Et Dieu créa le Con
Le problème avec les cons, c’est que 1)Ils sont majoritaires. 2)Ils votent. 3)Je ne sais pas à quel moment exactement ça a glissé, dans les années 80 probablement, mais le fait est que le con est désormais sûr de lui, de son bon droit, de son mode de vie, de ses valeurs.
Pourquoi je pense que les années 80 marquent un tournant ? Parce qu’à mon avis, elles sont le retour de balancier de la décennie insurrectionnelle précédente.
Après les émeutes de la fin des années 60 dans tout l’occident, les années soixante-dix, en une queue de comète, furent marquées par l’envie de changer la société, de la remettre en question. Alors, les gauchistes disaient aux cons, nous pouvons changer les règles, suivez-nous, au début vous serez toujours aussi cons, mais on se chargera de vous faire évoluer.
Le con s’est méfié. Serait-il toujours lui-même, moins con ? Vertige identitaire…
Après avoir bien réfléchi, les réactionnaires ont trouvé le discours parfait: nous allons faire évoluer la société, nous allons libérer le capital, ne vous inquiétez pas, vous ne sentirez rien passer. Et surtout, nous vous aimons tels que vous êtes: cons.
Le con n’a nul besoin d’être moins con pour avoir sa part du gâteau. Nous nous empiffrerons tout le reste, mais vous aurez le droit de rester cons. Con is beautifull. Con est l’avenir. Con est partout. Con devient célèbre à force de persévérance. Con devient riche. Con passe à la télé. Votez Con.
Et donc, le con qui avait traditionnellement vocation à fermer sa gueule, ne se sent plus pisser. Dans une société où la réflexion, la culture, l’intelligence sont valorisées, le con rasait les murs. On ne le traquait pas, on ne l’enfermait pas, on ne cherchait pas à le réduire, non, on le laissait tranquillement vivre sa vie de con.
Mais quand c’est l’inverse qui se passe, le con devient vindicatif. Par nature, le con n’aime pas que l’on vive différemment de lui. Alors il traque, il enferme, il condamne, il exclut, il jette en prison, il matraque, il saque, il licencie, etc. tous ceux qui menacent d’une manière ou d’une autre de lui rappeler ce qu’il est : un con. Et que sa manière de vivre ne vaut pas mieux.
Alors comme dirait l’autre, il faudrait une bonne guerre, parce que c’est prouvé : pendant que les gens normaux vont voir ailleurs si j’y suis, pendant ce temps, la guerre tue statistiquement plus de cons…








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