A quoi pense un néo-conservateur ?
Les femmes et les hommes qui composent l’actuelle majorité au pouvoir sont souvent présentés comme des baltringues notoires plus ou moins bas de plafond. C’est une erreur et un tort, ils ont une intelligence moyenne, avec les écarts à la moyenne habituels pour un échantillon censé être représentatif de la population. C’est simplement leurs idéologies qui sont particulièrement cons et celle de la conservation sociale en fait partie.
Tout commence (presque) au dix huitième siècle. En ces temps de Lumière, des naturalistes comme Linné ou Buffon s’appuient sur les récits de voyage des grands explorateurs des siècles précédents, qui décrivaient des populations plus ou moins « exotiques » de manière plus ou moins fantaisiste, pour établir des classements de la diversité humaine à partir des critères de leur profession : des critères naturalistes.
De fait, à partir de grilles de lectures et critères « biologiques », les naturalistes et l’anthropologie physique vont à la fois créer la notion de race (pour classifier et hiérarchiser la diversité humaine) et l’idéologie de la pensée naturaliste du social. Dans les deux cas, l’individu et le social sont présentés comme « conformes à un Ordre Naturel », toute contestation de cet ordre établi étant naturellement discréditée, voir réprimé. La question de savoir si les différences naturelles sont porteuses en elles-mêmes de hiérarchisation ou si cela est dû à un « traitement social » et/ou politique de ces mêmes différences, se résout définitivement avec la chute du régime nazi.
Du moins le croyait-on, car Jean Marie Le Pen, dans les années 80, remet sur le tapis les notions de race et de déterminisme biologique des faits sociaux, l’ennemi étant maintenant à l’intérieur du pays sous la forme générique de « l’émigré ». Tout le monde, ou presque, s’insurge. Près de trente ans plus tard, on euphémise « race » en « origine ethnique » et « déterminisme biologique » en « génétique » mais on nage en pleine pensée naturaliste du social. Le meilleur exemple étant l’expression « émigré de deuxième ou troisième génération » qui fait florès : un fait social –le fait de migrer- devient un état biologique héréditaire.
Bien entendu, les hommes et femmes de l’actuel gouvernement donnent à plein dans l’idéologie de la conservation des « hiérarchies naturelles », et par le fait des discriminations, en ayant systématiquement recours à la pensée naturaliste du social. Cela transpire de tous les discours sur « les quartiers », « l’Afrique », nous donne des inepties sur le « public sain », ou encore une catégorie « origine raciale » probable dans le futur fichier Edvige ; autant d’exemples présentés comme anecdotiques mais qui alimentent l’idée que, selon des critères biologiques, c’est-à-dire naturels et irréversibles, telle ou telle population présente une prédisposition aux trafics, à la violence, au trouble de l’ordre publique, bref, sont une menace pour le reste de la société. Autant vous dire que depuis trois générations qu’ils pourrissent l’ambiance, les émigrés ont bien de la chance de bénéficier de nos prestations sociales (sans naturellement travailler) et de pouvoir s’entasser dans des ghettos à la périphérie de nos villes civilisées où même les flics, parait-il, ne vont pas.
Bon, leurs idées étant ce qu’elles sont et à voir leurs trognes dans la Tévé, j’ai vaguement l’impression que certaines personnes dans ce gouvernement ne comprennent pas grand-chose à ce qu’elles disent.







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