Bonne année mon cul

Une bonne année, une bonne santé, et tous nos voeux de bonheur à Julien Coupat, Ydlune Lévy, aux Palestiniens de Gaza, aux quelques milliards d’opprimés, d’affamés, incarcérés et massacrés du monde entier.

A part ça, les huîtres étaient bonnes, merci.
A part ça, on est bien, en France.
A part ça, personne ne doute plus que la Lepenisation rampante des esprits ne fut jamais un fantasme, voici venir la même en couleur: la Sarkozyfication des esprits.

La production publique d’un discours n’est jamais anodine. Après s’être vautrés dans un racisme mou, après que ceux dont la lâcheté et le cynisme sont le métier, les politiques et les journalistes, aient répondu à notre place, positivement, aux questions: « Faut-il écouter Jean-Marie Le Pen, faut-il l’inviter sur les plateaux télé, peut-on en toute conscience relayer auprès de millions de citoyens la geste nauséabonde du héraut de la dialectique du racisme? », les français sont maintenant incités à continuer de chier dans leurs propres bottes et à applaudir des deux mains en s’enfonçant tranquillement dans un totalitarisme informe et pernicieux.

Au delà des lois liberticides qui s’accumulent, pas un jour ne passe sans qu’un des principes fondamentaux qui caractérisent une société de droit saine et vivante ne soit au minimum verbalement remis en cause, par le maître lui-même ou par quelques-uns de ses seïdes.
Les canaux médiatiques sont saturés des discours que l’on croyait définitivement enterrés dans les cimetières de la pire propagande réactionnaire. La bêtise le dispute à la démagogie. On érige chaque jour des monuments à la misère intellectuelle la plus crasse.
Aujourd’hui nous gouvernent les représentants d’une bourgeoisie inculte et apeurée trop heureuse de prendre sa revanche après l’humiliation mitterandienne. Nous n’entendons qu’eux.

En théorie, vous devez flipper dès que vous sortez de chez vous, et une présence policière renforcée vous rassure tant il est vrai que potentiellement, votre prochain peut aussi être votre agresseur.
Vous rêvez de porter une vraie Rolex au poignet, dans la plus pure tradition bourgeoise d’afficher sa réussite sans trop d’ostension.
Vous culpabilisez de rester au plumard le dimanche matin plutôt que de faire votre jogging.
Vous détestez tout ce qui est trop complexe.
Etc.

Mes bonnes résolutions pour 2009 ?
Prôner la Révolution.

Cette année, Noël ne passera probablement pas les huitièmes de finale.

En raison, entre-autres, d’un réchauffement climatique patent en Laponie Finlandaise, annoncé mais néanmoins dévastateur pour le moral des troupes, et de la hausse des prix des matières premières, en particulier celui de l’herbe à fourrage, la moitié des caribous titulaires du gros bonhomme rouge, en baisse de forme ou blessés, se retrouve sur le banc des remplaçants.

Le latéral gauche Nitendo souffre d’une tendinite qui devrait l’éloigner durablement des terrains et le charismatique milieu de terrain et meneur de jeu Fisher-Price s’est connement déboîté la rotule en match amical lors d’une petite distribution de parachutes dorés. D’après le kinésithérapeute de la formation, il serait absurde de reprendre trop tôt l’entraînement au risque d’hypothéquer l’avenir du jeune prodige.
Le Grand Coach Barbu a bien expliqué qu’il disposait d’un réservoir de jeunes talents qui ne demandaient qu’à s’exprimer, mais la nouvelle équipe manquera assurément de temps de jeu, et les cadres expérimentés peineront probablement à donner cohésion à l’ensemble.

Certains commencent déjà à chercher des coupables à cette bisbille, remettant principalement en cause un calendrier trop chargé. Des cadres influents réclament une nouvelle approche de la tournée du 25 décembre, et même si, par le passé, certaines mesures avaient été prises pour expurger le parcours de continents entiers, la nouvelle donne économique poussera probablement Petit Papa Noël à revoir les conditions de son passage dans un certain nombre de cheminées hypothéquées.
Un retour à des fondamentaux des plus classiques est donc à prévoir, à savoir qu’il vaut mieux mettre cinq cadeaux dans une cheminée plutôt qu’un cadeau dans cinq cheminées, qui risque, en se cantonnant à un schéma tactique de plus en plus décrié, de détourner les supporters les plus enthousiastes de cette jeune équipe en pleine restructuration…

Que les flics retournent dans leur pays

La vérité m’oblige à le dire car le constat est simple et le bon sens à portée de la main : trop de gens en uniformes hantent nos rues.
Je ne dirais qu’un mot, et si d’aucun veulent me taxer de fliquisme primaire, qu’ils le fassent, mais on ne m’empêchera pas de parler, car enfin, ils sont à nos portes, de plus en plus nombreux, armés jusqu’aux dents et légèrement plus stupides que la moyenne, mettant sans cesse la population sous pression, dans l’angoisse d’une bavure ou d’une arrestation arbitraire.

