Le retour de la biquette
Un de mes amis d’origine sud-est asiatique et spécialiste des trous noirs économiques et des révolutions agropastorales subséquentes me confirmait hier par fax que dès que le taux de chômage d’un pays industrialisé dépasse dix-sept pour cent de la population active, le nombre d’éleveurs de chèvres augmente de manière exponentielle. Ce qui laisse à peu près six mois à nos élites intellectuellement représentatives pour anticiper la déferlante, convoquer un Grenelle de la biquette et définitivement démentir ce gros triste d’Hervé Vilard : non, le cabri n’est vraiment pas fini. Bien au contraire, grâce à lui, la France va bientôt reconquérir sa juste place sur la grande scène des nations conquérantes.
« La chèvre, toute la chèvre, rien que la chèvre », voilà un slogan fédérateur, un projet commun, un élan, une réponse à la réorientation professionnelle des millions de déchus du système qui trouveront un nouvel et radieux avenir, qui dans le fromage, qui dans le saucisson, qui dans la maroquinerie ou le crottin.
Bien sûr, il est inutile de mentir, cela n’ira pas sans sacrifices. Du passé et de l’écran plat 112 cm il faudra faire table basse et parfois siphonner la cuve à mazout pour alimenter le kangoo diesel. Il faudra sentir le lait caillé, la paille humide, la crotte fraîche et l’Irrulegui. Car, pour qui maîtrise le personnage, le bizness de la biquette peut-être juteux. Songez qu’en plus des habituels nourritures et vêtements, une chèvre, c’est : des abats-jours, des ballons de rugby, du lubrifiant à suppositoire, des porte-fusils, des décorations pour la cheminée et les motocyclettes américaines, de la crème anti-purpura, des chambres à air de scooter, des cordes de violon, de la poudre à récurer l’inox, d’élégants flûtiaux, des récipients pour boire le calva ou le saké, une sellerie personnalisée pour votre airbus A330, des bilboquets, des casse-têtes, etc. etc. Soit de nombreux et mondiaux marchés juteux pour tous ceux qui savent entreprendre, conquérir, et souhaitent remettre la France dans le sens du progrès, de la croissance et du Crottin de Chavignoles.
Du berger au biznessman en passant par le boucher, le fromager ou le tailleur, y a donc de l’emploi pour tous le monde avec la divine biquette, le plus lucratif étant le commerce de ses poils. Il est parait-il des îles de la Caraïbe où certains sorciers vaudou sont prêts à les payer plusieurs milliers de dollars le kilo pour en bourrer leurs poupées et exercer leurs maléfices. Magnanimes, nous laisserons ce commerce à Monsieur Sarkozy qui doit bien avoir besoin de cash pour financer tous les procès qu’il intente.
Il nous pompe l’air…
Qu’est-ce qui est petit et qui vole? Sarkozy évidement!
301236 km en avion, un peu plus de 900 par jour en moyenne depuis qu’il a signé le « grenouille de l’environnement ».
Selon Terra Economica le nabot produirait autant de Co2 qu’un bon millier de français moyens avec une voiture moyenne, un travail moyen, une consommation moyenne, ou qu’une Smart qui ferait 1750 fois le tour de la Terre. Mais il faudrait être bien con pour faire le tour de la terre en Smart, quand même!
Lors du dernier passage du couple présidentiel à Washington, Carla a du faire remarquer à Zébulon que W en avait un plus gros. Le teigneux, ça nous l’a vexé aussi sec! Monsieur s’offre un gros navion, un nairbus A330 (à 330 quoi?) de 63 mètres de long, avec vitres teintées, jantes alu et moquette sur le volant. Qui consommera deux fois plus de kérosène que le ridicule A119 qui lui servait de brouette volante jusqu’à présent.
Pour ou contre le soleil?
C’est avec consternation que j’apprends, aujourd’hui même, l’existence d’une étoile active à proximité de notre planète la Terre, étoile que certains appellent d’ors et déjà Soleil.
Il faut savoir qu’en ce moment même, alors que le Président de la Banque Centrale Européenne, M. Trichet, choisit précautionneusement ses mots pour doctement nous expliquer qu’il ne fera rien pour enrayer une prévisible forte baisse de la croissance dans une zone euro proche du nervous-breakdown, le soleil brûle chaque seconde en toute impunité plus de 4 millions de tonnes de matière.
Tout ça pour se chauffer à 15 millions de degrés Kelvin. En degrés Celsius, pour les français qui nous lisent et qui aiment la précision mère de sureté, ça fait la même chose, à 273,15 degrés près.
