Santé
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Du Art ou du cochon?
Certains artistes engagés me donnent envie de regarder TF1. Où on trouve encore parfois, sur un malentendu probablement, quelques traces fortuites de subversion.
Mais j’ai déniché sur Internet une pépite. Un diamant brut. Et j’avertis clairement les plus sensibles d’entre vous de la violence inouïe du brûlot contestataire qui va suivre.
M. Bruzat, metteur en scène de théâtre subventionné à Limoges (ce qui peut constituer une explication,mais pas une excuse, comme dirait l’autre) depuis 21 ans (c’est lui qui le dit), est interviewé.
Il nous parle de… euh, théâtre subventionné, mais avec ses mots à lui.
Enfin, pas vraiment ses mots à lui, non plus.
Plutôt, les mots qu’il croit qu’il dirait s’il avait quelque chose à dire.
Pour ceux que l’énumération logorrhéique de poncifs libertaires éculés ne rebute pas, la vidéo est ici : http://www.bobines.info/bruzatmichel/bruzatmichel.html
Pour ceux que la puissance civilisatrice du verbe émeut au-delà du supportable et qui ne supportent pas le gâchis, j’ai relevé quelques courts passages, mais largement suffisants :
« C’est un monde d’argent où les valeurs essentielles n’existent plus. Le théâtre pour moi est quelque chose d’essentiel dans ma vie, je crois que c’est un des derniers lieux où les gens écoutent le silence. »
Tu crois pas si bien dire.
« Moi je me rapproche de la mort, et plus je me rapproche de la mort, plus je sens que la seule chose importante dans la vie, c’est l’amour. »
C’est dingue, non?
« Ce théâtre s’appelle Théâtre de La Passerelle, car c’est une passerelle pour aller à la rencontre des gens. »
Des gens qui vont au théâtre de la Passerelle ?
« Ce qui me passionne avec les gens – j’ai rien à leur apprendre- mais j’arrive à les aider à accoucher d’eux-mêmes, à les aider à devenir ce qu’ils sont, à faire sortir une censure. On dit que je transmets une confiance, et que je sers un peu de trampoline (!!) comme ça… »
Il y a des apprentis gourous qui sont en taule pour moins que ça.
Etc., etc., comme ça pendant 15 minutes, que du bon cette interview, pas un cliché ne manque.
Il a fait l’école du rire avec Jack Lang, ou quoi ?
Les amis de mes amis…
La Tribune est un journal économique.
Un gros titre de La Tribune, ça ressemble à ça :
Altadis: la France devrait être particulièrement touchée par la restructuration imposée par Imperial Tobacco.
Ou encore, ça :
La Bourse n’apprécie pas le relèvement envisagé de la partie cash de l’offre de France Télécom sur TeliaSonera.
On sent tout de suite, en lisant La Tribune, une joie de vivre, une soif de fraternité, une humanité, qui élèvent une âme et nous rendent, nous pauvres lecteurs égarés dans un monde sans repères, meilleurs. La pureté magnifique d’une courbe journalière du CAC40 nous laisse entrevoir l’existence possible du Beau et du Bon.
Imaginons la rédaction, cette communauté de personnes immenses, mues par une empathie joviale, comme un havre de paix et de concorde peuplé de journalistes encravatés, de costards en solde, de trousseaux de clés Renault Laguna, et de chemises C&A repassées à la main, comme un genre de Libertalia de cadres moyens, une utopie concrète d’hommes et de femmes en marche, qui nous montrent que oui, un monde meilleur est possible…
Alors La Tribune serra plus qu’un simple journal économique. La Tribune se veut universelle. La Tribune aura son mot à dire sur la culture, la politique, et même le sport…
Et là, La Tribune dira,
Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. (Marc 10/13-16)
Incipit Jérome Rothen in La Tribune.
Jérome Rothen, l’homme aux pieds d’argent. L’homme de la transversale somptueuse, du centre au cordeau. Jérome Rothen, le théoricien du football total. La synthèse parfaite, de la vivacité de Maradona, de la vista de Pirlo, de la créativité de Zidane et de la technique de Ronaldo. Le maître en stratégie, la réincarnation footballistique de Clausewitz. Le cerveau. Qui d’autre que Jérome Rothen aurait pu prétendre à commenter le foot sur La Tribune ?
Avec Jérome Rothen, La Tribune nous le prouve, elle nous donne systématiquement le meilleur du monde.




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