Lorsque les grands hommes se laissent abattre par la longueur de leurs infortunes, ils font voir qu’ils ne les soutenaient que par la force de leur ambition, et non par celle de leur âme, et qu’à une grande vanité près les héros sont faits comme les autres hommes
Peu de gens connaissent la mort. On ne la souffre pas ordinairement par résolution, pais par stupidité et pas coutume; et la plupart des hommes meurent parce qu’on ne peut s’empêcher de mourir.
La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir. Mais les maux présents triomphent d’elle
Ceux qu’on condamne au supplice affectent quelquefois une constance et un mépris de la mort qui n’est en effet que la crainte de l’envisager. De sorte qu’on peut dire que cette constance et ce mépris sont à leur esprit ce que le bandeau est à leurs yeux.
La constance des sages n’est que l’art de renfermer leur agitation dans le coeur
Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d’autrui
La modération est une crainte de tomber dans l’envie et dans le mépris que méritent ceux qui s’enivrent de leur bonheur; c’est une vaine ostentation de la force de notre esprit; et enfin la modération des hommes dans leur plus haute élévation est un désir de paraître plus grands que leur fortune
La modération des personnes heureuses vient du calme que la bonne fortune donne à leur humeur
Cette clémence dont on fait une vertu se pratique tantôt par vanité, quelquefois par paresse, souvent par crainte, et presque toujours par tous les trois ensemble
La clémence des princes n’est souvent qu’une politique pour gagner l’affection des peuples
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