Donc, je pose la question, pourra-t-on tolérer indéfiniment une telle débauche à nos portes ? Ne doit-on pas en finir immédiatement, avant qu’il ne soit trop tard, avec cet esprit de mai 68 qui brûle nos chandelles par les deux bouts ?
J’entends déjà les plus naïfs, probablement gouroutifiés par quelque hippy écologisant à cheveux gras et peau de mouton, s’insurger au nom d’une certaine photosynthèse, voire d’un prétendu écosystème. Mais pendant que nous discutons, les autres avancent. Est-ce que c’est ce que nous voulons ? Dans ce monde, ça ne me plait pas non plus mais c’est comme ça, quand on avance pas, on recule.
Car le Soleil est chaque jour un peu plus à nos portes. Aujourd’hui, seulement 4,8612e-6 parsecs nous séparent de lui. Le parsec est une unité de mesure utilisée il y a très longtemps dans une galaxie très très lointaine. Un certain Yan Solo, petit contrebandier sans envergure, en parle en ces termes :
« Si mon appareil est rapide ? Vous n’avez pas entendu parler du Millenium Condor ? C’est ce type d’appareil qui a fait le raid sur Castle Ring en 20 parsecs. Je bats les engins de l’Empire en vitesse pure. Attention, je dis pas les croiseurs, mais je vous parle des modèles de combat Corelli à double rayon. Je vais assez vite, vous en faites pas. »
On comprendra bien qu’avec un Soleil à seulement 4,8612e-6 parsecs, il est urgent de réagir.
Trois décroissants au petit dej’
Malgré une sympathie avérée pour le mouvement dit « alter mondialiste », force m’est de constater que, sur le terreau fertile de la décroissance, la crétinerie la plus crasse s’épanouit avec l’avidité d’une horde d’ asticots se repaissant d’une charogne de hyène.
Bêtement à la mode, la décroissance (vous pouvez dire a-croissance, si vous êtes universitaire) fait parler d’elle dans des milieux aussi variés que l’extrême droite malthusienne, les alters (mondialistes) ou les écologistes catastrophistes. Elle va même jusqu’à se glisser aux frontières du P.S, car d’autres mondes sont probables. De quoi s’agit-il ? Tout simplement du constat que le Graal de la goinfrerie exponentielle à l’échelle planétaire (vous pouvez dire « croissance », si vous êtes économiste) ne s’accorde décidément pas avec des ressources connement limitées. On acquiescera volontiers au fait que ce constat, clair et bien dégagé derrière les oreilles, a tous les aspects de la stricte Raison. Que sa révélation eût raison du myocarde d’Alain Minc témoigne également de sa pertinence.
Un peu magique, donc, la décroissance permet à l’extrême droite de faire le job sans forcer avec un programme de darwinisme social qui sent bon le rat crevé ; les alters colloquent et se grattent le menton devant leur assiette de tofu-crudité au resto U, l’écologie catastrophiste faisant quant à elle dans la dentelle prospectiviste avec des scénarii qui sentent bon ( ?) le Bruce Willis en marcel.
Tout ceci eut été bel et bon si Hollywood avait embauché Yves Cochet et si tout ce beau monde avait continué à se pisser sur les pieds pour délimiter son territoire idéologique, mais l’incontournabilité des grandes questions leur confère la sécheresse du grain de riz cru : alors, on en fait quoi, de la décroissance ?
A ce moment précis, alors que l’évitable Philippe Stark propose, dans une geste à la symbolique forte, d’aller cueillir des pissenlits dans Central Park, badaboum, Conardus Ex Machina, une poignée d’individus propose une idée digne de faire s’étrangler d’orgasme Jacques Séguela soi-même : radicaliser la tendance « localiste » de l’alter mondialisme (consommer ce qui est produit à proximité, pour limiter l’impact écologique des transports) et généraliser l’auto production alimentaire à partir de plants génétiquement modifiés à germination unique. En un mot, vendre un pire pour soigner un mal et se remplir les poches à grand coups de bottes. Les porcs sont dans le maïs et je suggère d’y déléguer des équarrisseurs plutôt que des faucheurs.
Réchauffement climatique 2
L’été est fini et il a été vaguement aussi pourri que ces prédécesseurs. Mais voulons nous vraiment du soleil ? Il faut réfléchir sérieusement à cette question avant d’y répondre : l’analyse montre un certains nombre de faits qui donnent à réfléchir.
