scénaristes de ne pas gâcher inutilement leur talent puisque l’analyse des chiffres prouve qu’un film fait suffisamment d’entrées dès lors que le spectateur rit en moyenne 2,87 fois au cours de la projection, fait loi.

Et de l’autre, le film pour lecteur de Télérama, dont l’archétype est un homme blanc, professeur des collèges, probable ancien socialiste converti par les passions d’un caractère né pour l’insurrection au bayrouisme, qui aime bien les histoires où des pauvres dignes et magnifiques s’entraident pour lutter contre l’adversité, crier leur amour de la vie à la face d’un monde pourri, et s’embrassent à la fin tandis que le soleil se couche et que le ciel rougeoie, sous le double effet d’un stylisme hard-discount et d’un goût de l’allégorie que même Staline contredirait.

Et entre les deux, rien. Ou si peu.

PS : je m’objecte à moi-même qu’avant Sergio Leone, le cinéma français se divisait déjà en deux catégories : Jean-Luc Godard et Chuck Norris.

S’agirait-il donc d’un atavisme ontologique remontant aux frères Lumières ?