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Royal-Aubry: la synthèseRetrouvez Martine et Ségolène dans UltimateChicksFighting, la nouvelle simulation de catch féminin dans la boue uniquement disponible sur consoles P-S. L’extension KrevarSystem est disponible au Médiastore de la rue Solférino.

Elue à la tête du PS, Ségolène Royal épouse Grishka Bogdanov

Souviens toi, ami lecteur, c’étaient les années 80…
Dans les petits bals du samedi soir, pendant que, dans un louable effort collectif de recyclage, les bouteilles vides de ce curieux vin crépitant obtenu à partir de grappes vendangées vertes volaient en tous sens et que l’horizon s’obscurcissait et penchait absurdement sur la gauche, le chanteur-leader de Paul Richard et les Anisettes bramait « un peu plus près des zétwaaales » à pleins poumons dans le micro-larsen de la disco mobile avant que des repas du soir, de la bile et du vin aigre, voir des molaires ou des arcades ne se répandent sur cette tendre rosée du petit matin où scintillaient alternativement le gyrophare du camion poubelle et celui de la Renault 4L d’agents de la maréchaussée aux moustaches sourcilleuses et aux cousins proches.
Un peu plus près des étoiles, vingt cinq ans plus tard, Ségolène Royal l’est indubitablement. Ce qui tombe plutôt bien quand l’ambition politique affichée à Reims est de les rallumer, les étoiles. Ainsi donc l’absconse prophétie de Michel de Nostre Dame, dit Nostradamus, se révèle t-elle limpide : « le vingt-onze-zéro-huit, Jupiter, entrant dans la maison de Saturne et y mettant un boxon indubitable, les militants PS exaltés élisent Jeanne d’Arc ». Ceci fait, et la fulgurante euphorie béate passée chez les ahuris, le souci subséquent est que le paquebot de la rue Solferino aura tôt fait de sancir en eaux saumâtres sous le poids conjugué de la débandade des éléphants affolés et des poubelles trop pleines de lendemains qui déchantent.
Car sous ses airs à voussoyer son lévrier afghan pour qu’il lui ramène promptement la baballe et son mysticisme intersidérant, la dame possède l’hardiesse de ses ambitions fiévreuses, un électorat acnéique et une mise sur orbite flambant neuve. Mais pour se satelliser définitivement vers 2012, il faudra bouffer aux râteliers centristes. C’est prévu par le désormais célèbre Menu Royal qui propose, avec la MacDonaldisation du parti socialiste, de dissoudre des solutions lyophilisées par le temps dans quelque eau tiédasse des Pyrénées. Bien qu’il s’agisse, parait-il, de favoriser le rayonnement intérieur d’un maximum de votants, il n’est pas sûr que la soupe de cailloux ainsi obtenue soit comestible, même dans la stratosphère.
Bon, sinon, il reste toujours les fricadelles-frites.

Rocard: un sénateur en colère

Tremblez, peuples de Gauche, car il y a pire que la Grande Crise Economique: Michel Rocard fait comprendre qu’il pourrait quitter le PS si Ségolène Royal était élue Première Secrétaire.
Quand à François Mitterand, il n’a pas encore fait savoir pour quelle motion il allait voter…

Ségolène Royal détrone Claude François

Ségolène Royal, avec ses cheveux ébouriffés et une tunique bleue électrique, apparaît sur la scène du Zenith, et la première chose qui vient à l’esprit, c’est qu’elle affiche tous les attributs de celle qui vient de se faire frapper par la foudre.
Ou encore, qu’elle sort d’un camp d’entraînement pour policiers municipaux tout heureux de trouver une cible mouvante pour tester leurs Tazers.
Et puis le show commence, et l’on comprend qu’il s’agit simplement d’un hommage à Claude François, sa pensée profonde et progressiste à la fois, sa vie, son oeuvre, sa baignoire.
Car l’homme aux costards à paillettes plane comme une ombre tutélaire sur ce grand raout du divertissement publicitaire, avec Vincent Peillon et Jean-Louis Bianco dans le rôle des clodettes, François Bayrou dans le rôle de Michel Drucker, Yannick Noah et Trust(!) en guests stars, et les paroles inoubliables de la tartuffe du Poitou-Charentes – « Dans toutes les histoires, le chant a toujours porté toutes les révoltes », « J’ai appris qu’il faut savoir perdre sans amertume pour pouvoir un jour gagner sans triomphalisme » – doivent couler comme du miel dans les oreilles du blondinnet survolté – si tu nous entends de la haut, Claude, fait nous un signe, tu nous manques, surtout les lundi au soleil…
Las, la Laure Manaudou du marketing foireux se voulait lumineuse, elle ne se montre qu’illuminée. N’est pas Cloclo qui veut.
En attendant de se présenter à la StarAc’, il paraîtrait, selon son entourage, que Ségolène Royal envisage de se lancer en politique… (S’il y a des lecteurs de l’UMP sur Chinaski.fr, normalement, là, vous trouvez ce blog vachement drôle).
Car celle qui se présente comme un genre de prophétesse d’une gauche « moderne », foire son coup, elle débarque exaltée au Zénith, l’air de sortir d’une entrevue politique avec le Tout Puissant, mais un Tout Puissant sans Verbe, qui aurait oublié de lui refiler les Tables de la Loi, et la voilà un peu comme un Moïse qui redescendrait tranquillement du mont Sinaï pour annoncer fièrement à son peuple « Celles d’avant n’étaient pas dignes d’un prophète, Yahvé m’a refilé une nouvelle paire de pompes! ».

Une femme, une pipe, un pull

La grande question métaphysique qui nous taraude tous depuis notre plus tendre enfance, ou depuis notre enfance malheureuse d’enfant battu et humilié, car je m’adresse à tout le monde, je serais le Chinaski de tous les français, même de ceux qui gardent une rancune tenace des souffrances passées: « Qui engendre l’autre, la poule, ou l’œuf ? », peut s’appliquer moyennant quelques arrangements périphériques, et c’est peut-être ce qui fait sa force, à quasiment tous les domaines de la vie.

Par exemple, qui était là le premier, le publicitaire, ou le consommateur ? Le publicitaire serait-il un genre de super-consommateur ? Le consommateur serait-il un genre de publicitaire raté ? Le publicitaire est-il ontologiquement débile, ou bien fait-il un effort démesuré pour se mettre à la hauteur de la bêtise incommensurable du consommateur lambda ? L’esprit de ce dernier serait-il aussi embrumé et perméable à la réflexion, s’il n’était bombardé de tant de messages consternants de vacuité ?

Enfin, le duopole capitalistique est l’incarnation la plus représentative de cette connivence délétère pour la réflexion entre le pubeux et le consommeux.

Dans la pub, les deux figures symboliques de la sécurité et de la rébellion constituent le duopole, l’un alimentant l’autre et vice-versa. Par exemple, Coca-Cola, la marque dominante, sécurisante, la valeur sûre, et de l’autre, Pepsi-Cola, la boisson que vous vous devez de boire si vous êtes un rebelle, ou en tout cas, au minimum, si vous vous sentez « différent », et que vous tenez à le faire savoir.

Chacun dans son rôle, légitime l’autre, et cette configuration a l’avantage d’empêcher la concurrence d’un troisième larron qui viendrait bouffer les parts de marché de l’un et de l’autre. D’autre part, le challenger n’a en vérité aucune envie d’arriver devant le premier, il profite suffisamment de sa situation pour en être satisfait.

Il y a aussi Microsoft et Apple.

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.