Un livre de Anna Gavalda…

…c’est un peu comme trouver un verre d’eau vide dans le désert : ça sert à rien, ça énerve, ça vous donne envie d’égorger votre chameau et d’inventer des religions monothéistes à la con pour punir la planète entière…
Bon, j’exagère un peu. A la vérité, un livre de Anna Gavalda, ça vous en touche une sans bouger l’autre.
Ah… Anna… j’ai pourtant essayé, de te lire. Et ta prose lénifiante m’a pris en traître…

J’ai vu soudainement l’implacabilité du temps qui passe, Tempus fugit, comme dirait le Pape, comment il s’appelle, déjà ?
Donc, le temps passe… Et tout à coup, soudainement, au détour d’un rebondissement aussi imprévisible qu’une tache de moutarde rance sur la chemise d’un VRP, j’ai compris, Anna, que j’aurai pu t’aimer, du temps de ma jeunesse folle et follement enfumée. Je me serais laissé bercé, adolescent défoncé à la colle à rustine, par ton chant romantico-ésotérique dépressif…

Mais non.
Quelle mocheté, la vie. Pourquoi ne t’ai-je rencontrée plus tôt ?
Pourquoi le destin ne nous a-t-il pas réuni en d’autres temps, sous d’autres cieux, vers d’autres horizons, d’autres perversions polymorphes et d’autres incommunicabilités régressives?
Nous aurions pu vivre un genre d’idylle, toi et moi. J’aurai fait l’homme un peu rustre mais généreux. Tu aurais fais la femme sensible mais forte. Toi et moi, nous gambaderions sur une plage de sable noir comme il en existe sur les iles volcaniques et françaises du Pacifique, pas que les françaises mais bon, je vois pas de raison d’aller chez les sauvages, donc je disais, nous baguenauderions sur les plages de sable noir à la recherche de quelque perversion monomaniaque, de quelque platitude à énoncer devant un majestueux -forcément majestueux- coucher de soleil…

Un jour, j’en ai l’intuition, je le sais, j’entends le murmure du destin : Alzheimer me saisira… alors…toi…moi…le sable…j’en frissonne d’avance.
Euh non, ça c’est Parkinson…
Enfin bon, un jour, toi, moi, la perversion molle, les clichés putrides, les couchers de soleil, la mer, l’horizon infini, forcément infini et l’amour, éternel, forcément éternel…

Rentrée littéraire

Les critiques unanimes encensent le dernier livre de Catherine Millet, Jour de Souffrance. Même le Michel Drucker de l’imprimerie de masse, Bernard Pivot, reconnaît des qualités à ce livre de Catherine qui, contrairement à son prédécesseur et contre l’avis de son éditeur, se lira des deux mains. Bon, je l’ai pas lu. Et je le lirais pas. Mais si quelqu’un a des choses à dire…
Pour la photo, c’est Sasha Grey, un genre de Catherine Millet situationniste…mais vous êtes assez grands…