Cher lecteur,
Parce qu’il n’y a aucune raison pour que les dirigeants de nos grandes banques soient les seuls à devoir renoncer à une petite gratification sonnante et trébuchante pour leurs bons loyaux services, la rédaction de Chinaski.fr ne saurait accepter les nombreux témoignages de sympathie reçus du monde entier, bien que leur masse volumique variable et leur frénétique occurrence nous aient obligé à bakchicher le facteur que nous soupçonnions pourtant d’accointance avec la nébuleuse collectiviste.
C’est donc mû par de légitimes soucis d’éthique et de décence que vos très nombreux signes d’amitié et de soutien ont été cédés à plus ou moins vil prix en des lieux interlopes mais adéquats et que les fonds ainsi levés ont été transférés pour partie sur l’île de Guernesey que vous pouvez, en toute transparence, voir depuis les remparts de St Malo (par temps clair), et en partie versés à la Fondation pour la Recherche sur l’amnésie post-coïtale, fléau qui frappe sans distinction hommes et femmes dans toutes les sphères de notre société.
De plus et dans un soucis d’humanisme, les trois jeunes femmes d’origine turkmène qui sont venues dans nos bureaux de la part de « Piotr » ont ensuite été libérées et remises aux autorités compétentes malgré des invectives auxquelles ni les pandores ni nous-même n’avons entendu goutte, la prestation (par ailleurs très moyenne) étant censée être payée à l’avance.
Mais ces tracasseries administratives ont été vite oubliées, car suite à un hallucinant enchaînement de phénomènes météo déchaînés totalement indépendants de notre volonté, nous n’avons pas pu nous rendre sur les points chauds de la planète pour vous relater en direct l’état de délabrement de l’humanité avec le talent et l’éloquence qui nous caractérisent : le moteur 2.2GTD de notre Renault Fuégo de fonction a vomi son dernier souffle huileux après qu’un rédacteur diabétique ait eu l’à-propos de pisser sa bière dans le réservoir pour dégeler le gasoil ; le temps que Bebert, le mécano du Speedy de la rue des Carmélites, fasse un échange standard (avec le 2.5turbodiésel de la R25 de l’ancien préfet de police, déniché chez un ferrailleur contre 72 euros en petites coupures non marquées), il était trop tard pour se rendre en (ex) Palestine et à l’investiture d’Obama pour faire notre job, bien que notre véhicule disposât dès lors de 137 chevaux DIN.
C’est en compagnie de ce fringuant équipage, méprisant les radars et bravant le tempête en direction du port de Bordeaux, que nous avons appris que notre informateur, qui devait nous trouver un embarquement pour la Guadeloupe où sévit une grève générale, avait perdu ses capacités neuromotrices après avoir découvert sa femme au lit avec le grand chêne du voisin. Il n’était pourtant pas question de passer à coté de ce grand reportage mais nos maigres économies ayant été placées à mauvais escient chez un investisseur new yorkais, il nous fallut quelques jours pour trouver un embarquement clandestin en direction de la Caraïbe, puis arriver à destination (au terme de péripéties dont je vous épargne le détail pour ne pas alourdir mon propos), et être enfin, enfin à pied d’œuvre pour observer et vous relater avec quelle vigueur le pavé impacte au terme d’une trajectoire sifflante et hyperbolique la visière du CRS avec un angle d’environ 45°, étant admis qu’un écart à la moyenne de plus ou moins 4° n’a que peu d’incidence sur la qualité de la fracture subséquente.
Cordialement
Molise







Commentaires récents