Des plombiers au 20H
Cependant que l’ex animateur de bar-mitsva Michael Jackson singe le sulfureux poète français Ben Abbar en se convertissant à l’Islam et prévoit d’ors et déjà de dévoiler son (parait-il impressionnant) moonwalk halal lors du Hajj (8-13 Dhou al-Hijja) à La Mecque, le middle-class-vulgum se rince amèrement l’œil en mirant les moirures du pognon qui se déverse à flot et à chaque repas dans la petite TéVé orange de la cuisine, le flatwidescreen du salon étant parti chez Cash Converters pour des raisons strictement alimentaires et au terme de déchirants adieux.
C’est donc dans une odeur de poisson pané frit et d’épinards au beurre que l’on constate que le présentateur de l’émission d’informations, pour tout délavé et absurdement bouffi qu’il soit, n’en relate pas moins les pailles et les poutres du monde avec la dignité du baobab qui sur-joue subtilement la consternation feutrée –le top du journalisme, me suis-je laissé dire.
S’ensuivent des images sur le déluge dans le Gers et sur quelque Guernica, puis la parole est laissée à ces experts au teint scrofuleux qui scrutent les spasmes contractiles des bourses mondiales et annoncent avec des airs d’affranchis sentencieux qu’elles se débandent inexorablement, bien que l’on note parfois une raideur résurgente. Une histoire de corps caverneux, apparemment.
Saisi d’un vilain coup de chaleur à l’énoncé des pertes abyssales et néanmoins quotidiennes de ces bourses molles, le brie coule inexorablement vers la nappe en madras mais en garde sous la croûte car un florilège de dirigeants politiques apparaît à l’écran. Encravatés et mus par leurs tristes tropismes, ils se perdent en gesticulations médiatiques et en discours fuligineux.
Ce sont les plombiers du système et ils constatent que, effectivement, il y a un gros trou au fond de la baignoire et que des flots ahurissants de pognon y disparaissent. Banqueroute humanum est, déplorent-ils de concert.
Alors les solutions fusent du tube cathodique et les fromages, qui brebis qui vache, s’affaissent et s’échouent sur la nappe comme autant de docgynécos abandonnés sans weed en plein cagnard : « Faut balancer des sceaux pleins de liquidités dans la baignoire » « D’accord, mais faut d’abord boucher le trou avec ton nez, regarde, comme ça. » « Aïheuu, ça me gicle dans l’œil, arrêtes tes conneries » « Faut tout de suite établir des dérivations vers la cuve à mazout » « Euh, je fais quoi, moi, j’ai qu’un dé à coudre… » « La clé de 29, faut se servir de la clé de 29, merde ! » « T’as qu’a éponger avec ton PIB si t’es plus malin, eh, connard ».
Dans la cuisine, on constate un brin dépité que les truffes du dessert ont déjà été servies et que la publicité pour les joints Rubson manque d’humour.








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