L’Europe sent sous les bras

On nous vend l’Europe un peu comme un produit manufacturé, ce qui ne présente que des avantages pour nos Vrp de la politique, et reste très significatif du degré d’abrutissement généralisé dans lequel nous devons survivre chaque jour:
Prenons au hasard des innombrables produits de consommation courante, le déodorant. Le déodorant est un machin qui sent plus ou moins bon et qu’on se met sous les bras pour ne pas indisposer nos frères humains avec nos horribles odeurs corporelles. Nous sommes dans la plus pure convention sociale, rien d’alarmant. Ce qui est étonnant, c’est la distorsion cognitive qu’introduit une société de consommation, par le biais de la publicité et plus largement, du discours, entre le produit proprement dit, son usage, sa fonction, et sa représentation.

Grosso-modo, chaque marque nous montre un stéréotype d’homme ou de femme physiquement, socialement et économiquement dominants, et nous vend l’idée selon laquelle nous pourrions être nous-même ce cliché d’individu alpha en nous imprégnant les aisselles de sa camelote.

Avec l’UE, c’est pareil. On nous survend un certain humanisme et l’idée selon laquelle notre bien-être économique et social, notre bonheur, notre supériorité passent par la concorde entre peuples européens, contre les méchants -chinois, -russes, -japonais, etc… Une image d’Epinal qui ne correspond à aucune réalité.
Dans les faits, l’Europe est une immonde machinerie ultra-libérale avec des règles financières et économiques dont même les USA n’ont pas osé se doter.
Sauf que le déo machin, vous êtes encore libre de ne pas l’acheter, et c’est les limites de ma démonstration: Cette Europe, les peuples lui claquent la porte au nez, les députés la font rentrer par la fenêtre…

Oignon européen

Designed by Philip Starck, il faut avouer que le logo de la présidence française de l’UE, qui débutera le 1er juillet pour 6 mois, en jette.
Et c’est nous qui paye.
Il fallait tout le génie de Philippe pour réussir à exprimer tout à la fois et avec autant de force, le rien, l’innocuité, le désintérêt et le spleen.

Ne sentez-vous pas, bande de béotiens sous-alimentés, le souffle de la concorde universelle se lever dans votre cœur à la vue de ces drapeaux français et européens si sensuellement enlacés ?
Ne sentez-vous pas, citoyens de seconde zone non assujettis à l’ISF, un enthousiasme inexplicable vous étreindre, devant ces symboles si majestueusement pendus au clou, qui expriment si magnifiquement l’énergie débordante des forces vives de l’Europe et de la France ?
Quelle puissance d’évocation ! Quelle créativité ! Phil résume en un seul visuel ce que les meilleurs politologues n’arrivent pas à théoriser depuis le non au référendum.
Enfin, une fois n’est pas coutume, saluons le courage de nos responsables européens, qui osent l’exhibition de cette expression crue de la réalité.
Faisons taire ensemble, mes frères, les mauvaises langues qui affirment que Filou, après avoir consenti un rabais substantiel sur la commande, à refilé la réalisation du projet à un stagiaire philippin.
Ne laissons pas dire que nos élus sont tellement baltringues qu’ils ont trouvé le résultat satisfaisant.