Tout d’abord, nous remarquons que les endroits ensoleillés dans le monde sont ceux qui regroupent le plus grand nombre de crèves-la-faim. Ainsi, il semblerait qu’une entité supérieure perverse ait décidé de créer un monde tordu, ou l’Homme serait uniquement confronté à des choix cornéliens: ou bien tu auras chaud, ou bien tu mangeras. Ou bien tu seras blanc, ou bien tu seras pauvre. Ou bien tu fabriqueras des armes, ou bien tu les utiliseras. Etc.
Autant dire que les endroits thermiquement favorisés sont infréquentables.
D’autant plus que nous remarquons une propension masochiste du pauvre à s’installer et à vouloir nous accueillir, nous autres défavorisés climatiques, de préférence dans des endroits propices aux catastrophes naturelles : crickets à Madagascar, ouragans dans les Caraïbes, raz de marée en Thaïlande, et tout dernièrement en Inde, inondations. Voir l’article du Figaro (désolé) ici
Ceci dit, je n’inciterai jamais personne à prendre ses vacances en Angleterre.
Réchauffement Climatique
Un énorme bloc de glace de 55 km2 s’est soudainement détaché de la banquise et a commencé une lente dérive vers le sud rapporte Le Monde.
Dans un communiqué de presse laconique rapporté par l’Hebdo de la Canebière, le porte-parole de Ricard S.A. affirme n’être « en rien responsable de ce phénomène ».
Activisme et écologie
Nous ne remercierons jamais assez ces jeunes activistes qui, au péril de leur vie, méprisant le danger, se jouant des forces de répression publique bras armé de l’oppression étatique qui sévit chaque jour avec plus de virulence, agissent quotidiennement contre le réchauffement climatique.
Simplement vêtu d’un sweet à capuche qui masque à peine son regard, parfois affublé d’un foulard de coton aux motifs chatoyants, mince rempart contre l’identification policière et les gaz lacrymogènes, le jeune poète s’en va par les chemins, fouler non pas l’herbe menue comme Rimbaud, mais le bitume épais de quelque banlieue inhospitalière.
Son jerrican de mazout ou son cocktail Molotov à la main, il va nuitamment, accompagné de quelques fiers camarades, immoler par le feu les automobiles malfaisantes qui s’exhibent en toute impudeur sur les parkings de la honte.
Oui, nous te soutenons dans cette lutte sans merci contre les émissions nocives de CO2, dont les automobiles des particuliers sont, à travers le monde, principales responsables. Bien sûr, ton geste semble bien isolé, ces conséquences bien locales, mais sache qu’il n’en est rien. N’oublie pas qu’un battement d’ailes de papillon à New-York au siège de l’ONU peut provoquer un ouragan au Soudan, alors imagine un battement d’ailes à Clichy-sous-Bois…
Cher activiste, cher membre des sous-classes de la République, cher insurgé, avec cette abnégation qui caractérise chacun de tes actes, à ton niveau, tu contribues à faire avancer une grande cause. Et n’oublie jamais, du fond de ta cellule, si les forces immondes de la propagande et du grand capital pétrolifère t’ont mis le grappin dessus, que tous les enfants de la terre, ceux de demain et ceux d’après demain, te sont à tout jamais reconnaissants de ton combat et de ton engagement sans faille pour la Vie.
Pollution, je dis non…
Je n’ai rien contre l’écologie.
Moi-même, j’ai un ami écologiste.
Pour lui faire plaisir, j’ai regardé le film de Al Gore, Une vérité qui dérange. J’ai beaucoup aimé. Surtout la fin, quand Bruce Willis sauve le monde en plaçant dans le gros trou la charge de dynamite qui va faire péter la météorite apocalyptique avant qu’elle-même ne pulvérise notre planète.
Sinon, mon copain, à part ce petit soucis de distorsion cognitive qui le pousse, on ne sait exactement pour quelle raison, en réponse à quel traumatisme de la petite enfance, à croire le monde en danger et à vouloir le sauver, il est presque normal.
Mais, le covoiturage et les transports en communs connaissent une hausse sans précédent, partout, pour tous, l’heure est à l’économie d’énergie, même nos amis d’outre-Atlantique s’y mettent, je sens chez lui comme une légère lassitude, voir une déception.
Des années de lutte, à prêcher dans le désert, le taux de carbone dans l’atmosphère, le réchauffement climatique, la fonte des glaces, les cyclones, la montée des eaux, le désert toujours plus grand, etc. pour convaincre le brave citoyen qu’il doit changer son mode de vie, et en particulier y aller mollo sur le pétrole, pour rien.
Il suffisait de mettre le baril de Brent à 140 dollars.






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