Je dirais donc tout haut ce que les français pensent tout bas : que les flics retournent dans leur pays.
Tous ces hurluberlus de bleu vêtus s’installent tranquillement dans nos villes et nos campagnes, au nom d’un idéal sécuritaire rêvé par un homme à la tête de l’Etat qui affiche un physique et une personnalité propres à subir les brimades de ses petits camarades de classe quand la maîtresse a le dos tourné. Mais on ne demande pas leur avis aux gens normalement constitués, ceux qui n’en veulent pas à la terre entière, et qui doivent cependant se coltiner la volaille au quotidien. Car s’ils constituent bel et bien une « minorité visible », ils ne cherchent en rien à s’intégrer en respectant au minimum les règles simples de la vie en société : gyrophares et sirènes à toute heure du jour et de la nuit viennent en permanence bafouer le droit au sommeil et à la tranquillité des citoyens. Si l’on rajoute à cela les émissions de gaz pestilentielles de leurs fourgons administratifs hors d’âge qui semblent ne jamais devoir s’arrêter de patrouiller, nous pouvons bel et bien parler de « bruit et d’odeur ».
Bien sûr, les plus fourbes d’entre-eux se reproduisent à l’envie pour toucher les allocations familiales.
Chers amis, rétablissons l’équilibre dans une société qui devient de plus en plus bleue et se corrompt au contact de cette communauté aux moeurs délétères. Exigeons la création de quotas annuels d’expulsions vers les Etats-Unis.

Philosofions

Chère lectrice, cher lecteur, je t’invite à réfléchir et à trouver ta propre réponse : La sodomie est-elle contre-révolutionnaire ?

Sean Penn, le Florent Pagny de la côte ouest

Passé un certain niveau de notoriété, de reconnaissance, à moins que ce ne soit après que votre banquier vous ait annoncé la larme à l’œil, tout bouffi d’attendrissement condescendant, que votre compte en banque dépassait pour la première fois le million, les preuves sont nombreuses, la plupart des gens perdent le sens du ridicule.

Prenons le cas de Sean Penn, le Florent Pagny de la côte Ouest.

Sean, tout le monde vous le dira, est un putain de rebelle. D’ailleurs, quand Sean paraît, les nantis frémissent, les puissants se mettent à transpirer, les sphincters des oppresseurs se relâchent. Parce que Sean, quand il s’énerve, il fait des trucs dingues.

Par exemple, Président du jury du festival de Cannes.

Le festival de Cannes, du nom de la station balnéaire gériatrique l’accueillant, est un festival de cinéma qui connait son heure de gloire dans les années 50-60, et aujourd’hui tombé en désuétude. Le terrien moyen a perdu sa naïveté enfantine, et ne restent de sa splendeur passée qu’un tapis rouge, déroulé chaque mois de mai sous les pieds des stars multimilliardaires du grand écran, et un genre de vide-grenier boursouflé où les multimilliardaires de la production cherchent la bonne affaire, le nanar à 5 dollars qui « rencontrera son public ».

Seulement, en 2008, M. Penn prend le pouvoir. Tremblez, acteurs cocaïnomanes divinisés et suppôts du grand capital, Sean l’iconoclaste va déboulonner les trop orgueilleuses statues de l’ordre établi. Sous la présidence de Sean, il l’a annoncé lui-même, l’idéologie prendra le pouvoir, le film engagé sera récompensé…

Et soudain, juste après la projection du dernier film en compétition, le drame…

Merde, se dit Sean en lui-même, mais en anglais. Je vas quand même pas remettre les frères Dardenne ! Comment que je vas faire ? Il est pas là cette année, Ken Loach ? Si je mets le Che de Soderbergh, ça va faire trop, je passe pour un con ! Merde, merde, merde ! Y a personne qu’a un truc engagé ? Enfin, social quoi ! N’importe quoi, je prends !

Et voilà.

Entre les murs.