Désordre capilaire à l’UMP

Après Nadine Morano qui arborait un magnifique chignon à la Sarah Palin durant la campagne US, c’est au tour de Bernard Laporte de revendiquer son accointance capilaire avec Barack Obama. C’est ça, l’ouverture.

Au bas mot Obama !

L’élection de Barack Obama au poste de président des Etats-Unis d’Amérique est ressentie de par le vaste monde comme globalement positive ou réjouissante, voir porteuse d’espoirs et même d’utopies ; en France, l’engouement idolâtre autour de sa personne souligne cruellement l’incapacité du pays à générer une élite politique à laquelle il ne soit pas ridicule de s’identifier.
Aux Etats Unis cependant, l’élection d’Obama, si enthousiasmante soit-elle pour une partie de la population, n’en est pas moins un facteur d’incertitude voir d’agression pour d’autres, en raison même des singularités qui l’ont porté au pouvoir. Maintenant élu, Obama va symboliser une « identité américaine » inédite à ce niveau de responsabilité, et le degré d’adhésion des populations et des administrations à cette « identité inédite » sera sa marge de manœuvre, sa capacité à agir. On peut déjà anticiper que celle-ci sera extrêmement variable tant ce qu’il incarne malmène quelques mythes fondateurs du pays.
L’absence d’« effet Bradley » (en 1982, T. Bradley, candidat au poste de gouverneur de la Californie donné largement gagnant, avait perdu en raison de nombreux votes « contre la couleur de sa peau» assumés uniquement dans l’isoloir) et l’élection de Barack Obama ne garantissent en rien que l’ « origine ethnique » ne revienne pas rapidement parasiter les débats, voir bloquer les décisions. L’adage « une goutte de sang suffit pour être noir », qui porte en lui toutes les discriminations racistes, est actuellement parfaitement intégré tant par les démocrates que les républicains, élus ou non : quoiqu’on en dise, la « question raciale » structure très profondément l’ordre social aux Etats Unis. Par ailleurs, Obama correspond très peu au modèle, lui aussi mythique mais opérant, de la masculinité américaine qui trouve son expression dans une virilité exacerbée et machiste, une masculinité agressive et dominante s’incarnant, par exemple, dans le « hard power ». Ou encore au modèle, idéal typique, de l’américain profondément ancré à son territoire, pragmatique, terre à terre, épris de plein air et de grands espaces. Bref, toutes les singularités d’Obama, plus ou moins survendues pendant la campagne, seront impitoyablement mises à l’épreuve du pouvoir. Certaines sont anecdotiques, d’autres ont une capacité de nuisance dont de nombreux lobbies ne manqueront pas d’abuser auprès d’une opinion publique déjà déstabilisée et angoissée par « la crise ».
Qu’Obama assume ses singularités est un minimum, que « tout le monde » le fasse et s’identifie aux retournements symboliques que son élection génère est un rêve gentiment naïf à oublier très vite. De la capacité du nouveau président des Etats Unis d’Amérique à incarner, sur son propre territoire et durablement, « autre chose » que des modèles usés et rejetés, c’est-à-dire et de manière très pragmatique de sa capacité à amener de la visibilité dans un contexte socio-économique de forte incertitude, dépendra sa capacité à agir beaucoup plus globalement sur les notions, actuellement fondamentales, de risque et de rareté.

Pendant ce temps là, au PS…

Obama est immortel

Ils sont jeunes, ils ne ressemblent à rien et ils sentent bon le purin chaud: deux bouseux néo-nazis se voyaient bien vivre leur quart d’heure de célébrité par le dézingage en règle d’une centaine de noirs, y compris Barack Obama, quitte à en mourir, mais le FBI les a privés de Star’Ac en les arrêtant avant même qu’ils n’enfilent leurs cagoules blanches.
Il y a un coté horriblement pathétique, chez ces types. Je veux dire, au-delà du discours attendu sur le racisme, c’est mal, tuer des gens c’est pas bien, je ne peux pas m’empêcher d’éprouver une sorte de pitié.

Le jeune palestinien a vu ses parents spoliés par les colons, sa maison détruite par des chars ou des bombardements aveugles, il crève la dalle dans son ghetto, il n’a pas d’avenir. S’il décide d’aller se faire péter la couenne dans un bus bondé à Tel-Aviv, quoiqu’on en dise, c’est un acte de vie. Car de vengeance, de combat, de révolte, d’insurrection… Puisqu’on lui a tout pris, et que le désespoir est son seul horizon, il choisit pour sa propre mort de faire mal à l’adversaire plutôt que de vivre en victime. Un acte ultime de liberté.

Le bouseux américain vit dans un pays fait pour et par lui. Il vit dans un pays où, quoiqu’on puisse penser du libéralisme et de ses tares, plus que dans n’importe quel autre au monde, « tout est possible ». Alors oui, j’éprouve de la pitié pour ces pauvres gugusses prêts à mourir au nom de préjugés racistes si profondément ancrés dans la culture de ce prolétariat blanc américain qu’ils semblent naturels.

Alors évidemment, qu’un membre d’une « minorité visible » puisse être président les atterre. Car avec un président noir, c’est comme si ce pays qu’ils aiment tant n’était plus le leur. Car toutes les « valeurs » qui le font seraient pour eux, dans leur ensemble, remises en cause.

En plus, Bush et McCain out, il semble bien qu’ils ne pourront même plus pour se défouler en allant péter la gueule à toutes les « minorités visibles » qui peuplent la planète.

Al-Qaïda: des nihilistes en carton pâte

D’après le NouvelObs, Al Qaïda soutiendrait le candidat John Mc Cain dans sa course à l’investiture (Voir l’article). Etrange. Ils affirment que l’ « impétueux » républicain serait le meilleur président pour entraîner les USA dans une chute militaire et économique. Opinion qui semble d’ailleurs faire l’unanimité partout dans le monde sauf aux USA.

Nos pervers suicidaires et autres coupeurs de tête du dimanche préférés sont-ils si branques que ça en communication? S’il voulaient vraiment se donner toutes les chances de voir Mc Cain gagner, n’aurait-il pas mieux valu soutenir officiellement Obama?
Avec, par exemple, une belle allocution du charcutier en chef Ben Laden du fond de sa grotte tora-borienne. D’ailleurs, on l’entend plus, le milliardaire à barbe, peut-être qu’il va s’y mettre au dernier moment, style, 3 jours avant l’élection, comme en 2004. Ou alors, il a rejoint Allah et ses 1000 vierges…
Les républicains au cours de la campagne, ont largement insisté sur les accointances supposées d’Obama avec d’anciens terroristes gauchistes, ont insinué de manière plus ou moins raciste sur sa supposée confession islamique plutôt que chrétienne, ont daubé sur la lâcheté à vouloir quitter l’Irak… Une bonne déclaration de soutien aurait fait son chemin sans problème dans certains esprits déjà bien préparés…

Mais non. Al Qaïda soutient Mc Cain.

Donc, ils participent à faire gagner Obama. Et c’est un aveu de faiblesse. Le démocrate veut quitter l’Irak. S’ils se sentaient si forts, les barbus préféreraient continuer le combat, pour affaiblir les chiens d’infidèles américains, foutre le bordel, perpétuer le chaos, ils préfèreraient Mc Cain, ils souhaiteraient même l’extension du conflit frontal… Mais non… Ils veulent que leurs adversaires s’en aillent, et ainsi sauver les apparences en s’attribuant une prétendue victoire. En fait, voilà donc un vrai témoignage sur la situation en Irak: les ricains sont bel et bien en train de gagner.